‹ De l'emploi des pulvérisations de chlorure de méthyleChapitre 17 sur 34 · OBSERVATION XIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XIII

Le nommé G..., âgé de vingt-neuf ans, plâtrier, entré le 30 mars 1885, salle Saint-Augustin, lit n° 8. Service de M. le professeur Mayet. (Sciatique gauche.)

Il y à deux ans, le malade fut atteint d’une sciatique gauche, qui dura deux mois et demi; ilse traita chez lui et guérit à peu près complètement.

Il y a un mois, il ressentit les mêmes douleurs qu'il avait éprouvées il y a deux années. Il s’aperçut que la marche devenait difficile, et, depuis quinze jours, il a été obligé d’interrompre son travail. Le sommeil est cependant possible.

Les points les plus douloureux sont les points inter ischiotrochantérien, poplité et dorsal du tarse. Pas d’atrophie musculaire appréciable, pas de troubles trophiques. Le malade marche avec beaucoup de peine et en se courbant en deux.

31 mars. — Pulvérisation de chlorure de méthyle le long du sciatique. L'application n’a pas été très douloureuse sur le moment ; le malade a souffert une demi-heure après.

2 avril. — Deuxième pulvérisation de chlorure de méthyle.

3 avril. — Erythème dans toute la hauteur du membre,

RG large phlyctène au-dessus de la malléole. Pas de soulagement.

6 avril. — Le malade a beaucoup souffert. Les douleurs, très vives, surtout au pied et au creux poplité, ont amené l’insomnie.

On essaye successivement et sans succès jusqu'au 28 avril : ventouses scarifiées, bandelettes vésicantes, capsules de térébenthine, opium, bains sulfureux.

28 avril. — L’élongation du sciatique est pratiquée par M. Mayet, après anesthésie à l'éther. Ejaculation pendant l'opération.

Légère amélioration, persistant jusqu'au 12 mai. La douleur semble avoir changé de caractère, elle est sourde, contuse, se fait sentir du mollet à la cheville, mais non à la cuisse.

42 mai. — Le malade accuse une douleur sur toute la longueur du membre inférieur, aussi intense qu'auparavant et surtout au niveau du point d'émergence du nerf.

Ainsi, dans cetteobservation, nous voyons échouer tous les traitements essayés. Peut-être devait-on se montrer plus persévérant dans l'emploi du chlorure de méthyle, car nous avons vu l'affection ne céder parfois qu'après six ou huit pulvérisations.

OBSERVATION XIV

Le nommé Alexandre V..., âgé de quarante-huit ans, teinturier, entré le 1* mars 1885, salle St-Irénée (Croix-Rousse), lit n° 2. Service de M. le docteur Vinay. (Sciatique gauche, névrite, atrophie.)

Il y a une année, lumbago, qui dura 8 mois.

Le 16 avril 1884, trois jours après s'être exposé au froid, le malade ressent brusquement dans la région fessière, à l'émergence du nerf sciatique, des douleurs qui s'irradient

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bientôt dans tout le membre inférieur gauche, rendant tout travail impossible et la marche très difficile. Dès le début, le malade applique des topiques le long de la cuisse. Résultat absolument nul.

À l'entrée, le malade ne peut se coucher sur le côté gauche.

À part le point classique de l'émergence du sciatique, on ne trouve que des douleurs vagues, disséminées dans le mollet et sur le dos du pied; le maximum de la douleur est localisé dans toute l'étendue de la fesse gauche.

La circonférence de la cuisse, prise de part et d'autre, à 017 au-dessus de la rotule, donne à gauche 0"38, à droite

Du côté de la jambe, la circonférence prise à0"11 au-dessous de la rotule, donne 0"29 de part et d'autre.

Le 2 mai, pulvérisation au chlorure de méthyle dans toute l'étendue et en arrière du membre affecté; cette pulvérisation est assez douloureuse, au dire du malade.

4 mai. — Il est survenu de la vésication sur tout le trajet des points qui ont été pulvérisés ; le malade perçoit encore la sensation de brûlure, résultat de l'opération, mais cette sensation est peu marquée, en ce sens qu'elle n'empêche pas le malade de dormir, tandis qu'avant l'entrée à l'hôpital, le sommeil n'était possible que dans la station assise ou encore horizontale, mais alors la cuisse fortement fléchie surle tronc.

Les douleurs spontanées de la névralgie ont totalement disparu, la marche est devenue très facile et ne provoque plus de douleur. Le malade affirme pouvoir se tenir seulement sur le membre inférieur gauche. La toux et l'éternuement ne provoquent plus de retentissement douloureux.

8 mai. — Les douleurs ont entièrement cessé ; le malade se sent très bien.

9 mai. — La circonférence prise à 0"16 au-dessus du bord

supérieur de la rotule donne 0"38, à gauche et à droite Le malade ne se plaint que d’un point de la jambe, où

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l'épiderme enlevé à laissé le derme à nu, ce qui gène la marche par le frottement du pantalon. Partout ailleurs, il n’y a aucune sensation douloureuse.

16 mai. — La guérison persiste depuis l'unique pulvérisation faite, mais comme il est resté sur la face externe de la jambe deux petites plaques de sphacèle très superficielles, la marche a été gènée pendant quelques jours.

30 mai. — Chute des petites eschares du mollet, pas d’ulcération ni de suppuration. Bains sulfureux. Quelques points douloureux ont reparu au niveau de la fesse gauche.

Deuxième pulvérisation.

2 juin. — Les douleurs ont totalement cessé. Le malade a pu marcher trois heures.

4 juin. — Circonférence de la cuisse à gauche, 0"38 ; à

droite 0"41. Exeat.

OBSERVATION XV

Le nommé Jean-Baptiste C..., âgé de trente ans, cultivateur, entré le 3 juin 1885, salle St-[rénée (Croix-Rousse), lit n° 10. Service de M. le D’ Vinay. (Sciatique névrite droite. Atrophie.)

L’affection actuelle remonte à décembre 1884. A cette époque, le malade commença à s’apercevoir de douleurs vagues dans la cuisse droite, à la fin d’une journée de travail. I lui était alors difficile de s'asseoir sans souffrir à la partie postérieure du membre.

Le 25 ou le 26 décembre, les douleurs devenant très violentes, intolérables, le malade fut obligé de s’aliter. Deux vésicatoires appliqués à ce moment l’améliorèrent suffisamment pour qu'il pût reprendre son travail. Néanmoins, il continuait à souffrir le soir. Les douleurs sont sourdes, contusives, comparées par le malade à la sensation éprouvée après une longue marche ou une grande fatigue physique; elles se déplacent et envahissent la face externe et postérieure de la

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