‹ De l'emploi de l'éther comme anesthésique généraleChapitre 11 sur 17 · EME · texte numérisé non relu

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tions : L’éther produit successivement les eflets suivants : paralysie des muscles volontaires; paralysie de la respiration, puis de la circulation et enfin du cœur, et des nerfs moteurs. Ainsi l’éther produit la paralysie respiratoire, alors que le poumon sanguin et Ia circulation sont encore compatibles avec l’existence.

Ce fait explique la rareté extrême que nous avons signalée de la syncope cardiaque dans l’éthérisation.

Le chloroforme produit aussi d’abord les mêmes effets que l’éther; mais avec lui la paralysie respiratoire ne précède pas toujours celle du cœur; bien plus souvent, c'est l'inverse et le cœur cesse de battre lorsque la respiration s'effectue encore. Et la paralysie vasculaire ayant pour résultat de diminuer la pression sanguine, les échanges gazeux dans le poumon ne peuvent plus se faire. D'où l’inutilité trop souvent reconnue de la respiration artificielle dans ces cas.

La respiration étant plus facile à surveiller que la circulation, et d’autre part la paralysie vasculaire étant bien plus grande que la paralysie respiratoire, nous pouvons déjà conclure de ces expériences que l'éther est plus facile à manier et moins dangereux que le chloroforme. A l'appui de la démonstration du peu d'action, ou même de l'influence favorable des inhalations d’éther sur le cœur, nous pouvons citer des expériences de John. A. Mac William (Report on an experimental investigation of the action of chloroforme et éther — Bristish medical jourmal, 11, 18, 25 octob. 90). A l'inverse de l’éther, il a constaté que le chloroforme exerçait une influence directe sur le cœur, et peut le frapper souvent d’une façon très grave avant d'avoir produit l’anesthésie. Et en substituant l’éther au chloroforme pendant l’anesthésie il a constaté l’action stimulante de l’éther sur le cœur, et l'abolition de la dépression ventriculaire,

mn

De mème le D* Hellier (Bristish méd. Journ., 1890, p. 1425), raconte que, donnant du chloroforme à un garçon de 10 ans, pour l'extraction d’une dent, il constata après quelques instants, avant que l’anesthésie fût obtenue, que le pouls s’affaiblissait et se ralentissait jusqu’à devenir presque imperceptible. Il suspendit les inhalations et en trois minutes les pulsations se rétablirent. Mais dès qu'il reprit la chloroformisation, le pouls faiblit de nouveau, la face devint fort pâle. La respiration était normale. Il n’hésita pas à substituer au chloroforme l’éther, et administra celui-ci à l’aide de l'appareil de Clover. De suite le pouls remonta de 68 à 85 et acquit une force et une amplitude rassurante qu’il garda jusqu’à la fin de l'opération.

Paul Bert (1) est venu confirmer l’opinion de Schiff, dans son mémoire sur la zone maniable des agents anesthésiques. La zone maniable est l'intervalle qui sépare la dose anesthésique d’une substance, de la dose mortelle, intervalles qu'on peut évaluer en grammes. Paul Bert a trouvé cette zone trop étroite pour le chloroforme, de 12 grammes seulement, beaucoup plus étendue pour l’éther, l'écart étant de 40 grammes environ.

(1) Comptes rendus de l’Acad.des Sciences, Novembre 81.

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