‹ De l'emploi combiné du choral et de la digitale dans la période d'agitation de l'épilepsie et de la manieChapitre 9 sur 20 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

OBSERYATION I.

(personnelle)

Curtius A., né à la Pointe-à-Pître de parents nègres,séquestré à l'asile du Camp-Jacob depuis près de 5 ans, est âgé de 22 ans. C’est un maniaque dangereux, contre lequel la camisole seule a été employée comme médication. Incohérence, mobi- lité extraordinaire dans ses paroles et ses actes, accès de fureur à la moindre contradiction, tels sont les symptômes que je constate chez ce malade lorsque je prends la direction médicale de l'asile.

Ses antécédents, dans ses précédents accès, n'étant pas excellents, je le mets en cellule. Un éméto-cathartique au début pour juguler l'accès n’ayant rien produit, contrairement à ce qui arrive d'ordinaire chez le nègre maniaque, je donne l’opium:

Extra thébaïque. 2200 a D EME PER Extraitijusquiame. "217" 14 24% ne 10 — F. S. A. 2 pilules par jour.

Les pilules étaient prises avec la plus grande difficulté, mais mêlées aux aliments, elles étaient prises. Pendant quatre jours, je donnai ainsi l'extrait thébaïque ; l’agitation persistait, la fureur était la même ; mon malade, dont l'intelligence était bien certainement au-dessous de la normale, avait des instincts bestiaux qui me décidèrent à administrer l’opium, sous les espèces de son alcaloïde, la morphine.

SCT TES

Une seringue de Pravaz, qui faisait partie de ma trousse particulière, me servit à faire 2 fois par jour, une injection de 2 centigrammes de chlorhydrate de morphine. J’obtins à la seconde seringue des vomissements, mais la sédation, si tant est que j'en ai obtenu, n’était pas de longue durée. Au bout de 5 jours je me lassai de faire des injections hypodermiques, et, je laissai aller mon maniaque, dont la fureur cessa peu après, mais qui resta encore excitable et incohérent; c’est ainsi que je le laissai à mon départ.

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