‹ De l'emploi des sels mercuriels diurétiques à doses réfractées dans le traitement des cardio-aortites syphilitiquesChapitre 14 sur 30 · SHOT · texte numérisé non relu

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bien dans l’organisme sans modification, aussi longtemps que dure son action diurétique, ou si, au contraire, des réactions surviennent dans l’économie pour le rendre actif, tant au bout de quelques heures qu'après l’intervalle observé avant la reprise secondaire.

En même temps que l’augmentation de la quantité des urines, on remarque toujours une élimination chlorurée considérable.

Des malades de Scamipz qui éliminaient de 2 à 16 grammes dans les vingt-quatre heures, éliminent après l’injection des quantités comprises entre 8 et 45 grammes.

Notons que la concentration de l’urine en chlorure de sodium ne change que très peu.

Nous ne reprendrons pas l’étude des indications du Neptal, même schématiquement; elle est trop considérable, et celle-ci nous écarterait sans profit de notre sujet. Nous nous occuperons seulement de ce qui concerne les cardiopathies, puisque ce sont elles qui nous intéressent. Nous lirons les auteurs. Nous analyserons les faits, et nous chercherons à nous rendre compte si parfois les beaux résultats obtenus ne prouveraient pas qu’à l’action diurétique, le Neptal ajoute le pouvoir anti-syphilitique des sels de mercure. |

Le Neptal dans les cardiopathies. — Lorsque l’on emploie le Neptal dans les maladies du cœur, c’est généralement à la phase finale d’insuffisance cardiohépato-rénale, lorsque le malade dyspnéique, infiltré

d'œdèmes, oligurique, ne réagit plus à la médication habituelle.

= Dans ces conditions déplorables, le Neptal a donné des résultats magnifiques.

De nombreuses observations ont été publiées; plus loin, nous en exposerons nous-même quelques-unes. Nous nous contenterons de rapporter ici l'opinion de quelques auteurs, parmi ceux qui se sont le plus occupés de la question.

SCHMIDL, BELLITRANDI, DROUET rapportent que cette médication a fait disparaître des œdèmes considérés comme irréductibles.

Puyoz cite un cas où la rétention hydrique datait de quinze mois. RimMBAUD, CHARDONNEAU et ARNAL ont utilisé le 440 B chez cinq malades âgés, insuffisants cardiaques graves avec œdèmes étendus. Les toni-cardiaques, qui agissaient très favorablement sur leur état circulatoire, n’avaient pas d'influence sur leurs œdèmes. Le Neptal, toujours parfaitement supporté, en particulier par un vieillard dont l’état présent a la plus grande gravité, a eu une action passagère, mais très énergique sur la diurèse. Il a fait fondre en quelques jours des œdèmes considérés jusqu'alors comme irréductibles.

L’élimination urinaire est passée en vingt-quatre heures dans deux cas, de 1.000 à 6.000 cc., de 2.000 à 6.000 cc. De véritables décharges chlorurées ont été observées; les chlorures de vingt-quatre heures passant de 5 à 34 gr. dans un cas, à 57 gr. dans un autre cas. Ils ont observé d’autre part, comme l’ont décrit plusieurs auteurs, une reprise soudaine, moins

accentuée, mais plus.prolongée de la diurèse et la réactivation de certains diurétiques, la théobromine en particulier.

Ils estiment qu’à condition d’observer les contreindications, de ne point le prescrire aux brightiques à rétention azotée, le 440 B appliqué chez les insuffisants cardiaques avec œdèmes, facilite l’action des toni-cardiaques; il peut rendre de très grands services.

BLANDEL écrit : « En pratique courante, nous pensons que la médication diurétique se résume en trois médicaments : la théobromine, la scille le Neptal.

… Le Neptal, c’est le médicament héroïque de l’œdème cardiaque. Avec la digitaline et l’ouabaïne, il représente la triade thérapeutique de l’asystolie. A notre avis, ou son emploi n’est pas assez répandu, ou il l’est trop tardivement, ou il n’est pas assez répété.

Dans le service du Dr Lran, le Neptal est prescrit très fréquemment, et 1l n’a jamais été constaté d’accidents.

L'action du Neptal est rapide et massive.

Rapide, car elle se produit parfois une heure, souvent deux heures après l'injection. Elle est massive, car elle provoque dans les vingt-quatre heures qui suivent une diurèse variant de 2 litres à 5 litres, en moyenne 2 litres et demi à 3 litres. Elle soulage donc très rapidement le malade.

Il ne nous a pas semblé d’ailleurs que l'importance de cette diurèse soit proportionnelle à la quantité de médicament injecté; et avec la moitié de l’ampoule et le tiers, on obtiendra les mêmes résultats qu'avec l’ampoule entière. |

EC Es

La diurèse ainsi provoquée est variable selon les malades et chez un même malade, elle est de quantité très variable.

C'est ce qui fait que si une injection de Neptal semble avoir été peu efficace, on ne peut en rien préjuger de la suivante; il faut la recommencer trois Jours après.

Le Neptal doit être appliqué systématiquement dans l’asystolie débutante et confirmée.

On intercalera entre deux injections intraveineuses d’ouabaïne ou de digitaline une injection de Neptal.

Selon la gravité du cas (œdème, épanchement), on poursuivra une telle-thérapeutique plus ou moins longtemps. :

L’injection de Neptal, en provoquant des diurèses répétées, entraîne une fonte rapide des œdèmes et un assèchement des épanchements. |

Aucune observation n’est peut-être plus typique que celle-ci :

Une de nos malades était atteinte d'insuffisance ventriculaire gauche, avec hypertension artérielle, à la suite d’une grossesse terminée par une césarienne à cause de la gravité de son insufiisance cardiaque. Elle était en pleine asystolie, avec un œdème extrêmement marqué des membres inférieurs et de lascite. Toute injection intra-veineuse était impossible chez elle; la digitaline et la théobromine restaient sans eflets. Grâce au Neptal qui entraîna une diurèse de 3 à 4 litres, cette malade actuellement va bien et a vu son asystolie disparaître complètement. Il a fallu une totalité de 120 injections de Neptal en l’espace de quinze mois pour arriver à ce résultat chez cette malade pour laquelle on avait, au début, porté un pronostic fatal.

LP ISPOUREE

Le Neptal peut être injecté à tous les cardiaques, quels qu’ils soient. Ce n’est pas un médicament dangereux. Il ne faut pas attendre un stade avancé de l’insuffisance cardiaque pour l’employer, comme on le fait trop souvent. Toutefois, chez les hypertendus, susceptibles de présenter une néphrite chronique, ou chez les sujets atteints d’endocardite malione (OsLer) dont les reins sont souvent touchés, il faut se méfier et s’abstenir. Cependant, si les tonicardiaques et les autres diurétiques n’agissent plus, et que la situation semble désespérée, il nous semble qu’on peut agir avec prudence en tâtant la susceptibilité rénale du malade.

En somme, grâce au Neptal, nombre de cardiaques ont pu être sauvés de l’asystolie, et ont pu être prolongés pendant très longtemps. Le Neptal nous apparaît donc comme une médication héroïque dans le traitement de l'insuffisance cardiaque.

Grâce à lui, on peut faire disparaître sans douleur, et rapidement des «dèmes cardiaques souvent énormes. En outre, il a permis de supprimer définitivement cette thérapeutique effroyable qui consistait à draîner l’œdème des membres inférieures par la Méthode des tubes de Southey.

Bien entendu, le Neptal n'exclut pas la diététique classique de lasystolie qui consiste dans la restriction des liquides et le régime déchloruré. »

D’après Mouceor : «l’injection d’un sel de mercure, tel que le Neptal rend les plus grands services. Certes, il arrive que, sur trois malades, dont les cas paraissent cliniquement superposables, l’un deux ne réagisse

— Ai —

aucunement au diurétique mercuriel. Mais, dans les deux autres cas, la chasse hydrique sera un élément capital du succès. »

D’après PoumaiLLoux

« Le Neptal employé à la manière classique, c’està-dire injecté à la dose de 1 cc. 5, par voie intramus- culaire, déclanche presque toujours une forte crise urinaire.

Personnellement, depuis plusieurs années déjà, je l'utilise par voie intraveineuse à dose faible (1/4 à 1/2 ce.) et mélangé dans la même seringue à de l’ouabaïne. L’ouabaïne est continuée tous les jours. Le Neptal repris tous les trois ou quatre jours.

On obtient de la sorte un accroissement modéré de la diurèse, mais qui persiste, à peu de chose près, les jours suivants, et en dix jours, on obtient une crise urinaire en nes et une fonte rapide des œdèmes, même étendus.

L’échec du Neptal m'a toujours paru être d’un très mauvais pronostic.

Le Neptal ne doit jamais être donné chez des oliguriques sans œdèmes, où il ne donne aucun résultat, et détermine au contraire des signes manifestes d’intolérance. »

RicHarp utilise le Neptal à doses normales, d’abord comme traitement d'attaque, puis à doses réfractées, comme traitement d'entretien.

YacoËL apprécie fort le Neptal qu'il considère comme le plus puissant des diurétiques. « Peu toxique, et d’action rapide, le 440 B provoque des diurèses

Gin

impressionnantes allant jusqu’à 4, 5 et même 6 litres d’urines par jour. À

« Il y a lieu toutefois de s’en abstenir chez les hyper-azotémiques, les cachectiques et les fébricitants.…. »

Le Neptal « médicament héroïque » est donc capable de sauver des situations désespérées.

Il doit faire partie de la thérapeutique, comme adjuvant des tonicardiaques classiques et de la théobromine. L'association Neptal-Ouabaïne est particulièrement recommandable.

Neptal et syphiliss — Le Neptal, sel mercuriel, mettant en circulation dans l’organisme une quantité importante de ce métal, il est logique de se demander si ce produit n’aurait pas une action spécifique.

L'étude de ce composé a mis en valeur la propriété diurétique du mercure. La physiologie l’a individualisée.

Mais nous savons que, si dans les composés cycliques la toxicité est amoindrie, elle n’a pas totalement disparu.

On peut donc penser qu’une autre des propriétés du mercure, la plus connue, l’action spécifique, existe encore, elle aussi. L'important est de savoir si elle est encore assez active pour avoir une valeur curative.

Ceci présente un grand intérêt, car affirmer la valeur anti-syphilitique du Neptal, c’est faire faire un véritable progrès à la thérapeutique.

Du fait, en effet, de sa faible toxicité, le Neptal pourrait s’employer là où depuis longtemps on a

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