EFFETS PHYSIOLOGIQUES DE L'ÉTHER
Nous ne voulons pas étudier ici complètement les effets physiologiques produits par les inhalations d’éther.
Pour ce qui nous intéresse, il nous suftira de préciser comment agit l’éther pour produire les deux graves accidents que nous venons de signaler, la paralysie respiratoire et la paralysie cardiaque.
Tout d’abord le sommeil produit par l’éthérisation n’est nullement un état comparable à l’asphyxie.
En effet l’asphyxie est caractérisée par la dilatation de la pupille, et Carate (1) fait remarquer à juste titre, d’après 183 éthérisations régulières (sans morphine), que si la pupille est légèrement dilatée au début, elle est contractée quand la période d’anesthésie est poussée trop loin.
Donc on ne peut dire que la paralysie respiratoire soit en quelque sorte le résultat forcé auquel conduit toute éthérisation, ce qui serait vrai, si l’anesthésie par l’éther n’était qu'un état asphyxique, C’est bien un accident de l’anesthésie.
Schiff (2) a très bien étudié les effets de l’éther sur les animaux et est arrivé à des conclusions fort intéres- santes, à la suite de 5000 éthérisations et chloroformisa-
(4) Carate. Rev. Méd. de la Suisse Romande, 1890. (2) Société de Médecine de France, 1874.