AVES
« J’en ai conclu que les douleurs, dans de nom- « breux cas, proviennent de l’irritation de la paroi « stomacale malade plutôt que de l’ulcération, irri- « tation duc aux produits anormaux de fermentation, « particulièrement à des acides anormaux. L’ulcère « n'étant plus en contact qu'avec HCI et cet « acide étant l’acide ordinaire du suc gastrique, on « comprend qu'il produise une irritation beaucoup « moins vive que des acides anormaux. L’indication « de HCI est donc spécialement la présence d’une « décomposition anormale du contenu ile l’estomac. »
Talma constata de plus la tolérance parfaite de sa solution pour des estomacs sains ; pour lui, l’hypéresthésie par HCI est un symptôme d’une nervosité particulière. Il recommande de prendre l'acide très dilué.
Riegel (1) recommande de faire le chimisme gastrique. Dans le cas où l'HCI manque, il faut le don ner «en doses plus grandes » Qu'on ne l’a fait jusqu’à lui et l'acide doit être pris « à une période tardive, « jamais en même temps que le repas; mais une « heure à une heure et demie après le repas. »
Ewald (8) établit ainsi la classification des états pathologiques de l'estomac dans lesquels l’acide fait défaut ou est en quantité insuffisante :
1° Carcinome de l'estomac ;
2° Atrophie de la muqueuse ;
3° Catarrhe muqueux ;
4 Certains cas d’hystérie ;
(1) Deutsch. med. Woch; 1886, n° 35.
(2) Lecons sur la path. de la Digestion et Berl.klin. Woch., nov. 86.
2H o° Certaines périodes de l’ataxie ; 6 Dyspepsie acide : l'acidité étant due à des aci-
des anormaux: lactique, butyrique.
C'est surtout dans le catarrhe et la dyspepsie acide
qu'il formule PHCI. Mais il s'élève contre la dose de 10 à 15 gouttes, donnée jusqu’à lui. «Ce n'est pas
rationnel et c’est trop peu. La quantité d'HCI pur qui se trouve dans l’estomac est à peu près 0,3 0/0. En supposant que le contenu de l'estomac équivaut à 100 c. cubes, on lui fournirait, en administrant 15 gouttes d'HCI de la pharmacopée (0,25 0/0 d'acide pur) seulement 0,0375 0/0 d'acide pur, donc à peu près le dixième. Mais le contenu de l'estomac est plus grand et il faut encore avoir égard à ce qu’une certaine quantité de l'acide est neutralisée par les sels alcalins contenus dans l'estomac. Donc il faut faire prendre 90 à 100 gouttes d’'HCI pour rétablir sa quantité physiologique. Or, comme :l faut pour cette quantité à peu
près 800 c. c. d’eau, on ne peut guère faire pren-
dre l'acide qu’en administrant 3 à 4 fois, à un quart d'heure d'intervalle, 15 gouttes d’acide. Ce procédé m’a donné d’excellents résultats dans la pratique. »
Rosenthal (1) administre l'HCI à hautes doses
dans la dyspepsie acide due à la formation immodérée d'acides organiques résultant d’une fermentation anormale du contenu stomacal.
Muller, Rosenheim (2) comme Leube donnent HCI
(1) Bert, klin. Woch., 1887.
(2) Société de médecine de Berlin, mai 1888.
dans la dyspepsie de la chlorose. Le suc gastrique est toujours faible en acide, quelquefois neutre. Rosenheim a noté des cas d’ulcères de l’estomac avec suc gastrique faible en acide ; de même Ritter et Hirsch, Gerhardt, Lenhardt. (1)
Hüfler (d'Erlangen) recommande HCI dans les troubles gastriques chez les cardiaques.
Boas administre HCI dans la gastrique chronique, l'atrophie de la muqueuse. Mais, au contraire d’'Ewald, il préconise les petites doses : 15 à 20 gouttes d’'HCI après les repas.
Ewald considère que l’'HCI est de la plus haute importance, non seulement parce qu’il remplace la sécrétion absente et forme des albuminates, acides essentiels à la peptonisation, mais aussi parce qu’il prév'ent les fermentations anorma. les ou les diminue si elles existent. C’est sans doute en tenant compte de telles fermentations qu’autrefois Heberdeen a dit : « La potion acide ne nuit pas tou- « jours aux estomacs travaillés par des aigreurs et « souvent même leur est utile. »
HCI doit être donné dans tous les cas où son absence a été constatée, surtout dans les cas de gas trite chronique. Ewald a obtenu les meilleurs succès dans les cas obstinés de catarrhe ; il l’a donné pendant des mois sans inconvénients. Voici une observation d’'Ewald à propos d’un cas d’atrophie de la muqueuse gastrique :
(1) Deuts. med. Woch., n° 6, 1890,