OBSERVATION X VIII
La nommée Jeanne L..., âgée de trente-cinq ans, ménagere, entrée le 1% juin 1885, à l’Hôtel-Dieu, salle premières, femmes fiévreuses, lit n° 10. Service de M. le professeur soulier. (Sciatique gauche. Atrophie.)
Cette malade entre à l'hôpital avec une douleur étendue depuis la grande échancrure sciatique jusqu’à la face supérieure du pied gauche. Il y aurait trois ans que la douleur aurait commencé à se faire sentir dans la région fessière. A ce moment, elle couchait dans une maison très humide et dont les plâtres étaient tout frais, la cuisse gauche était précisément celle qui se trouvait du côté du mur, la malade étant couchée sur le dos.
Tout d’abord, il n'existait qu'un point douloureux à la sortie du sciatique. À ce moment, tout en souffrant, elle pouvait encore faire son travail. Puis la douleur s’étendit progressivement à la région postérieure de la cuisse, avec irradiation aux parties inférieures de l'abdomen. Ce n’est que depuis un an que la jambe et Le pied sont devenus douloureux.
Il y a six ou sept semaines, pendant que la malade lavait, les douleurs devinrent brusquement beaucoup plus intenses; on fut obligé de la rapporter chez elle, et depuis cette époque, elle n’a pour ainsi dire plus quitté le lit.
Actuellement *le pied, la jambe, la région postérieure de la cuisse gauche, la région fessière sont douloureux à la pression. On trouve particulièrement des points douloureux à la sortie du sciatique, à l’épine iliaque antérieure et supérieure, au niveau du pubis, à l'articulation sacro-iliaque. A la jambe, la douleur suit surtout le sciatique poplité externe : la partie antéro-externe de la jambe et la face dorsale du pied.
A la région postérieure et derrière les malléoles, la pression est à peine douloureuse.
Les douleurs sont vives et continuelles, la malade peut à
peine se tourner dans son lit; elle ne peut faire que quelques pas en boitant fortement. La flexion du genow n’est pas trop difficile. Un 1/2 centimètre de moins dans le diamètre du membre malade. Plusieurs vésicatoires sans succès, depuis l'urine est devenue plus rare, et elle souffre un peu en urinant.
Pointes de feu par deux fois sans amélioration.
Deux pulvérisations de chlorure de méthyle, le 8 juin el le 5 juillet; vésication.
La seconde fois, pas d'amélioration. 22 juillet, état stationnaire. Le traitement continue. Nous devons déclarer que la malade réclame elle-même une nouvelle pulvérisation.
OBSERVATION XIX
Le nommé Philippe B..., âgé de quarante-neuf ans, teinturier, entré le 26 janvier 1885, salle St-Irénée, lit n° 52. Service de M. le D' Vinay. (Névralgie du cubital.)
Syphilis. Alcoolisme. Depuis le 1° janvier 1885, le malade ressent une douleur dans le membre supérieur gauche. Cette douleur descend le long de la face interne du bras et de l'avant-bras, pour se terminer dans les quatre derniers doigts de la main gauche.
Pas de paralysie. — Il existe une légère diminution de la sensibilité le long du bord interne de l'avant-bras. L’auriculaire eet un peu moins sensible que l’annulaire et le médium et surtout que l'index.
Pulvérisations de chlorure de méthyle à deux reprises. Guérison complète.
La malade sort le 21 février 1885.