OBSERVATION X VII
La nommée Claudine G..., âgée de 55 ans, blanchisseuse, entrée le 17 juin 1885 à l'Hôtel-Dieu, salle première femmes fiévreuses, lit n° 5, service de M. le professeur Soulier (Sciatique droite. Atrophie.)
Il y a cinq ans, première atteinte d’une névralgie sciatique
à droite, qui céda à l'emploi de vésicatoires et de bains sulfureux. Femme très nerveuse, sensation fréquente de la boule hystérique, mais jamais de crises véritables. Pas de vomissements, pas de gastralgie.
La douleur actuelle remonte au commencement de février, sans qu'on puisse en trouver l'étiologie. Tout d'abord, elle ne souffrait que le matin en se levant, puis bientôt, elle fut obligée de garder le lit. C'était vers le milieu du mois de février. Le membre droit présente, soit à la cuisse, soit au mollet, deux centimètres de moins que le gauche.
Du 15 février au 17 juin, la malade est traitée chez elle : électrisation, deux vésicatoires, injections de morphine, élongation légère à quatre reprises sans anesthésie, Pas de résultats.
17 juin. — Première application du chlorure de méthyle, forte révulsion, phlyctènes grosses et nombreuses. Pas d’amélioration.
La malade ne peut mettre le pied à terre, elle ne peut faire un seul pas. La douleur s'étend de la grande échancrure sciatique à la face dorsale du pied, surtout du côté externe. On retrouve tous les points douloureux classiques.
L'appétit est diminué. Insomnie.
28 juin. — Nouvelle application de chlorure de méthyle, forte révulsion, légère amélioriation les jours suivants.
4 juillet. — Injection de quelques gouttes de nitrate d'argent.
7 juillet. — Le nitrate d'argent n'a pas produit d’abcès,
iln'y a que deux points fortement indurés, à peine douloureux. La malade commence à avoir dans son état une réelle amélioration. Elle peut se lever, s'asseoir et faire quelques pas, mais elle marche le tronc fortement incliné en avant.
22 juillet. — L'amélioration précédente a persisté. Le traitement continue.