‹ De l'emploi de l'éther comme anesthésique généraleChapitre 6 sur 17 · MAD · texte numérisé non relu

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montre que si l'usage des inhalations n’est pas de date récente, il ne reposait du moins sur aucune donnée scientifique précise.

C’est peu à peu, et après des étapes assez longues, que l’on est arrivé aux procédés anesthésiques actuels.

Les découvertes de Lanizier et de Priesthey sur les éléments de l’air athmosphérique, la découverte de la préparation de l’acide carbonique de l'hydrogène reçurent promptement des applications médicales. Déjà Richard Pearson et Thornton employaient les inhalations d’acide carbonique et même de vapeurs d’éther, pour trailer les affections du poumon et en particulier la tuberculose, mais le Docteur Beddoes voulut généraliser cette méthode, et dans ce but fonda, près de Bristol, une « Medical pneumatic institution, » destinée à expérimenter l'influence des gaz artificiellement préparés, sur les maladies du poumon. Ce fut Humphry Davy qui fut chargé de diriger le laboratoire et de surveiller les expériences. Il commenca par s'occuper du protoxyde d'azote, « l’oxyde nitreux, » et ne tarda pas à reconnaitre son influence considérable sur le système nerveux, à la suite de quelques inhalations ; influence caractérisée par Vhibrité, l’exagération de la force musculaire et surtout la diminution ou la disparition de la sensibilité. Aussi, écrivait-il dès 1799 (1) qu’on pourrait probablement employer ce gaz pur avec avantage dans les opérations de chirurgie qui ne s’accompagnent pas d’une grande eflusion de sang. » Mais cet espoir fut déçu, car après un enthousiasme général en Angleterre, en France, en Allemagne, etc., en éprouva des échecs, probablement dus à limpureté du gaz; le procédé fut jugé infidèle et abandonné.

(1) Researches chem, ont le gazeous oxyde of azote...

Longtemps après, en 1844, il fut repris aux Etats-Unis par un dentiste, Horace Wells, qui obtint des succès. Mais une expérience publique à Boston, ayant échoué, le protoxyde d'azote fut à tout jamais délaissé. Mais la méthode générale: d’anesthésie par inhalation gazeuse était trouvée, et entre temps les recherches ne manquèrent pas ; au protoxyde d'azote fut substitué l’éther, sans que lon sache exactement par qui et à quelle époque. Il est probable que la substitution est dûe à des étudiants et des élèves en pharmacie qui, ayant contracté l’habitude de respirer du protoxyde d’azote à cause de la gaieté et de l’état délicieux procuré par ces inhalations, cherchèrent une substance de même nature, mais moins dangereuse. A côté de cela, des faits scientifiques vinrent démontrer les propriétés profondément stupéfiantes de l’éther ; Orfila, Brodie, Giacunini, Therutère, Christison, Cruvelhier, etc., signalent des cas d’anesthésie accidentelle à la suite d’inhalations de vapeurs d’éther, quelques-uns même terminés par la mort.

Il semble que lapplication pratique aurait dû être déduite de ces observations ; peut-être, au contraire, les deux ou trois cas de mort par léther, amenèrent à considérer cette substance comme fort dangereuse. Toujours est-il que l’emploi de l’éther pour déterminer l’anesthésie générale n’a été faite pour la première fois que le 30 mars 1842, dans une expérience publique, par le docteur Long (d'Athènes) ; l’expérience fut répétée le 3 juillet de la même année et le 9 septembre 1843. Ces premiers essais n’eurent pas de retentissement et l’honneur de la vulgarisation du procédé revient à Jackson, docteur en médecine de Harwart (Massachusetts), et à Morton, dentiste à Boston, peut-être à cause du procès qui éclata entre eux. Jackson avait par hasard reconnu sur lui-même les propriétés anesthésiques d’éther en 1842

et aurait à cette époque prévu le rôle de cette substance dans la pratiqne chirurgicale. Mais c'est seulement en 1846, lorsque Morton vint lui demander du protoxyde d'azote, désirant renouveler les expériences d’Horace Wells, que Jackson lui conseilla d'employer léther, en lui indiquant ses propriétés. Morton étudia ses eflets sur lui-même, puis sur ses clients, et en fut fort satisfait. Puis, désireux de donner de l'extension à sa découverte, et conseillé par Jackson, il proposa au professeur Warren d’anesthésier un malade de l'hôpital de Massachusetts qui devait subir une opération.

L'offre fut acceptée, et le vendredi 17 octobre 1846, Morton fit respirer au patient de l’éther avec son appareil à deux tubulures. L'expérience eut un plein succès et fut répétée pour des réactions, amputations, ablations de tumeurs, etc.

Morton avait soigneusement caché le nom et la substance qu’il employait, et dans un but mercantile, il décida Jackson, à prendre en commun un brevet pour la nou. velle invention. Puis, après quelques mois, il voulut déposséder Jackson, et garder pour lui le mérite de la découverte. Un procès éclata entre eux, et les pièces du procès permettent d'attribuer à Jackson le mérite de la découverte et à Morton l’honneur de l’avoir fait connaitre.

En effet, les expériences de l'hôpital de Massachusetts eurent beaucoup de retentissement dans l’Europe entière, et rapidement, en moins d’une année, l’éther était entré dans la pratique chirurgicale.

L’enthousiasme fut général.

Dès le mois de janvier 1847, Malgaigne, puis Velpeau, en France, publiaient leurs observations personnelles. Les effets de l’éther sur l'organisme étaient étudiés avec soin. Flourens et Lurgit établirent son action physiologique sur le système nerveux. Les appareils à inhalations furent

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