‹ De l'emploi des pulvérisations de chlorure de méthyleChapitre 16 sur 34 · OBSERVATION VIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VIII

Le nommé Isidore W..., àgé de trente-huit ans, chauffeur, entré le 11 juin 1885 à l'Hôtel-Dieu, salle Saint-Bruno, lit n° 28. Service de M. le professeur Soulier. (Sciatique gauche.)

Pour la première fois, le malade à ressenti, cet hiver, des douleurs rhumatismales siégeant dans les muscles de la masse sacro-lombaire. Traité chez lui par le médecin de la Compagnie des chemins de fer, il fut obligé de garder le lit pendant plus d’un mois.

Samedi dernier, pendant quil travaillait, il fut subitement pris d'une douleur très vive au niveau du point où le sciatique sort du bassin. Obligé d'abandonner son travail, il s’est mis au lit ne pouvant poser le pied à terre.

Topique sur le point douloureux.

Actuellement, la douleur est exagérée par la pression. Le point maximum siège au niveau de la grande échancrure, s'irradiant à toute la région fessière : sacrum, ischion, arti-

ne)

culation coxo-fémorale, puis la douleur suit la partie postérieure de la cuisse avec exagération au point de division du nerf et au-dessus de la tête du péroné.

A la jambe, la douleur suit surtout le trajet du sciatique poplité interne. La région tibio-tarsienne, et surtout le talon sont le siège d'une vive douleur. Lorsque les muscles de la région postérieure de la janibe se contractent, la douleur est exagérée.

Pour faire un ou deux pas autour de son lit, le malade, avec de vives souffrances, est obligé de se porter sur les orteils.

Une pulvérisation de chlorure de méthyle est pratiquée, le malade ne la trouve pas très douloureuse, quelques phlyctènes, amélioration notable. Quelques points douloureux persistent sur le trajet du nerf. La marche est possible.

Deux pulvérisations sont encore pratiquées. Après la troisième, les douleurs disparaissent complètement. La guérison semble parfaite.

Le 9 juillet, le malade sort complètement rétabli.

OBSERVATION IX

Le nommé Etienne Z..., àgé de vingt-cinq ans, cultivateur, entré à l'Hôtel-Dieu, le 29 mai 1885, salle St-Bruno, lit n° 32. Service de M. le professeur Soulier. (Sciatique droite.)

Ce malade souffre depuis dix-neuf mois d’une douleur à la région postérieure de la cuisse droite. Huit jours avant l'apparition des premiers symptômes douloureux, il était resté à l'air et s'était refroidi, alors qu'il était tout couvert de sueur. L'affection débuta subitement pendant qu'il travaillait, il dut cesser toute occupation, et le lendemain, pour rentrer chez lui, il mit six heures à faire un trajet qu'il parcourait ordinairement en deux heures. Depuis cette époque, il à toujours souffert de la cuisse, mais avec une intensité diflérentede temps à autre il pouvait travailler. Actuellement, la dou-

re

leur commence en haut, au niveau du point où le sciatique sort de l’excavation pelvienne, la pression est douloureuse. Puis, la douleur s'étend à toute la région postérieure de la cuisse. Après un peu de fatigue, la pression au-dessous de la tête du péroné donne un nouveau point douloureux. Jamais la douleur ne s’est étendue à la jambe et au pied, mais souvent il y a eu des crampes.

Le malade marche en boitant légèrement et en essayant d'immobiliser son articulation coxo-fémorale.

30 mai. — On pratique une pulvérisation du chlorure de méthyle sur toute la longueur du trajet du sciatique à la cuisse. La durée de la pulvérisation est de 25”.

Légère visication, amélioration de la douleur, la marche est devenue plus facile.

10 juin. — Nouvelle pulvérisation, les douleurs ayant persisté, mais à un moindre degré. Amélioration.

Le malade sort, pour une cause étrangère à la maladie, sans attendre la fin du traitement.

OBSERVATION X

Le nommé Benoît C.., journalier, âgé de cinquante-six ans, entré le 17 mai 1885 à l’Hôtel-Dieu, salle St-Bruno, lit n° 18, service de M. le professeur Soulier. (Sciatique gauche.) ;

Le malade entre à l'hôpital pour la troisième fois, toujours pour la même affection : une douleur siégeant à la partie postérieure de la cuisse et s'étendant de la grande échancrure sciatique au creux poplité. En 1879, séjour d'un mois et demi dans le service de M. Tessier. (Vésicatoires, douches de vapeur.) Il sortit guéri et ne ressentit aucune atteinte jusqu'en 1881. Il entra alors dans le service de M. Rambaud où il resta un mois. (Vésicatoires, douches de vapeur.) Séjour à Longchène, pendant lequel on lui fit deux injections

no

de nitrate d'argent, qui donnèrent lieu à des abcès assez volumineux qu’on fut-obligé d'ouvrir.

Le mardi 13 mai 4885, rentrant chez lui après une journée de travail, il ressentit subitement une douleur extrêmement vive à la cuisse gauche, douleur qu’il compare à une crampe. Ce ne fut qu'avec peine qu’il put regagner son domicile. Séjour au lit. Les douleurs, lorsqu'il est en repos, sont peu intenses ; mais dès qu'il veut mettre le pied à terre, il souffre beaucoup. À la pression, le maximum de la douleur se trouve au point où le sciatique sort du bassin; elle s’étend ensuite à toute la région postérieure jusqu’au creux poplité. Aucun point douloureux ni sur la jambe, ni sur le pied.

29 mai. — Première pulvérisation de chlorure de méthyle.

30 mai. — La rubéfaction produite par la pulvérisation est très vive. Amélioration.

2 juin. — L'amélioration persiste. Démangeaisons à la partie supérieure de la cuisse où a porté la pulvérisation.

13 juin. — Deuxième application de chlorure de méthyle.

Amélioration nouvelle. Le malade se lève et peut marcher, il souffre peu.

Du 13 juin au !® juillet, trois applications légères de chlorure de méthyle, suivies chacune d’une amélioration. Le malade réclame lui-même les pulvérisations.

Le 5 juillet, sixième et dernière pulvérisation. Le malade se déclare guéri. Il sort le 18 juillet ; il n’éprouve plus de douleurs, il marche très bien.

OBSERVATION XI X..., entrée au mois de décembre 1884, salle des Premièreé-Femmes fiévreuses, lit n° 14, service de M. Soulier. (Sciatique.) L'observation de cette malade a été égarée, mais nous ävons tenu à la reconstituer au moins dans ses éléments

essentiels. Entrée au mois de décembre à 1 Hôtel-Dieu pour une sciatique simple, qui faisait sentir ses atteintes pour la première fois, la malade, après une seule pulvérisation de chlorure de méthyle, voyait survenir la disparition des douleurs, et au bout de quatre jours elle quittait l'hôpital guérie

OBSERVATION XII

La nommée Marie H..., àgée de cinquante-neuf ans, ovaliste, entrée le 13 avril 1885, salle Ste-Blandine (Croix- Rousse), lit 11, service de M. le professeur Renaut,. (Névralgie sciatique gauche.)

Jusqu'à l’âge de quarante-trois ans, bonne santé habituelle.

Il y a seize aus, dans les poignets et les chevilles douleurs rhumatismales violentes. Les genoux furent aussi atteints mais plus légèrement. Bes douleurs persistèrent pendant deux mois puis disparurent à la suite d'un traitement prolongé par les bains de vapeur, en laissant les poignets notablement déformés.

- I y a un au, la malade ressentit des douleurs d’abord légères, puis de plus en fortes sur le trajet du nerf sciatique de la jambe gauche. Depuis deux mois, tout travail est devenu impossible. La douleur est à peu près continue ; de temps en temps, sous l'influence de la marche, d'un changement de position où mème de la prolongation d'une même attitude, elle devient plus violente et s'accompagne d'élancements douloureux et d'irradiation dans l'hypogastre, la fosse illiaque gauche et la région fessière, On provoque la douleur par la pression sur tout le trajet du nerf à la cuisse, particulièrement aux points fessier, trochantérien et poplité, à la jambe, aux points péronier et malléolaire externe.

Tout le membre malade et particulièrement la partie antérieure el inférieure de la cuisse, où l'on à mis un vésicatoire,

Ole.

est le siège d'une éruption eczémateuse et d’une vive démangeaison.” ; 16 avril. — Première application de chlorure de méthyle.

17 avril. — Légère amélioration, la malade a marché, disparition du point fessier.

19 avril. — Deuxième pulvérisation, qui fait apparaître des

phlyctènes au niveau des points poplité et malléolaire. Les douleurs ne disparaissent pas complètement, mais l’amélioration est évidente.

24 avril. — Troisième pulvérisation.

Les douleurs cèdent complètement à une quatrième pulvérisation pratiquée le 5 mai.

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