‹ De l'emploi du chalumeau dans les analyses chimiques et les déterminations minéralogiquesChapitre 2 sur 179 · Dfi L^EMPLOl · texte numérisé non relu

Dfi L^EMPLOl

que les résultats principaux de leurapplication aux fossiles que l'on connaissait alors. Ce traité (4) ne parut qu'en 1770 y et fut traduit et publié en suédois par RETziusy en Tannée 1773*

Cet ouvrage fixa l'attention générale des saTanta sur Finstrument précieux dont il révélait l'emploi, et fut bientôt après traduit dans la plupart des langues de TEurope. Il faut cependant convenir qu'on s'en tint à ce que von ËNGBSTaoïi avait appris^ et que Tintroduction du chalumeau parmi les chimistes et les minéralogistes n*eut au commencement d'autre avantage que de leur donner un moyen d'éprouver la fusibilité des corps, et quelquefois leur solubilité dans le verre de borax. Les causes de cette stagnation originelle ne sont pas difficiles à reconnaître. Premièrement , il faut une certaine habitude de l'emploi du chalumeau pour pouvoir, sans fatigue et sans inconvénient pour la santé 5 produire sur les substances que Ton soumet à son action un effet dont on puisse inférer quelque chose; or cette habitude ne s'acquiert que par un exercice pénible auquel on ne se livre pas volontiers avant d'être assuré que les avantages qu'on en reeueillera dédommageront de la peine qu'on aura prise. Ce n'est pas tout, lors-

(1) Ad Bswy towtrds a ^yitem of Uinenlogy by CMmut, innelatad firom tlie Swediah by G. tw Emnnw», rafiwd «nd cometfld by Ummê» ba Goota. Lonte, flTlO*

m CHALUMEAU.

qu'on sail se servir du clialumeaii , il faut, pour pouvoir conclure quelque chose de ce que l'on Yoit| ayoir déjà tu beaucoup, et savoir comparer le résultat que Ton obtient avec ceux que l'on a obtenus précédemment. Avant que ron soit arrivé à ce point, les essais au chalumeau ne donnent , le plus souvent, que des résultats incertains, de la valeur desquels on ne peut se faire aucune idée , faute de savoir en tirer parti .

D*un autre côté , il est diiBcile de se mettre au

fait de l'usage du chalumeau , par la simple lecture des ouvrages qui en traitent ; il faut prendre des leçons d'un maître expérimenté, pour n'être pas arrêté par des difficultés dont la solution est quelquefois très^imple, quoiqu'on l'ait long-temps cherchée en vain.

Telles furent les causes qui s'opposèrent à la propagation de Tart du di a lu ni eau , partout ailleurs qu'en Suède* Ceux qui avaient vu taire Cron&tedy et TON ENGBSTaoK firent comme eux , et nous transmirent l'usage de cet instrument. Bbegiian alla plus loin que Cronstbiït ; il étendit l'usage du chalumeau hors des limites de la minéralogie, et jusque dans le domaine de la chimie inorganique, où cet instrument devint entre ses mains un moyen inappréciable de reconnaîtro dans les recherches analytiques de très-petites quantités de matière métallique. Bergmak traita par les réactifs que

6 DC l'emploi

Giioii0TBDy avait employés te plus grand nombre des minéraux connus de son temps ; il déeriyit

leur acLion, et perfectionna plusieurs instrument» nécessaires pour ses expériences. Il publia à ce suj^t nn traité qui fut d*abord imprimé en latin, à Vienne, 1779 (1), et qui depuis fut traduit en suédoisi et publié par Hj£lM| eu Tanuée 1781.

Dans ces expérienceSy Bbrgman, à qui sa santé ne permettait pas un travail opiniâtre tel que celui

qui Toccupait, était assisté par Gahn, qui, dans ses études minéralogiques, s'était particulièrement appliqué à Tusage du chalumeau , à cause de la promptitude avec laquelle cet instrument fournit des résultats précis. Les opérations qu'il fit sous les yeux de Bfugmax, qui lui fit passer en revue tous les minéraux que Ton couoaissait alors, lui apprirent comment chacun d'eux se comporte sous l'action du chalumeau. Aidé de cette expérience ,

il conLioua a se ser\ ir de cet inbtrunieiit pour toute espèce de recherches chimiques et minéralogiques* Il acquit enfin par là une telle habileté| qu*il pouvait, au moyen des réactions produites par le chalumeau, signaler dans un corps la présence de substances qui» cherchées par la voie humide,

(1)T. Bms&ii Gomment, de tubo ferruminatorio ejasdcmque osa in cxploreodis corporibns, prmertim mineralibus. Vindobon», 1779.

bU CUALUliEAL'.

avaient échappé à l'analyse la plus soignée. Ainsi,

lorsque Ekebeug lui demanda son upinion sur Toxide de tantale , nouvellement découvert , dont il lai envoyait un petit échantillon , Gahn découvrit aussitôt qu'il contenait de Tétain , quoique ce mtïLal n'y entre pas pour plus de vi^. Long-temps avant qu'on agitât la queistion de savoir si les cen* dres des végétaux contenaient du cuivre , je l'ai vu plusieurs fois extraire avec le chalumeau, de différeii Les espèces do pa|iicr, dùiU il ii duisait un quart de feuille en cendre, des particules très-recoaaai^sables de cuivre métallique*

Gahn portait toujours son chalaaieau sur lui, lorsqu'il était en voyage, et toutes les substances nouvelles qu'il rencontrait en son chemin étaient incontinent mises à l'épreuve ; c^était alors quelque chose d'intéressant (juc de vuîr la promptitude et la sûreté avec lesquelles il déterminait la nature d'une matière que Ton ne pouvait pas reconnaître a ses propriétés extérieures. L'emploi continuel qu'il faisait du chalumeau le conduisit à imaginer des perfectionnements dans tout ce qui avait rapporta cet emploi ^ tant pour le laboratoire que pour les voyages. Il passa en revue une multitude de réactifs, pour trouver de nouveaux moyens d'arriver à la connaissance de certaines substances, et tout cela fut conçu et exécuté avec tant de sagacité et de précision que les résultats qu'il obtint

furent toujours de Tespèce de ceux auxquels on peut se iier implicitement. Cependant il ne lui

vint jamais à Tesprit de décrire les méthodes nou*

velles et générales qu'il avait trouvées, quoiqu'il se donnât toutes les peines du monde pour les en* seigner à ceux qui désiraient de s'en iostniiie. Plusieurs savants étrangers qui ont séjourné chez lui ont fait connaître son habileté extraordinaire dans ce genre d'opérations ; mais ilsn'ont paspriâ une connaissance exacte de ses méthodesi ou ne les ont pas publiées (i).

J'ai été assez heureux pour jouir d'un comnierce familier avec cet homme si remarquable sous tant d'autres rapports, durant les dix dernières années

de sa vie. ïl n'a épargné aucune peine pour me transmettre tout ce qu'il pouvait de ses connaissances et de sa longue expérience , et j'ai vivement senti robligation que je contractais alors envers le

public de perpétuer , auLaat qu'il était en moi, les fruits de ses travaux.

À. mon instante prière , il composa lui-même ce qu'il y a de plus important dans ce que j'ai donné sur le chalumeau et son emploi > dans la seconde

(1) M. le professeur IIAU8SliA^4 esl le seul qui ait donné un eompte oti peu étendu des eemces qne le chalaroeaa de Gàm i rendus i la science, dans an mémoire inséré dans le Jfinaral. Tinehmbueh de Lsouhaud, ponrl'iinm'T fSIO.

partie de mes Èiémenis de chimie (1) ; e'eet tout ce qu'on a de lui Bur ee sujet. Il n*a jamais écrit de mémoires touchant les résultats de ses expériences sur les minéraux ; et lorsque par l'effet de rtge le souvenir des faits qu'il avait observés commença à s'affoiblîr, il insistait souvent sur la nécessité d'examiner et de noter avec suin les phénomènes que présentent les divers minéraux dans les essais au ehalumeau.J'entreprisàson invitation un examen de ce genre, qu'il se proposait de contrôler ensuite le chalumeau à la main , afin que là où nos résultats se trouveraient différents, nous pussions reconnaître les causes de ces différences et éviter ainsi toute consignation inexacte. Ce douhle examen, qui promettait à la science de si importants résultats, fut empêché par sa mort. Elle fut inattendue , et arriva trop tôt, quelque longue qu'eût été sa vie.

Dans le reste de l'Europe, il n'y a eu qu'un seul physicien, mais en revanche un physicien très-distingué, quiait fait une étude approfondie del'emploi du chalumeau , et qui ait soumis à son épreuve un grand nombre de substances minérales. Ce fut H. DE Saussure, célèbre par ses recherches géognostiques sur les Alpes suisses. De Saussure s'en servit

(1) Larbok i Keadcn, 3 : dra Oden. Stockholm» 1818» pages m et salTantcs.

• iO DE L KMPLOI

princîpalemeitty aimi que l'avait fait CRomwflDT,

pour reconnaître et discerner les minéraux, et quoiqu'il y ait fait des additions et des perfectionnements dont nous parlerons plus loin, il est reâlé bien loin derrière Gahn , soue le rapport des résultats qu'il a obtenus à l'aide de eet inatrument.

H. Du Chalumem,

Le chalumeau des ouvriers est ordinairement un tube de laiton qui va en se rétrécissant vers Fiine dé ses extrémités» à deux pouees de laquelle lise eourbe à angle droit (pl. I, fig. 1). Son ouverture, à cette exti uiiiité, est aussi fine que le serait un trou fait avec une aiguille y et c'est cette ouverture qu'on tient contre la flamme de la lampe, tandis qu'on souffle par le gros bout. Dans les opérations des aiis, ou a rarement besoin de jiroloiiger l'insufflation au-delà d une minute, en sorte qu'il ne résulte aucun inconvénient pour l'opération de l'eau que les poumons chassent dans Tintérieur dn tube. Mais dans les expériences de chimie, où l'on est obligé de soutenir long-temps l'insufflation, il se fait dans le tube un amaF^ d'eau assez considérable pour entraver quelquefois l'opération. Ce fut pour obvier à cet inconvénient, que Cronstedt pbiea vers le milieu du chalumeau, cl plus près de l'extrémité recourbée que de i'em-

boudiuve^ une boule ereoae destinée à recevoir rhamidité. Son chalumeau eut alors la forme représentée par la figure 2. La partie la plus longue pouvait se démonter au moyen d'une vis a, et il y avait en 6 nn anneau d'ivolie percé d'un petit trou desliné à recevoir une aignille ou un fil d'acier fin , avec lequel on pouvait nettoyer l'ouverture du bec, lorsque dans le courant d'une expérience cette ouverture se trouvait obstruée par la suie* Ce chalumeau a cependant un inconvénient : c'est que quand après avoir soufflé quelque temps, on vient aie tenir un instant dans une situation verticale y la pointe en bas , Teau coule de la boule dans Tin^ térieur du bec , et Ton a ensuite beaucoup de peine à l'en chasser avant de pouvoir cuiitinuer l'opération.

Bergman corrigea ce défaut de la manière sut- Tante : il adapta à l'extrémité du chalumeau une chambre semi-circulaire d'un pouce de diamètre

sur 7 de pouce en travers, et implanta immédiatement le bec dans la partie supérieure de cette chambre» (Voyez pl. fig. S.) Le chalumeau de BntGHAii se compose de trois pièces séparables : a est le tube; bb, la chambre destinée à recevoir l'eau , vue sur son plat et par un bout , et cle bec; l'assemblage s'en fait aisément. Ce système remplit parfoitement bien son but, et a en outre l'avantage de prendre peu d'espace et de pouvoir se placer dans une boîte mince telle que celles dans lesquelles

i2 DB l'bMPLOI

on serrait alors le chalumeau et ses accessoires pour les transporter commodément d'on lieu dans

un autre.

Gahm a un peu changé la configuration de cette partie du chalumeau qui est destinée à recevoir l'eau , et Ini a donné la forme d'un eylindre d'un

poucede longueur sur un demi-pouce de diamètre, ainsi qu'on le voit pl. I, fig. À, 6. Son chalume^Uf semblable du reste à celui de Bbrgium , coneisteen qoatrepièces qui sont bycetd^ fig. 4.Surrextrémité du bec Cj, se place un petit ajutage, tel quec^^ percéd'un trou plus oumoinsûn par où l'air s'éehappe. Il faut en avoir plusieurs de différents calibres pour en changer suivant les besoins. L'a-« vantage du ciialuiiicau cleGAiiiN sur celui de Bergman tient à la forme cylindrique de son réservoir, qui occupe encore moins de place que le précédent, et à la longueur de la douille conique du bec e, qui s'introduit dans l'ouverture e du réservoir cylindrique. Après un long service, ce bec peut bit a s'enfoncer dans le réservoir plus avant qu'au commencement ; mais du moins il adhère constamment aux parois de Touverture destinée à le recevoir, et n'est pas exposé à tomber dans le courant d'une expérience , comme cela arrive souvent avec le chalumeau dcBBRGHAif. Je crois queFon peut sans hésiter donner au chalumeau deGASii lapréférencesurtous les autres. Uana les cas où j*ai besoin du chalumeau

pour souffler du verre Je me sers d'un petit bec f ,

courbé à angle droit , que j'adapte à l'ouverture c, et auquel je puis donner toutes les directions possibles par rapport au tube a. La figure 5, pl. 1^ représente le chalumeau deGAHn lorsqu'il est monté*

VoiGT a proposé un autre chalumeau dont l'usage est très-répandu. Il porte à son extrémité une chambre circulaire d*un pouce de diamètre et d'un huitième de pouce en travers ; le bec part du centre de cette chambre, et peut se tourner dans toutes les directions. La fig. 6 représente ce chalumeau. Les inconvénients qui accompagnent la forme pro* posée parVofGT sont, \^ que les dimensions du réservoir rendent l'instrument peu commode à porter en voyage; et, en second lieu, que le bec mo* bile finit par vaciller après un long usage et laisse échapper Tair. Il serait aisé de faire disparaître cet inconvénient, au moyen d'un tube recourbé qu'on fait entrera frottement doux dans une ouverture conique pratiquée au centre du réservoir; mais dans tous les cas, la forme de cette dernière partie dans le chalumeau de Voigt est la muius commode de toutes.

Comme c*est une circonstance très-désirable,

principalcmonL pour ceux qui s'occupent de minéralogie y que le chalumeau tienne peu de place et soit commode à porter, sans rien 6ter d'ailleurs n

14 DS L niVLOl

ses qualités essentielles , plusieurs chimistes ont tâché d'atteindre à la limite delà eimplicité daoa la eoustructioQ de eet inetrament ; on diBtingue 8011B

ce lappurt le chalumeau de Tenpîast, et celui de

WotLASTON.

Le chalomeau de Tbknant consiste en un tube

droit, cylindrique, ou Irès-lcgèrement conique (pl. I , fig. 7 , ab) , lequel est fermé par une extrémité , mais qui présente ^ à un demi-pouce de cette extrémité « une ou?erture destinée à recevoir un petit tube recourbé d qui y entre à frottement et que Ton peut diriger dans tel sens que l'on veut. Lorsque Ton s'en sert^ le bec du petit tube fait en général un angle droit avec le tube principal , et si c'est do Terre que Ton souffle, un angle plus ou moins obtus : quand on veut le serrer dans son étui» on place le petit tube parallèlement au grand, ccnnme on le voit dans la figure. Cet instrument joint à un haut degréde simplicité tous les avantages qu'on peut désirer. L'eau produite par l'iusuniaLiori coule au fond du grand tube et ne s'introduit point dans le bec. Dans une comparaison que j*ai foite entre le chalumeau de Gahn et celui de Tkiinaiit, j'ai cru remarquer que ce dernier exigeait 11 a plus grand effort des muscles des joues, sans doute parce qu'il oppose à l'expansion du courant d*air dans toute sa longueur une résistance plus forte que le chalumeau deGAh.N, lequel porte un rober-

DV CiULUMËÂL . 15

voir d'air dont lo contenu cèd0 en pojrtie à ia pre»- BÎon latérale da eourant. La diCEérence entra les

efFels produits est à peu près la iiit ine qu'entre un ressort dur et un ressort doux. Cette circon-' ttanœ n'est pae tout-à-iait indigne d'attention^attrtout pour les essaie minéralogiques où Ton se sert

([uelqueiûLâ du chalumeau plusieurs lieureâ de suite.

Le ehalnmeau de Woluston prend encore moine de place que celui de Tbknant. Il se compose de

trois parties, pl. 1, fig. 8, a, 6 et que l'on peut eogaîner» la troisième dans la seconde , et celle-ci dans la première f de manière à réduire de moitié la.longuQur duchalumeau^ dont le diamètre moyen n*excède pas d'ailleurs celui d'un chalumeau ordinaire ; l'extrémité la plus étroite de la pièce a entre à frottement doux dans l'extrémité la plus laqfe de la pièce 6 dont Tautre bout est fermé , mais qui présente une ouverture latérale à une petite distance de ce dernier. La base de la pièce c est fermée par un fond plat , et le sommet en est percé d'un trou fin. Dans le voisinage de sa base Isi pièce c offre une ouverture transversaledestinée à recevoir le sommet de la pièce b; cet assemblage n'est pus rectangulaire , mais lorsque le chai u m e a u est monté le bec forme avec la tige un angle obtus. Le but de cette disposition parait être q«e si Touverture transversal^ de la pièce c s'élargit i^vecle iqmp^f en

16 DE |.*EIIPLOf

sorte que la petite oaverture latérafo^iiqoée vers Textrémité de 6^ étant tournée du côté du fond

plat où la vapeur d'eau se condense, dépasse le bord ultérieur de la pièce c; cette ouverture reste eocore dans Tintérieur du canal , étaat tournée vers l'extrémité du bec. Lorsque ce chalumeau est bien fait , rextrémité fermée de la pièce h remplit exactement l'extrémité correspondante de a, et c ferme Touverture principale de h, eu sorte que le tout ensemble est à l'abri de la poussière, et ne tient pas plus de place dans la poche qu'un crayon de mine de plomb. L'instrument a alors la l'orme et la grandeur représentées pl. I, iig* 8, d. Ce chalumeau n'est pas précisément approprié aux cas où Ton a besoin d'étudier les corps avec soin, parce que les pièces extrêmes ne joignent pas si bien qu'elles ne laissent queiquetois échapper de l'air; 2^ parce qu'il est dépourvu de réservoir; 3^ enfin parce que l'angle obtus formé par le bec avec la tige donne à la flamme de la lampe une direction telle (par rapport au corps soumis à son action) que ce corps est en partie caché par la flamme ellemême. Mais pour les besoins éventuels et la facilité du transport y il l'emporte sur tous les autres. On le mel dans la poche sans en être gêné, et si l'on y joint une feuille de platine et un morceau de borax, on est déjà à même de faire un grand nombre d'opérations , attendu qu'on trouve partout du chai bon el de la chandelle. J'ai souvent employé

DU CUALUlŒilU. 17

le chdumeaa de Wollaston dans des inspeetions

pharmaceutiques et des revues de collections minéralogiques 9 où il m'a suiïl plus d'une fois pour remettre à leur place des fossiles mal dénommés.

La longueur du chalumeaU| quelle que soit d'ailleurs sa forme, est subordonnée à la portée des

yeux de l'opérateur, et doit satisfaire à cette condition que le corps sur lequel on souille se trouve à la distance où la vision est la plus distincte. Celui dont je Yois le mieux les effets a 8 pouces j de Ion*gueur, et 7 pouces | depuis Fembouchure jusqu'à l'insertion du bec dans le réservoir d'air.

Ces chalumeaux doivent être faits, soit en argent pur, soit en fer-blanc *, dans ce dernier cas, le bec doit être de laiton. Lorsque l'instrument entier est de laiton, il prend à la longue une odeur et un goût de vert-de-gris. On a cherché à éviter le désagrément qui résulte de l'emploi des chalumeaux de laiton , en y adaptant une embouchure d'ivoire ; mais cette embouchure ne remédie pas à la mauvaise odeur, et si l'on n'a pas les mains sèches, les doigts mêmes contractent durant l'opération cette odeur de Tert-de-grisy surtout lorsque le chalumeau a été quelque temps sans servir et que Ton n'a pas eu la précaution de le nettoyer avant l'opération. Or cela n'arrive pas avec les chalumeaux de fer-blanc qui ont en outre l'avantage de coûter moins. Dans ees derniers on fait adhérer la tige au réservoir

d'air, etavaatd'ioséfôr io bec on l'enveloppe d'uQ peu de papier pour rendre la Jonetion plus psr^ Mte.

Quoique Tar^eut soit meilleur coaducteur du calorique que tout autre métal , il ne m'est jamais arrivé d'être gêné dans une opération par î'échautïe ment d'un ciialurneau d'argent, même après une insulIUiLion prolongée. Les petits ajuU|^ dont on recouvre l'extrémité du bec sont un perfectionnement remarquable du chalumeau, lis ne tardeiiL pas n se couvrir de suie , el leur ouverture à se boucher, ou seuleaieul à perdre sa forme ronde; il faut alors les nettoyer, et vider le trou avec UJM petite aiguille qu'on a toujours sous b main pour cet effet. Ce nettoiement est une opération très-eaiiuyeuse , mais indispensable, parce que ces ajutages une fois encrassés , salissent tout ce qu'ils rencontrent. En conséquence j'ai fait&ire ces petiCea pièces en platine , chacune d'un seul morceau, et lorsqu'elles sont par trop sales, je les mets sur le charbon et les fais rougir à l'aide du ebalumeau ; par ce moyen elles redeviennent pro~ près en un instant, et les trous se débouchent sans le secours t] aucun ap^ent mécanique. Si elles étaient d'argent elles ne pourraient pas suppor [( r ce irai** tement; car, quand même on les chaufferait asaeas peu ponr ne fins donner lieu à un commencement de fusiou , l'argent rougi cristalliserait par le re-

»h CHàLQlUUI}. 19

Aoîdinement, et devieudrait auâsi cattant qu'un JUétai ooa malléable.

Les chalumeaux de verre sontassurémentmoinB salmanU et moins coûteux que les autres, mais leur fragiUté et la fusibilité de leuwbec^, sont des incoDyénients si graves , qu'on ne s'en sert jamais qu'en cas de nécessité*

On a cherché en différents temps a construire des appareils dont l'emploi fût beaucoup plus commode que celui du chalumeau ordinaire. De Saussubb* fixa sur une table un support auquel il adapta son chalumeau de manière à pouvoir le gouverner avec la bouche, en conservant ses mains libres. Je ne sache aucun cas où ce perfectionnement, soit d'une utilité remarquable. Il y a plus , les^ différences entre les divers modes de confln^ration dont on a besoin dans les essais au chalumeau tiennent à de si petites variations dans la position du beC| qu'il est impossible de les exécuter avec précision par des mouvements de la Ijouclie.

Haas fixa son ehaiuiiieau sur le bord d'une table, au moyen d'une agrafe à vis. Devant le bec était Mne bougie que Ton potirait hausser ou baisser au moyen d'un bouton ; et à peu de distance de cette boMgie, des pincettes à ressort tenaient à la hauteur du bec un morceau de charbon sur lequel on cbauSait b corps que l'on Youlatt examiner* li'appereil était en outre pourra d'une paire de

DE l'bMPLOI

mouchettes avec lesquelles ou accommodait la mèche toutes les fois que cela était nécessaire. L'opérateur pouvait alors disposer de ses deux

mains; mais à quoi bon ? Je ne sache pas de cas oi!L remploi du chalumeau de Uaâs oilre un avau- 'tage réel.

On s'est représenté rinsuiïïatioa au chalumeau comme une opération difficile , qui exigeait beaucoup de force dans les poumons , et pouvait être préjiidiciableà la santé. C'est en partie pour cette cause, et en partie parce qu'on ne saurait, sans quelque exercice préalable, arriver à soutenir convenablement et commodément T insufflation , que l'on a imaginé des appareils qui dispensent de souiller avec la bouche. Tels sont ceux d'EuR- MANN, de KoHLER, de MEusMi£a, d'AcHARDy de Marcet f de Brook et de Nbwman , au moyen desquels on produit en peftï les plus hautes températures par une insulllation artificielle d'air atmosphérique ou d'oxigène; mais comme l'usagejdeces appareils n'a aucun rapport avec Tobjet qui nous occupe 9 je m'abstiendrai d'en rendre compte.

Pour alimenter son chalumeau, Hassemfrats

employa, à Tinstar des cmailleurs, un soufflet qu'il faisait marcher avec le pied. J'ai vu en Angleterre un petit soufflet à deux ames qui se posait sur une table , et qu'on mettait en activité au moyeu d'une eorde de boyau qui s'attachait au

pied : le ehaXwmu était adapté à la partie fixe da

soufflet.

Nazen a imaginé de remplir une vessie d'air atmosphérique, et de diriger cet air sur la lampe au moyen d'an tabe recourbé qui se termine en pointe* On tient la vessie entre ses genoox , et on la comprimc pius ou moins selon le besoin; quand elle est vide d'air, on la remplit de nouveau avec la bouche, par Tintermédiaire d'un tube particulier, lequel est pourvu d'un robinet.

Par ces prétendus perfectionnements, Ton n'a fait que substituer des mouvements plus ou moiuiî embarrassants à une tension légère des muscles des joues; ceux qui les ont imaginés nous ont montré par cela même qu'Us ne savaient pas se 8er?ir du { lialumeau , et Ton peut dire qu'ils auraient eu autant de grâce à proposer l'emploi d'une vessie pour Jouer d'un instrument à vent. Concluons que tous les appareils de cette espèce sont d'une par^ faite mutilité.

m* Du OmbuiMk.

Toute flamme est bonne pour les essais au cha» . lumeau , pourvu qu'elle ne soit pas trop petite,

qu'elle provienne d'ailleurs d'une chandelle, d'une bougie ou d'une lampe. Engestroh et Bergman

employaient des chandelles et préférablemeDt des bougies ordinaires, munies d^une bonne nnèobe de cofon ^ et Bergman recommandait de courber la mèche , après qu'on l'ayait mouchée, daus le sens suivant lequel on voulait diriger la ilamme. La chandelle el la bougie ont cependant un inconyénient; c'est que la chaleur rayonnante émanée du corps que Ton essaie fait fondre d*un côté le suif ou la cire, et rend leur consommation trop prompte. D'autre part , une bougie ordinaire ne donne pas toujours le fm dont on a besoin. Ces circonstances conduisirent Gahh à remplacer la bougie ordinaire cl iini(|uc dont il se servait auparavant, par trois petites bougies pourvues de mèches épaisses , qu'il plaçait et faisait brûler ensemble dans un chandelier fait exprès. Ces trois bougies réunies donnaient un très-beau feu. Cependant la nécessité de commander toujours des bougies d'une espèce particulière pour ses expériences, fit qu'il s'en dégoûta, et substitua finalement à ce système une lampe munie d'une grosse mèche, dans laquelle il brûlait de l'huile d'olive. Toutefois, comme il ne pouvait pas emporter cette lampe dans ses excursions , il la remplaçait alors par de petites bougies qu'il brûlait par faisceaux de trois ou de quatre , selon les circonstances.

Les lampes ont, sans contredit, beaucoup d'avantage sur la chandelle on la bougie; mais elles

sont inco6|j9i9deâ.i, porler eu voyage , à .oaM^e de 1^ fueilitéavee k^uflUe Thuile a'ea échapp&.Golle qoe Ton y brûle de préftrenoe eit Thoile d'oliye;

on pourrait la remplacer par Thuile épurée de navette; mais celle-ci donne plus de iuraé^ e^ iOMas de ehaleur qa^ l^^tre*

La lampe je me sers a TavaDtag^ d*ètre transportabley et ferme si hermétiquement qoè Phuiie ne pent pa» d*en échapper. Gomme , de tous

les moyens d'obtenir une flamme appropriée aux essais, cette lampe est encore le meilleur que j'aie trouvé, et qu'elle est d'ailleurs plus commode à porter en voyage que ne le serait un paquet de bougies ou de tout autre combustible, je vais en donner la description.

La fig. 9, pl. H, représente la projection horizontale de la lampe. Mie est faite de tôle vernie ^ et a une forme légtoment conique; sa loBgoenr est de 4 ponoes ^; à son extrénnté pwtMeàrea^ elle a un pouce de diamètre, et est munie d'une douille destinée à recevoir la tige de laiton qui lui sert de support; cette douille est représentée en longueur, pl. Il, ûg. i(k À son extrémité antérieure, la lampe a de pouce de diamètre ; elle présente à sa eurface supérieure, vers cette même extrémité , une ouverture circulaire c, dont le diamètre est aussi de } de pouce environ. Cette ouverture est garnie d'un anneau de laiton soudé sur la boite, lequel a

de pouce de hauteur, et porte intérieurement un éeroa.Jja fig. 11 représente une aection de Fécroa et de la botte, par nn plan perpendiculaire à la

longueur de celle-ci. C'est par cette ouverture qu'on verse Thuile dans la lampe ; la mèche s'introduit dans un petit becoblong de fer-blanc, fixé 8ur une plaque ronde du même métal , qui entre à plat dans l'ouverture c. Ce fourreau ou bec de lampe est représenté fig. 12, en plan et en élévation b. L'anneau de laiton est un peu plue large que TouTerturede la lampe, enBorte.quela plaque qui porte le bec et la mèche peut tourner librement sur le bord saillant qui se trouve au fond de Tanneau. Lorsqu'on ne se sert plus de la kmipe, on recouvre le bec avec un couvercle , fig. 9, dj qui se visse dans récrou de l'anneau, et on calfeutre le joiiiL avec une peau que l'on a auparavant bien imprégnée de cire fondue. Quand le couvercle est vissé jusqu'au fotid, la peau se trouve comprimée entre ce couvercle et le bord supérieur de l'anneau, et la jonction est alors si parfaite, qu'après avoir essuyé la lampe , on peut la serrer où l'on veut sans craindre lee taches d'huile pour les objets avec lesquels elle ae trouve en contact. C'est ici le lieu de remarquer, V qu'aucune substance ne peut remplacer la cire dans laquelle on trempe la peau à calfeutrer ; 2"* que la vis ne doit pas être ext^ rieure à l'anneau, parce qu'alors la peau imprégnée de cire poserait sur la lampe dont le contact

DU CBàLOIIIAV.

la dessécherait , à cause de la chaleur qu'elle ac-* quiert durant k» opérations.

Pour se servir de la lampe , on la monte snr un support fait d'un gros Hl de laiton^ la figure i 3 ropréseute la lampe a sur son support 6 c. Sa longueur totale est dei2 ponces; maison peut le partager en deux pièces de six pouces chacune , au moyen d'une vis placée au milieu. Une autre vis située en bas sert à fixer le support dans une croix faite de deux plaques de laîton, longues de6 pouces et demi, et larges d'un demi-pouce. La figure 14 en représente le plan , et d fig. 13 , l'élévation. Pour tenir la lampe à une hauteur convenable, on se sert d'un bouchon f percé d'un trou , dans lequel le support entre à frottement , et que l'on peut hausser ou baisser à volonté. J'ai trouvé remploi de ce bouchon plus commode que celui des ressorts et des tIs placés dans la douille même.

Lorsqu'on ne se sert plus de la lampe , on peut

démonter l'apparoii, et les différentes pièces qui le composent se logent dans Tétui , de manière à occuper très-peu d'espace; le tout est d'un transport facile.

Dans les essais au chalumeau , on substitue quelquefois à la lampe ordinaire , une lampe à esprit-de-vin , particulièrement lorsqu'on opère dans des tubes de verre ou des matras, sur des corps

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dont on veut meUre en évidence leâ parties volatiles ; en pareit cas , la flamme alimentée par rhuile étant abandonnée à elle-même aurait le

double inconvénient de noircir le verre et de produire une chaleur trop faible. En revanche, la flamme de la lampe à esprit<-de»vin n'eat pasi.à beaucoup près , aussi ebaude que eelle de Thuile , 80U8 l'action du chalumeau. Pour lampe à espritde-vin I j'emploie une espèce de ilacon très-com-*mun en Angleterre, et dont le bonehon est suiu. monté d*un cbapeau de verre rôdé au tour. Apvèa. avoir deliouché le tïacon , je mets dans le col un bec ordinaire de fer-biancou d'ai^geat, qui porte ia mècbe; le chapeau empêche révaporation de Tat» oool, lorsque la lampe ne sert pas. La fig. i5 repré* sente une lampe de celte espèce.

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