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DEPUIS BACON JUSQU’A NOS JOURS

La troisième période que nous allons maintenant parcourir, commence à Bacon, qui restaura, et on pourrait presque dite quiélablitsur de nouvelles bases la méthode empirique rationnelle, et s’étend jusqu’à notre époque.

Pendant les trois siècles qu’elle comprend, la médecine a fait de grands progrès, qu’elle doit surtout à l’emploi de cette méthode. Nous y verrons cependant briller, et souvent d’un vif éclat , le dogmatisme qui produira des hommes éminents doués d’un esprit généralisateur et hardi , dont les théories séduisantes auront un grand retentissement et deviendront l’objet de vives discussions.

Ce n’est plus du reste le dogmatisme pur et simple des premiers siècles de la médecine , cette méthode dans laquelle les hypothèses étaient tout et absorbaient tout; c’est un dogmatisme plus éclairé, et les médecins qui se sont laissés guider par lui dans la recherche de la vérité n’ont jamais négligé complètement l’observation de la nature : ils ont souvent présenté, au milieu de leurs théories, de bonnes descriptions des maladies et des remarques utiles sur leur diagnostic, leur pronostic et leur traitement; d’un autre côté, c’est presque toujours, comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, le fait positif, mal inerprétéou trop généralisé, qui a été le point dedépart de leurs

doctrines. Il en résulte que ces médecins, tout dogmatiques qu’ils ont été dans la création de leurs théories , ne peuvent être répudiés complètement par l’empirisme. J’ai du faire cette observation en raison de la difficulté qui se présentera quelquefois pour ranger telle ou telle secte dans l’une ou l’autre de ces écoles, difficulté qui obligera pour quelques-uns d’entre eux de laisser la question indécise.

On trouve surtout dans cette période un certain nombre de médecins se disant empiristes purs dans le sens que j’ai attaché à ce mot. Ils ont eu la prétention d’observer, d’expérimenter et de consigner leurs résultats, sans vouloir faire intervenir le raisonnement. Souvent en effet l’on est obligé d’en agir ainsi, surtout en thérapeutique, où l’on ne peut expliquer l’action des médicaments. Je ne ferai cependant pas une classe à part de ces médecins pour les motifs que j’ai donnés plus haut, et je les considérerai, s’ils ont bien observé ou bien expérimenté, comme des empiristes rationnels.

Après avoir exposé rapidement les idées philosophiques de Bacon , je dirai en peu de mots quels ont été les plus illustres dogmatiques pendant cette période, et ensuite j’exposerai les progrès que la méthode empirique a fait faire à la médecine.

A l’époque de la renaissance des lettres, et près d’un siècle après la chute de l’empire d’Orient, parut un homme illustre, F. Bacon (né en 1560) , qui exerça une grande influence sur les progrès des sciences, en enseignant une méthode nouvelle, qui est celle que l’on suit maintenant dans leur étude. Son intention , dit-il dans plusieurs passages de ses écrits (1) , n’est point de fonder une secte nouvelle, ni d’indiquer aucun fait nouveau : il n’est pas en état d’étudier lui-même le domaine de l’observation, et sa méthode répand bien de la lumière , mais ne porte pas de fruit.

(4) IVov. org., p. 307 à 519.

Bacon, en effet, a non seulement réhabilité la méthode empirique, mais il l’a dépouillée de ses préjugés et l’a métamorphosée d’une telle manière , qu’il l’a rendue capable d’imprimer une impulsion nouvelle aux progrès des sciences.

Ce grand homme professait en quelque sorte une répugnance invincible pour les hypothèses et les systèmes , il pensait que c’était à eux que l’on devait le peu de progrès qu’avaient fait les sciences , et en particulier la médecine. D’après lui, toute science doit être basée sur l’expérience et sur l’observation ; puis ensuite ces observations consciencieusement recueillies et ces expériences faites avec soin étant rapprochées les unes des autres et comparées entre elles , on doit leur appliquer la méthode d’induction et en tirer des principes généraux. Telle est l’idée sommaire de la méthode de Bacon, méthode tellement simple et claire, tellement logique qu’elle a peu à peu pénétré partout, et que dans les sciences d’observation elle est en quelque sorte employée instinctivement et sans qu’on songe à son origine.

Descartes marcha sur les traces de Bacon , et dans la voie que ce dernier avait indiquée ; mais bientôt oubliant lui-même les règles qu’il avait tracées, il essaya de faire revivre, en la rajeunissant et en la présentant sous des formes nouvelles , la théorie des atomes; il tomba dans les mêmes erreurs que ses devanciers, et succomba sous les armes qu’il avait fournies luimême. Descartes, en raison de scs hypothèses, doit être rangé parmi les dogmatistes les plus caractérisés , et je puis admettre, sans crainte d’être démenti, qu’en raison des divagations où le conduisirent ses hypothèses, il fut un des hommes qui exercèrent la plus pernicieuseinfluencesurlesprogrèsdelamédecine.

Malgré les modifications profondes imroduites par Bacon et Descartes dans les méthodes philosophiques, l’esprit humain ne put s’affranchir de cet instinct qui le pousse à vouloir 6e rendre raison de tout, et lorsque les faits ne possèdent pas en eux-mêmes la raison de leur existence et de leur développe-

ment, à imaginer des hypothèses pour remonter à la cause première. Aussi, pendant les trois siècles qui séparent cette époque de la nôtre, verrons nous naître encore beaucoup de systèmes dogmatiques qui, pour la plupart, ont eu un grand retentissement , mais ne sont ensuite tombés que de plus haut.

Tous ces systèmes n’ont pas toutefois été engendrés, j’ai besoin de le répéter ici, par le dogmatisme pur, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas constitués tout entiers par des doctrines à priori; il vient presque toujours s’y mêler un peu d’empirisme. La plupart des auteurs de ces systèmes ont invoqué comme point de départ un ou plusieurs faits positifs et d’observation, faits qui, il est vrai, ont été ou mal interprétés ou trop généralisés. Il en est résulté qu’aucun de ces systèmes n’est absolument faux , et que dans chacun d’eux , en faisant abstraction de l’hypothèse, on trouve des faits réels qu’on peut même interpréter d’une autre manière et faire servir ainsi à l’avancement de la science. Je leur conserverai cependant le nom de systèmes dogmatiques, parce qu’avant tout c’est l’hypothèse qui domine. Je les citerai brièvement; car il n’est ni dans mon sujet, ni dans mon plan de les développer.

Parmi les plus anciens on trouve le système chimiatrique de Sylvius de Le Boé, qui ne vit dans l’organisme que des opérations chimiques et qui partit de là pour créer un système complet de physiologie et de pathologie.

Le système iatro-mécanique fondé par Borellisur une application intempestive des sciences physiques et chimiques, et qui prit pour point de départ des faits réels, mais mal appréciés

L’animisme, créé par Stahl , doctrine séduisante qui eut un grand retentissement et qui est encore la base de la philosophie de l’Ecole de Montpellier. Cette doctrine a plus d’un rapport avec celle du vitalisme, et doit comme elle, et comme l’opinion de l’école pneumatique, que nous avons exposée plus haut, être considérée comme une des sectes dogmatiques les plus franches et les plus caractérisées, car elles ont tout- à-fait

procédé par une hypothèse à priori. Nous rapprochons de l’école Stalilienne celle deFrédéric Hoffmann, qui prit pour base principale de sa théorie le spasme et l’atonie.

Enfin la doctrine brillante de Boerrhaave qui jouit pendant si longtemps d’une grande faveur et qui n’est qu’un mélange d’idées mécaniques et humorales.

Toutes ces écoles, bien qu’ayant invoquésouvent l’observation etl’expéi ience comme bases de leur doctrines, et étant arrivées , en procédant ainsi, à quelques vérités, n’en sont pas moins dogmatiques, parce que les principes généraux qu’elles ont établis sont hypothétiques et n’auraient dû être que l’expression de quelques faits particuliers qui d’ailleurs ont réellement servi la science.

A une époque plus rapprochée de nous, dansle xvui* siècle, on voit encore apparaître plusieurs systèmes qui, considérés sous le point de vue des faits trop généralisés qui leur ont servi de base, rentrent dans le dogmatisme.

Ainsi, pour Cullen, le système nerveux estle point de départ de tous les phénomènes de la vie, c’est sur lui qu’agissent d’abord les influences qui exercent une action quelconque sur l’organisme. Pour le pathologiste anglais, toutes les maladies consistent dans une affection du système nerveux en qui réside la sensibilité et la motilité. C’est seulement en agissant sur les parties solides, siège de la force nerveuse, que les médicaments peuvent exercer une heureuse influence. Cullen rejette toute cause humorale ou mécanique , et fonde ainsi un solidisme absolu qui le conduit à admettre le spasme et l’atonie comme bases de la pathologie, et à expliquer par eux tous les faits qu’elle renferme.

Le système de Brown ressemble sous plus d’un rapport à celui de Cullen, et comme lui il peut être considéré comme dérivé de celui de Themison, chef des méthodistes, et pour me servir d’une expression heureuse et originale de Broussais c’est le système de Themison recouvert d’un vernis philosophique. Qui pourrait nier le dogmatisme de ces deux écoles?

A une époque plus rapprochée de nous, nous trouvons Bichat dont la méthode présente un mélange d’empirisme et de dogmatisme. Par l’un, c’est-à-dire en prenant l’observation et l’expérience pour guides, il créa un monument immortel, l'anatomie générale, et donna une grande impulsion à l’anatomie pathologique; par l’autre, au contraire, il ne créa que des hypothèses, et les propriétés qu’il admit dans les tissus Défirent que reproduire sous d’autres noms les mouvements toniques de Stahl , l’irritabilité de Haller, les divers modes de sensibilité de Bordeu, etc., etc.

Broussais est encore trop près de nous, et ses idées sont trop connues pour que j’aie besoin de les exposer ici : je dirai seulement que, comme dans Bichat , on trouve eu lui l’empiriste et le dogmatiste ; l’empiriste, parce qu’en s’appuyant sur l’observation de la nature, Broussais contribua puissamment à a localisation des fièvres et à l’extension du domaine des pblegmasies; le dogmatiste, parce que, par une généralisation trop grande et trop hardie, il donna une théorie générale, celle de l’irritation, qui, vraie pour un certain ordre de faits, est hausse par cela même qu’elle est générale.

La doctrine de Rasori se rapproche beaucoup de celle de Brown ; et, du reste, si uneécole fut dogmatique, ce fut certes celle du coutro-stimulisme.

Tel est le résumé bien concis de l’histoire des principales sectes dogmatiques qui ont brillé avec tant d’éclat pendant ces trois derniers siècles. A côté d’elles, et sous un jour plus modeste, se produisirent des travaux qui, empreints du cachet d’une «aine observation et nés sous l’influence de la méthode empirique rationnelle , devaient servir de fondements à la science que cette méthode était destinée à faire prospérer.

Ces travaux ont été de plusieurs ordres. Eu première ligne et à la tète ries anatomo-physiologistes se présentent Harvey et Haller, qui se sont rendus immortels, l’un par la découverte de la circulation du sang, l’autre par ses belles expériences physiologiques.

Viennent ensuite les anatomo -pathologies dont les recherches préparèrent l’époque brillante de la médecine actuelle. Parmi eux , contentons-nous de citer' : Th. Bonet , Morgagni surtout, puis Corvisart, Bayle, Laennec, etc., etc.

Qui voudrait contester le nom d’empirisme rationnel à la méthode que tous ces hommes illustres ont suivie pour arriver à leurs découvertes? N’est-ce pas dans l’observation de la nature qu’ils ont puisé les éléments de toutes leurs recherches ?

Dans une autre direction, l’on doit distinguer les travaux des médecins proprements dits qui ont laissé les descriptions des maladies qu’ils avaient observées et qu; n’avaient pris pour bases de leurs études que l’observation et l’expérience. Citer les noms de Sydenham , Huxam , Dehaen , Rœderer, Waglet j Ramazzini , Stoll et de bien d’autres qui pourraient être mis sur le même rang, c’est se dispenser d’en faire l’éloge. Pinel , l’illustre auteur de la Nosologie peut être cité à côté d’eux. « Pour régénérer la médecine et lui imprimer une face « nouvelle , dit M. Bouillaud , Pinel veut qu’on lui applique n une méthode d'enseignement analogue à celle des autres sciena ces physiques. »

En considérant tous ces médecins célèbres comme empiristes rationnels, je suis heureux de pouvoir m’appuyer de l’autorité deM. Bouillaud, qui cite lui-même celle d’Hildenbrand. Voici ce qu’il dit à ce sujet dans sa Philosophie médicale (p. 126.):

« Tout ce que la médecine possède de plus grands observa- « teurs et de plus illustres auteurs, les Hippocrate, les Syde- « nham, les Bâillon, les Baglivi , les Morgagni, les Zimmer- « mann,les Bicliat, Stoll, Corvisart, Pinel, n’ont certes jamais « exclu le raisonnement et l’esprit philosophique du nombre « des instruments nécessaires à l’exploitation du champ de la « médecine. Appliquée à la saine médecine, elle mérite le nom « de la double méthode dont elle est le produit. Hildenbrandt « lui donne le' nom de médecine empirico-ralionnelle. «Hvpo-

« tlietico auteni omni evitato delirio, ilia quæ casto îatioeinio « ipsis observatis, deduci possunt theoremata, ita sunt praclicis « adnotationibus , ut medicinæ empirico-rationalis obtineatur « scopus. Atque hæc quousque bominum mala erunt, suam « defendet veritatem suamque utilitatern.

Pendant les trois siècles que nous venons de passer en revue, on a vu surgir quatre découvertes importantes et marquant, pour ainsi dire, une ère nouvelle dans la science. La première, la plus ancienne, tombée aujourd’hui dans l’oubli, est l’inoculation de la petite vérole. Les trois autres datent presque de nos jours, et sont restées comme des monuments impérissables de la science ; leur découverte due à peu près au hasard, nous intéresse surtout parce qu’elle a fourni à la méthode empirique l’occasion de montier toute sa supériorité. Ce sont la vaccine, l’auscultation et la percussion. « L’inoculation de la petite vé- « rôle, dit Sprengel, est un des objets les plus importants des « recherches empiriques faites dans les temps modem, s. »

« La coutume, dit ce même auteur, a régné de temps immé- « morial parmi les peuples d’un très grand nombre de pays, • de provoquer la petite vérole chez les enfants dès qu’elle « commençait à devenir épidémique, parce que l’expérience « avait appris que cette variole artificielle, a toujours un ca- « ractère plus doux et plus bénin, que celle qui survient na- •< turellemenl. Il est peu vraisemblable que cet usage, enfant « de la prudence , ait été enseigné par une nation à toutes les « autres, et qu’il soit né en Arabie avec la maladie elle-même; « mais tout porte à croire qu’on en a conçu l’idée dans toutes « les contrées où cette dernière venait à éclater ; car nous » trouvons une différence énorme entre les méthodes adop- « tées par les différents peuples. »

Voilà certes une découverte qui doit son origine à l’empirisme non pas rationnel, mais à cet empirisme auquel la médecine doit son origine même. Je ne prétends pas faire l’histoire de l’inoculation : je dirai seulement qu’importée en Angleterre en 1721 par lady Montague, cette opération ne tarda

pas à se répandre en France et dans toute l’Europe, que cette introduction fut la cause de discussions aussi vives que nombreuses, et donna aux médecins une belle occasion de développer les ressources de la méthode empirique ; ces discussions en effet, ne pouvaient avoir d’autre point de départ que l’observation et l'expérimentation. Elles n’ontplus maintenant aucune importance, et sont tombées dans un oubli d’autant plus profond que, depuis la découverte de la vaccine, il n’est plus fait mention de l'inoculation de la variole.

La vaccine, découverte par Jenner, en 1798 , doit presque sa naissance à une observation fortuite ; mais si elle sembla indiquée par le hasard , il n’en faut pas moins convenir que ce hasard avait besoin d'être fécondé par un homme de génie; c’est ce qui eut lieu.

Cette découverte nous offre un bel exemple des fruits que peut porter la méthode empirique rationnelle : l’expérience et l’observation d’abord , et ensuite l’induction. Voilà quelle fut la cause qui répandit la vaccine aussi rapidement, et put la faire triompher de l’ignorance et de la routine et des préjugés.

La découverte de l’auscultation , ce titre immortel de Laennec à la renommée, lui fut aussi à peu près indiquée par le hasard ; mais quel immense parti il sut en tirer , et quelle œuvre il produisit ! Son Traité de V auscultation est un des beaux exemples d’application de la méthode empirique rationnelle.

La percussion , découverte par Avrenbrugger, et, de nos jours, étendue et perfectionnée par M. Piorry, est encore un des beaux monuments de la méthode empirique.

Nous sommes arrivés à l’époque au milieu de laquelle nous vivons, mais avant d’y jeter un regard rapide, résumons brièvement ce que nous a appris l’histoire de la médecine relativement à l’empirisme.

1° On a donné le nom d’empirisme à une méthode philosophique dans laquelle le raisonnement n’est basé que sur l’observation et sur l’expérience.

2° Le nom d’empiriques a encore été donné à des médecins qui voulaient se bornera observer, à expérimenter et à consigner leurs résultats, sans les réunir, sans les commenter et

les théoriser.

3° On l’a enfin donné, surtout sons le rapport de la thérapeutique, à des médecins qui, essayant des moyens de traitement dans des cas donnés, et les ayant vus ou crû voir réussir, continuèrent ensuite de les administrer dans des circonstances qu’ils regardèrent, comme semblables , sans être guidés dans cette appréciation par d’autres règles que le souvenir ou la foi qu’ils avaient dans leur propre expérience. On a enfin appelé empiriques, les charlatans qui vendaient et distribuaient les mêmes remèdes à peu près dans tous les cas.

4° Nous nous sommes occupés de l’empirisme, à peu près exclusivement , sous le point de vue de la philosophie médicale, et nous avons constamment mis en regard les deux seules méthodes qu’il soit possible de suivre dans l’étude de la médecine : le dogmatisme et l’empirisme.

5° Le dogmatisme a produit un grand nombre de sectes , ayant jeté , pour la plupart, un brillant éclat, mais étant toutes tombées, laissant néanmoins presque toujours après elles quelques vérités. Elles avaient été obligées en effet, la plupart du temps, d’avoir recours à l’empirisme , c’est-à-dire à l’observation de la nature, soitpour prendre des faits comme point de départ de leurs hypothèses, soit pour en trouver poulies appuyer. Il en est résulté que les théories hypothétiques sont tombées, et que les faits seuls ont survécu.

G0 L’empirisme rationnel, au contraire, a suivi une marche plus lente et moins brillante, mais plus sûre. Érigé d’abord en méthode parla secte empirique, puis délaissé; ensuite reconstitué et formulé de nouveau par Bacon, puisant une force et une vie nouvelles dans la vérité sur laquelle il l’appuyait, il a guidé un grand nombre de médecins dans les travaux qui servent maintenant de fondements à la science. C’est ainsi que cette méthode a acquis une influence de plus en plus grande,

qu’elle est devenue une sorte d’habitude de l’esprit, et qu’elle est employée par la plupart des médecins , qui s’enquièrent à peine de son origine et de l’homme de génie qui l’a formulée.

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