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commençant par des doses d’essai, et en les augmen-
tant très prudemment.
«29 La capacité fonctionnelle cardiaque est atteinte, et le bilan réno-hépatique médiocre.
« Il importe ici, avant tout, si l’on croit devoir instituer une médication anti-syphilitique, de choisir son moment.
« Il y a presque toujours intérêt à débuter, en telle
occurence, par une thérapeutique cardiaque et diuré-
tique, le traitement anti-syphilitique suit, et doit être conduit avec plus de prudence encore que précédemment. [Il va sans dire qu'il faut l’interrompre immédiatement, s’il se produit le moindre fléchissement fonctionnel, soit du cœur, soit des appareils
réno-hépatiques.
« 30 La capacité fonctionnelle cardiaque est nettement déficiente, et le bilan réno-hépatique mauvais.
« Il n’y a, à mon sens, aucune discussion possible en pareil cas, si l’on ne veut pas risquer des désastres, l'abstention complète s'impose. Quand la médication cardiaque a réussi à rétablir l'équilibre cardio-rénal, on se trouve placé devant une éventualité analogue à la précédente, et on peut à la rigueur discuter lopportunité d’un traitement antisyphilitique très prudent; mais je crois qu'il est préférable, en règle générale, de s’abstenir systématiquement de toute thérapeutique anti-syphilitique, chaque fois qu’il y a eu, au cours d’un des syndrômes en question, insuffisance cardiaque grave. »
Ainsi sont posées nettement les indications et les contre-indications du traitement. Voici la façon de
voir de quelques auteurs, qui confirme la déclaration de DonzELoOT et précise plus particulièrement certains points.
Quoique partisan du traitement à un stade avancé, GRENET reconnaît qu’à un moment donné, rien n’est plus supporté. Dans ce cas, la thérapeutique cardiaque et les règles d'hygiène permettent encore une longue survie à ces malades qu’un traitement spécififique, devenu inopportun, risquerait de conduire rapidement à une issue fatale.
Noël FrEssiNGER insiste particulièrement sur le rôle du foie. À son avis, le traitement spécifique, appliqué lorsqu'il y a insuffisance hépatique, peut compromettre indirectement l’évolution de l’affection
cardio-vasculaire. Les produits injectés pouvant accuser cette insuffisance fonctionnelle hépato-cardiaque.
FLANDIN reconnaît lui aussi qu’à un moment donné le malade est devenu un cardiaque plus qu’un syphilitique; mais en plus des contre-indications cardiohépato-rénales, il attire l’attention sur l’âge : plus la syphilis est ancienne, plus le dernier traitement est éloigné, plus il faut prendre de précautions; dans ces cas, en effet, les réactions de foyer seraient fréquentes.
Durour rappelle la nécessité de considérer non pas l'organe, mais Porganisme.
Avant de traiter le cœur, il faut contrôler les reins, le foie, et le bilan réno-hépatique influence davantage la marche du traitement que l’état du myocarde.
AUBERTIN est du même avis : ayant traité de nombreux cardiaques spécifiques, il observe rarement des
accidents ayant le cœur pour origine. Les ennuis sont généralement imputables à l’état du foie et du rein souvent lésés chez ces malades.
Lran pense qu’en présence de syphilis se -Vasculaire avérée, avec insuffisance cardiaque (oedème pulmonaire aigu, pouls alternant, insuffisance valvulaire fonctionnelle, oedèmes), il y a lieu de soigner d’abord le malade sans tenir compte de la syphilis, et c’est seulement après amélioration notable que l’on instituera un traitement anti-syphilitique, d’autant moins intensif que l'insuffisance cardiaque a été ou est encore accentuée. |
PoumaizLoux accorde beaucoup d’importance à l’âge du malade qui conditionne le facteur résistance du sujet, et influe tout spécialement sur l’état fonctionnel du myocarde, lequel, en définitive, règle la thérapeutique.
GirauD fait précéder par un traitement tonicardiaque la médication spécifique en cas d’insuffisance du myocarde; il essaie ce traitement même en cas d’échec des toni-cardiaques.
Le gros écueil, c’est l'insuffisance hépato-rénale qui oblige à la modération des doses, voire même à la suspension du traitement.
HarBron fait également précéder ses séries de piqûres d’une médication toni-cardiaque et d’une vérification soigneuse du fonctionnement hépatique et rénal.
De cet ensemble de citations, nous sommes en droit de conclure que le médecin en présence d’une cardioaortite syphilitique, a à sa disposition une arme
An di ane
excellente : le traitement spécifique. Mais cette thérapeutique exige un organisme capable de supporter son action aggressive, d’où un groupe de contre-indications rigoureuses, admises par la plupart des auteurs : les insuffisances cardiaques, hépatiques, rénales. Il faut, en plus, tenir compte de l’âge. Toute médication trop active ou déprimante risquant alors d'amener un déséquilibre des fonctions vitales.