‹ De l'emploi du bouclier dans la construction des souterrainsChapitre 21 sur 63 · I. — SIPHON DE CLICHY · texte numérisé non relu

I. — SIPHON DE CLICHY

Exposé. ^ Le siphon de Glichy est le premier tronçon de l'aqueduc destiné à conduire les eaux d'égout de Paris aux champs d'épandage d'A chères.

Cet ouvrage établit la communication entre Tusine élévatoire de la ville de Paris, sise à Ciichy, sur la rive droite de la Seine et l'origine de la conduite libre en maçonnerie, qui, sur la rive gauche, conduit les eaux vers Achères.

Ce travail a été entrepris par M. Berlier pour la somme de 1 000 000 fr.

Plan et profil en long. — En plan (fig. 230), le siphon est en ligne droite dans la traversée de la Seine, puis, après avoir atteint la rive gauche, il s'infléchit à gauche par une courbe de 100 m. de rayon et de 42,07 m. de développement, de manière à suivre la rue Duchesnay, à Asnières, jusqu'à l'origine de l'ouvrage en maçonnerie à la rue du Château.

Le profil en long (6g. 231), comporte d'abord un puits d'où se détache la galerie franchissant la Seine. Cette dernière est en rampe de 0,06125 par mètre sur 240 m. puis en rampe de 0,07939 m. sur 222,87 m. La longueur totale depuis le puits jusqu'à l'extrémité est de 462,87 m.

La hauteur entre le niveau moyen des eaux et le point le plus bas de la galerie est de 17,00 m. et la distance entre le dessus de Fou-

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vrage et le fond du lit de la rivière est toujours au moins de 9,00 m.

Les sondages avaient révélé la présence d'alluvions assez irrégulières; et il parut donc prudent de s enfoncer autant que possible pour atteindre les marnes du calcaire grossier.

Dimensions de l'ouvrage. —

Les anneaux de fonte (fig. 232) du puits sont d'une seule pièce; ils

ont un diamètre extérieur de 3,S15 m. et un diamètre intérieur de 3,18 m. entre nervures. L'épaisseur de la fonte dans le corps des anneaux, comme dans les nervures, est de 0,03 m. En outre, 20 renforcements relient ces nervures à la partie annulaire. L'assemblage de deux anneaux consécutifs est obtenu au moyen de 40 boulons de 0,26 m.

de diamètre. Chaque anneau a 1,00 m. de hauteur et porte des bossages percés et taraudés pour rinjection de ciment. Au raccordement avec la galerie, il a été employé deux anneaux spéciaux formant ensemble une hauteur de 3,70 m. Les joints de ces anneaux ont été dressés au tour; ils ont été renforcés par une nervure horizontale et se composent chacun de deux morceaux réunis entre eux sur des nervures verticales par 10 boulons.

Ces anneaux présentent du côté de la rivière une ouverture destinée à recevoir la pièce spéciale de raccord

avec la galerie et fermée pendant la descente du puits par un tampon en fonte. La partie inférieure du cuvelage formant trousse coupante est constituée par un cylindre en fonte de 60 mm. d'épaisseur et boulonnée aux anneaux. Son diamètre est un peu plus large, de manière à diminuer le frottement.

La pièce de raccordement avec la galerie est en deux morceaux ; sa forme arrière correspond à rinterseclion des deux cylindres de la galerie et du puits; son avant, complètement cylindrique, forme le premier tronçon de la galerie.

Cette dernière est constituée par ^ des anneaux en fonte de 0,50 m.

de longueur, 2,50 m. de diamètre extérieur et 2,30 m. de diamètre intérieur divisés en 5 segments et une clef (Gg. 233).

Les segments ont une épaisseur de 25 mm. et les nervures 12,5 cm. de hauteur et 25 mm.

d'épaisseur (fig. 234). L'assemblage est fait avec des boulons de 25 mm. Les joints verticaux reçoivent une fourrure en bois tendre et les joints horizontaux sont garnis de ciment (fig. 234).

Pour faciliter l'écoulement des eaux, la galerie a été revêtue avec du béton qui remplit les alvéoles des segments entre nervures et d'un enduit qui la rend complètement lisse.

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Installations. — II y avait à la surface des installalions impor

tantes, tant pour les manœuvres, levages et dragages que pour la production de Tair comprimé et de Téclairage électrique.

L'appareil de levage élait un pont roulant de 12 t. (fîg. 235 à 231)

installé au-dessus du puits, dont la portée entre appuis était de

7,S0 m. et la hauteur libre sous poutres de 6,50 m. Ce pont était

constitué par deux poutres en fer formant chemin de roulement

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'élcmcnt miitaJlique.

supportées par des charpentes en bois de sapin. On pouvait ainsi amener aisément sous le pont les pièces de fonte du cuvelage et le bouclier. Il rendit de grands services pour la mise en place de la calotte du fond du .

puits, du cône de raccor- "" "--'-■ -

dément, des cheminées, du sas à air, et des engins d'épuisement et pourl'ex-

traction des déblais. i

Sur la palée arrière

(fig. 237) était un treuil Fis. 23i. — Détails d'un joint homontal.

ù noix et à chaîne à deux

vitesses, avec frein automatique Mégy. Une petite transmission, installée sur les deux contrelîches arrière et prenant son mouvement sur la transmission générale, permettait d'obtenir mécaniquement la translation du chariot.

La transmission générale installée sur le tréteau arrière du pont était mise en mouvement par l'une quelconque des machines et commandait, en outre du pont roulant, un petit compresseur pour

l'iDJectioD du mortier el la transmission intermédiaire de la dynamo

Gramme servant à l'éclairage. L'installation mécanique générale est représentée sur le plan [fig. 23S}. Il y avait deux macbine^

demi-fixes, une Weyher et RichemondK de 40 chev. et une Farcot J. de 25 chev. environ. C'est surtout la machine Weyher qui a fonctionné; la machine Farcot était plutôt employée, comme générateur pour les appareils d'épuisement Z, que pour la force motrice.

En outre de la transmission générale, la machine Weyher entraînait le compresseur H qu'elle commandait par courroie.

Fig. 236. — Vue par bout et demi-coupe de la charpente.

Le compresseur H eût été insuffisant pour débiter la quantité d'air nécessaire au travail. Deux autres compresseurs à action directe GG le complétaient. La vapeur nécessaire provenait d'une chaudière L, que des conditions locales avaient obligé à placer assez loin. Tous ces compresseurs étaient des Burton à circulation d'eau extérieure.

Toute la tuyauterie d*eau et de vapeur était installée de manière à pouvoir toujours suppléer un appareil par un autre, condition indispensable pour un travail qui devait se poursuivre jour et nuit sans arrêt, près de deux ans.

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Fig. 237. — Treuil et transmission.

Ponçage du puits. — Le puits a été forcé en déblayant à l'intérieur du cuvelage, d'abord à sec, puis par épuisement, puis à la drague et enfin à Tair comprimé. L'installation pour ce dernier mode de forage est représenté par la fîgure 239 ; les déblais étaient montés par un petit treuil à vapeur installé à l'extérieur du sas à air (fig. 240). Au fur et à mesure du déblai, le cuvelage s'enfon-

En face la page 260.

Plan dea in&lallauona rr

écaniques

LegouEz. — Emploi du Bouclier.

L — (iiTiinvat it Tlpfur

Il — Tr*uU «I poni reuliot

H — ChupenUiupporUnlh pODirauluit

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P — TfiiuQimaD iniannidùJn

q — Dfnimo

S — TrinamiMioDpourli inntlilionducbtiioi

8 — Chuiot

T — Riiwroin d'Mu

TI — Subli ntUa

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- PriM de f iptui ginéiila

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çait et on ajoutait de nouveaux anneaux de fonte. Pour obtenir la

Fig.238. —Installation dans le puits.

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Fig. 239. — Vues de face et par-dessus du sas à air.

descente, on a dû charger le puits d*environ 200 tonnes en

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Fig. 240. — Coupes irerticale et horizontale du sas à air.

employant le dispositif représenté par la figure 241. Malgré cette

charge considérable^ la descente était exlrèmement lente et s'arrêtait parfois complètement. On faisait alors dans le fond des explosions de dynamite, qui, par la secousse produite, facilitaient le mouvement de fonçage.

On traversa successivement des alluvions récentes sur G, 63 m., des alluvions sableuses anciennes sur 7,06 m., les marnes de Saint- Ouen remaniées sur 1,29 m., les sables bleuâtres avec rognons de grès ou ciment calcaire du niveau de Beauchamp sur 3,26 m. et enfin les marnes avec bancs de roche du calcaire grossier sur 6,66 m. Le puits attaqué le 10 novembre 1892, à la cote 29,94 m., a été arrêté le 25 juillet 1893 à la cote 5,0i m., soit à 24,90 m. en huit mois de travail.

Les avancements mensuels ont été en :

Novembre 5,65 m.

Décembre 5,01 —

Janvier 2,03 - -

Février 2.06 -

Mars 2.78 - -

Avril 2,14 -

Mai 4,49 -

Juin 2,26 —

Juillet 1,48 —

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Amorce de la galerie. — L'attaque de la galerie, ainsi que son raccordement avec le puits ont présenté de sérieuses difficultés. On avait espéré que les marnes du calcaire grossier seraient imperméables. Mais elles étaient fissurées et donnaient autant d'eau que les sables. Quand on les eut atteintes vers la cote 10, il arrivait par le fond du puits 200 m^ d'eau à Theure. Dans ces conditions, on dut tout d'abord rendre étanche le fond du puits. On y parvint en y adaptant une calotte en tôle (fig. 242;. Il fallut motlre en place au scaphandre cette pièce qui pesait

Riir

2i2. — Fond du puits et amorce

de lu ^'alerie.

3200 kg. et avait presque exactement la largeur du puits, et

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