‹ De l'emploi combiné du choral et de la digitale dans la période d'agitation de l'épilepsie et de la manieChapitre 10 sur 20 · OBSERVATION IL · texte numérisé non relu

OBSERVATION IL

(personnelle)

Paula S.. est une femme nègre de Saint-Pierre-Martinique. À la suite d’abus alcooliques considérables, et, par une prédisposition assez marquée chez cette race colorée, elle était atteinte d'attaques épileptiformes très caractérisées depuis l’âge de 27 ans environ. Elle en a actuellement 52, et battait son mari comme jamais mari n’a battu sa femme. Une voisine étant un jour intervenue, dans ces querelles de ménage, fut laissée pour morte sur le pavé. Ce fut le motif de l’internement de la négresse Paula.

Très violente, elle n’avait pas souvent de repos avec les maniaques que l’exiguité de l’asile forçait à loger dans la même cour. À plusieurs reprises, elle fit des malheurs dans l’établissement: aussi ses accès étaient-ils surveillés avec soin.

Le 14 décembre 1882, la malade eut plusieurs attaques coup sur coup ; il était évident que nous allions avoir à juguler cet

LEP ORES accès au début. Je m’adressais à l’opium à haute dose, que je choisis du reste à cause des antécédents de cette femme.

Extrait thébaïque..... NS MORE 15 centig.

JUPES AN RUE as RUES 90 gram.

Lelendemain, mon premier soin futde m’enquérir de l’état de cette pensionnaire, dont l’agitation, qui couvait, n’avait pas encore eu l’occasion de se manifester. Mais à la visite, je la vis répondre à une taquinerie d’une maniaqué par de terribles coups de poing. Aussisôt mise aux fers et en cellule, elle ne cessa de vociférer et de menacer le personnel de l'établissement, qui lui donnait sa nourriture et ses médicaments. La potion fut maintenue.

Le 16 décembre, l’état était le même. La contention évidemment ne faisait qu’exaspérer la malade, mais je devais à mes autres malades de continuer la cellule. Même potion. Peu de repos la nuit ; tentatives continuelles pour rompre ses liens le jour. Enfin, au bout detrois jours, cette fureur tomba pour faire place à un abattement considérable ; le pouls était rare, la constipation considérable, l’émaciation avait été très rapide. Je cessai l’opium et renonçai à ce médicament pour l'avenir, en pareille occurrence.

OBSERYATION IL.

(Personnelle)

Semmal..…., femme coolie de 41 ans, originaire de Pondichéry (Indes-Françaises), est depuis peu à l’asile. Alcoolique dans toute la force du terme, elle en présente le facies et le tremblement des extrémités caractéristiques. Le tafia blanc est sa liqueur favorite, et, dans l'établissement, on lui donne chaque jour sa ration de tafña, qu’elle avale d’un trait. Ses paroles sont incohérentes, ses actes imprévus et extraordi-

0 rte naires ; jamais en place, elle continue la nuitses promenades et ses gamineries dans le dortoir. Peu dangereuse, du reste, elle est insupportable par ses cris et ses mouvements incessants. Cette agitation s’est encore accrue depuis mon arrivée. Pour remédier, autant que faire se pouvait, à cet état de choses, et, donner à ma malade et à ses compagnes, le repos qu'elles ne pouvaient goûter, je donnai le chloral seul :

Le lendemain, je fus obligé d’élever la dose, car ma malade avait dormi en tout cinq heures. À 6 gr. pendant deux jours je n’obtins rien, sinon une surexcitation encore plus grande. Je donnai 8 gr. par acquit de conscience, mais je n'eus pas de plus beaux résultats.

Le chloral ne fut pas rejeté pour cela; à petites doses ({ gr. à À gr. 0), je le continuai pendant quelques semaines et la sédation s'établit peu à peu ; il yavait dix semaines que l’indienne était à l'asile; simple coïncidence sans doute.

Je continuai le chloral ; mais l'intolérance gastrique se montra d’abord : vomissements, douleur épigastrique, diarrhée abondante. L'infirmerie reçut ma malade que j'avais sursaturée de chloral et le régime lacté fut instituée. En même temps apparaissaient des éruptions diverses assez marquées pour pouvoir être constatées sur sa peau fortement colorée ; tout cela sans fièvre, au contraire avec abaissement de la température.

Sanstrop connaître la possibilité de ces troubles dans l’empoisonnement par le chloral, je supprimai la potion chloralée.

L'accès fut coupé, grâce à cette maladie intercurrente, mais mon essai s’arrêta-là.

Page 1