‹ De l'Emploi de la Sonde à Demeure Après l'Uréthrotomie InterneChapitre 16 sur 19 · DRE · texte numérisé non relu

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façon à ce qu’elle repose sur la paroi urétrale au niveau du rétrécissement incisé.

Desnos introduit dans la vessie, avant de retirer la sonde, une mixture contenant 4 grammes d’iodoforme pulvérisé et récommande au malade d’uriner couché. De cette façon l'iodoforme n’est éliminé que peu à peu; on en retrouve encore au bout de 5 à 6 jours.

Que faut-il penser des trois procédés que nous venons de déduire ?

L’antiseptie externe pré-opératoire est évidemment le plus actif. C’est elle qui doit nous inspirer le plus de confiance et l’on ne saurait nier ses immenses avantages.

Sous son ‘influence on verra les urines se modifier rapidement, leur purulence et leur toxicité diminuer de plus en plus et l’on pourra à sa guise en prolonger l'emploi jusqu'à stérilisation complète du liquide urinaire.

Le tout est qu'elle soit praticable. Or, dans des cas nombreux, elle ne peut être utilisée. Force alors est de recourir aux deux autres moyens. Que valent-ils ?

L’antisepsie par la voie interne n’est pas encore un moyen assez sûr pour permettre la suppression de la sonde après l'opération. Jusqu'à ce qu’on ait trouvé le moyen de la rendre plus active, ce qui serait un immense progrès, 1l ne faut pas se fier uniquement à elle, :

L'antiseptie externe post-opératoire n’a pas encore fait suffisamment ses preuves. Les trois observations de Lou- * meau militent bien, il est vrai, en sa faveur. Dans toutes trois, la voie externe post-opératoire a été employée à l'exclusion des deux autres. Dans aucun, bien que la sonde

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à demeure n’eût pas été employée, on n'observa la moindre trace de fièvre,

Ici doivent prendre place 5 observations inédites. Elles ont été recueillies dans le service de M. le Professeur Demons pendant l’année 1898. |

Sur ces 5 observations, dans un Cas seulement on n'a pas observé de fièvre après l’urétrotomie, |

I. — S..., âgé de 47 ans, est atteint d’hypospadias. Le canal de l’urètre vient se terminer au dehors par un très petit orifice du calibre d’une épingle à l'extrémité inférieure du rebord d’un cul-de-sac assez large qui représente, chez cet individu, l’orifice externe de l’urètre chez l’homme normal. En promenant un stylet dans l’intérieur même de cette dépression en cul-de-sac, on pénètre dans un conduit très petit qui vient s’aboucher dans le précédent. En somme, le canal de l’urètre semble ainsi se bifurquer au sommet de la verge. L’urine passe habituellement par le conduit inférieur, quelquefois par le supérieur. Comme le malade urine très difficilement, comme il fait de très grands efforts pour expulser le liquide contenu dans sa vessie, on sectionne avec des ciseaux, le 6 mars 1893, les tissus formant la paroi inférieure du cul-de-sac situé au sommet du gland. Les deux canaux primitivement bifurqués sont ainsi réunis. L’urètre s’abouche librement au dehors par la plaie.

On essaie alors d'introduire une sonde dans la vessie, mais on constate l’existence, dans la partie postérieure de l’urètre, d'un rétrécissement qui ne permet le passage que d’une sonde très fine.

L'absence de toute blennorrhagie antérieure, l'existence d'un hypospadias, de malformations de l’urètre antérieur

font supposer que ce rétrécissement est de nature congénitale. Q

Sans pratiquer d'antisepsie pré-opératoire, pas plus par la voie externe que par la voie interne, on fait, le 8 mars, l'opération de l’urétrotomie interne avec l’urétrotome de Maisonneuve. On se contente d'antiseptiser les instruments, comme à l'habitude, d’une façon sévère. |

Après la section de la partie rétrécie, on vide la vessie, on la lave avec une solution d'acide borique et l'on ne met pas de sonde à demeure.

Le malade n'eut ni douleur, ni sang dans les urines, né fièvre. Il n'urina que le lendemain de l’opération, à une heure du matin. Ni ce jour-là, ni les jours suivants, il ne présenta de réaction fébrile comme on peut s’en'assurer par les quelques températures qui suivent :

8 — Soir : 37°9.

9 — Matin : 37° — Soir : 378.

10 — Matin : 372 — Soir : 378.

11 — Matin : 36°8 — Soir : 372.

IT, IT, IV, V. — Les quatre autres observations se rapportent à des cas tellement analogues, sauf dans quelques détails sans intérêt, qu'il nous semble inutile de les consigner l’un après l'autre; nous les prendrons tous en bloc.

Dans tous, le rétrécissement reconnaissait pour cause une ancienne blennorrhagie. À

Dans tous on fit précéder l'opération de l’urétrotomie interne par l'administration de salol durant plusieurs jours, dans le but d’antiseptiser les urines.

L'antisepsie des instruments a toujours été conscien-

cieuse,

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On a fait suivre la section de lavages boriqués multiples en ayant soin, au moment d'enlever la sonde, qui dans aucun cas n’a été maintenue à demeure, de laisser une certaine quantité de liquide antiseptique dans la vessie.

On a recommandé aux malades de retarder le plus possi ble le moment de leur première miction, de façon à ce que l'urine passät sur une plaie moins fraiche.

Or, dans tous les cas, il y a eu frisson le soir ou la nuit qui ont suivi l'opération quelque temps après la première émission d’urines.

Chez l'un des opérés, le frisson a même été trés violent et la température s’est élevée à 39°8.

Chez les autres la fièvre n'a été que de 38°,6 et 2 fois 380,7.

Le lendemain de l’opération la fièvre n’a jamais persisté et la température est restée désormais au-dessous de 38°.

__ — Quelles déductions tirer de ces 5 cas rigoureusement observés ? Celles que nous allons exposer nous semblent les plus naturelles. |

Dans le premier cas on peut dire qu'on a pris des mesures d’asepsie opératoire, mais qu'on n’a fait aucune antiseptie urinaire sérieuse. Pourtant le malade n'a pas eu de fièvre — c’est que fort probablement ses urines devaient être naturellement aseptiques. Bien que des recherches microbiennes n'aient pu être faites pour établir ce fait, ce qui est infiniment regrettable, nous sommes convaincu de son exactitude. En effet, ce malade n’avait jamais subi, avant d'entrer dans le service de clinique chirurgicale, de manœu-

vres exploratrices; comme nous l’avons déjà dit. il n'avait

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pas eu de blennorhagie ni de symptômes inflammatoires, quels qu’ils fussent des organes urinaires.

Dans les quatre autres cas, au contraire, on avaitaffaire à des rétrécis à la suite de blennorrhagie, et le canal de l'urètre avait déjà été exploré par des opérateurs qui s'étaient peut-être comportès d’une façon médiocrement antiseptique. Leur urine était infectée. En effet, pour nous; la fièvre, qu'elle soit durable ou passagère, est le criterium de l’infection. Or, tous ces malades en ont présenté : il y a donc eu inoculation au niveau de leur plaie opératoire. L'opération ayant été menée d’une façon sûrement aseptique, il faut donc incriminer la septicité préalable des urines.

Or, chez ces malades, on avait administré du salol avant

l'opération, ce qui devait sinon réaliser du moins préparer

l’asepsie. L'antiseptie post-opératoire n’a été oubliée pour aucun et l’on a eu recours à de fréquents lavages boriqués dans le but de transformer cette asepsie relative en asepsie effective.

Les accidents fébriles montrent qu’on n’a pas atteint ce résultat. Pourquoi ? Serait-ce que l'agent employé : l’acide borique, n’est pas assez puissant? C’est fort possible. Peutêtre, si nous eussions employé la solution argentique de Loumeau, aurions-nous mieux réussi.

L’une des observations rapportées par cet auteur permet à coup sûr de le croire.[Dans ce cas (n° IT),on ne peut aucunement expliquer l’absence de fièvre par la stérilité naturelle des urines, car elles étaient très chargées de pus. Or,

bien que ce fut, en principe, aller contre les règles de l’anti-

sepsie, qu'opérer un cas pareil sans même essayer de le modifier préalablement par un traitement interne; bien que ce

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