‹ De l'emploi du chalumeau dans les analyses chimiques et les déterminations minéralogiquesChapitre 3 sur 179 · IV. De l'Itmfflation et de la Flamme · texte numérisé non relu

IV. De l'Itmfflation et de la Flamme

Lorsqu'on soufûe au chalumeau , ce ne sont pas les organes de la respiration qui agissent; ils ne pourraient pas soutenir un travail aussi continu ,

et tout effort de leur part deviendrait, à la longue, préjudiciable. Ce sont les joues qui font ici TofiUce de jMHiillets; la bouche se remplit d'air , et par la oontraetion des muselés des joues , cet air passe

dans le chalumeau. Cette opération, quelque sim-

DU GHALUMBAV. 27

fie qu'elle boU eu elle-même , présente au eoin**' nMacement une certaine difficulté qui provient de

l'habitude que l'on a de faire agir en soufflant tous les muscles qui servent à l'expiration. Cette dilEculté est du même ordre que celle que l'on éprouve lorsqu'on veut faire tourner à la fois, dans des dileetions opposées, la jambe droite et le bras droit. Il faut, en consi i pience, quelque temps d'un exercice gêaaut pour perdre l'habitude que Ton a da filtre jouer les muscles de la poitrine concurrem* ment avec les muscles des joues.

La chose à laquelle on doit s'attacher d'abord | est de tenir sa bouche pleine d'air durant une as-, sez longue alternative d'aspirations et d'expirations; maintenant il faut se représenter qu'il y a entre les lèvres une petite ouverture par laquelle l'air s'échappe y en sorte que les joues se rapprocheraient peu à peu , si l'entrée de la bouche demeurait fermée à l'air des poumons. Or, pour remplir le vide qui se forme, il sutlit de laisser entrer au moment de l'expiration assez d'air dans la cavité de la bouche pour rétablir la. tension des joues. Parce moyeu, l'air contenu dans la bouche se trouve toujours au même degré de compression , et sort d'une manière uniforme parla petiteouverture. Tel est le mécanisme de l'opération qui consiste à souffler au chalumeau : l'on peut ajooterque le courant d'air qui sort par le bec est ordinaire-

ment si ténu, qu*il n'est pas nécessaire de remplir la cavité des joues à chaque expiration. Cette opé* ration se fiiit d'abord avec quelque peine; après un ou deux jours d*exercice, on la trouve déjà plus facile, et au bout de quelque temps elle marche pour ainsi dire d'elle-même , sans que Ton ait besoin d'y donner la moindre attention^ et sans qne la respiration en soit aucunement gênée. La seule incommodité que l'on éprouve lorsque Ton est arrivé à ce point 9 est une lassitude dans les muscles des Joues» laquelle » indépendamment du manque d'habitude, tient à ce que les eommen<^nts serrent ordinairement l'embouchure du chalumeau plus « fort que besoin n'est , et ne ménagent pas assez leur Bouffîe.

Loisqueron saitentretenii le courant d'aird'une manière continue ^ il reste encore une étude à faire : c'est celle qui a pour objet de produire an ^fi fm en soufflant sur la flamme de la lampe; ceci exige la connaissance de la flamme et de ses diverses parties. Si l'on considère attentivement la flamme d'une chandelle , on y remarque plusieurs divisions inégales, parmi lesquelles on peut en distinguer quatre. La planche II, fig. 10, représente une flamme de chandelle abandonnée à elle-même. On voit àsa base une petite partie d'un bleu sombre^ a c , qui s'amincit à mesure qu'elle s'éloigne de là mèche, et disparaît entièrement là où la surface

Dli' CUALLMEAL. 29

extérieure de la flamme s'élève verticalement* Au milieu de la flamme, est un espace obscur , a d , qu'on aperçoit au travers de l'enveloppe brillante. Cet espace renferme les gaz émanés de la mèche lesquels n'étant point encore en contact avec Tair, ne peuvent pas se consumer. Autour de cet espace est la partie brillante de la flamme, ou la flamme proprement dite ; enûn , au dehors de celle-ci , on aperçoit, en regardant attentivement , une dernière enveloppe c e, peu lumineuse, et dont la plus grande épaisseur correspond au soinuiet de la flamme brillante. C'est dans cette partie extérieure que la combustion des gas s'achève^ et que la chaleur est la plus intense. En effet, si l'on introduit dans iallamme un fil fin de fer ou de platiue, on reconnaît que le point de ce hl où Tignitioa est la plusvive^ se trouve situé surlesconfinsdela flamme brillante, et dans l'enveloppe extérieure. Si le fil csl très-fui , bon diaiiiulro réel paraît singulièrement amplifié, et ce grossissement apparent, qui est un phénomène d'irradiation ( .du même genre que celui que les étoiles fixes nous présentent lorsque nous leur attribuons un diamètre appréciable), augmente à mesure que l'on s'approclie de la limite supérieure de la flamme bleue, en sorte que cette zone de transition , où l'air encore chargé de tout son oxygène commence à rencontrer la rianime, est le lieu du maximum de chaleur. Cela posé, si Ton dirige avec le bec du chalumeau un

30 AS L SMMAM

courant d'air dans le milieu de la tlamme (pl. Il, ûg« 17), oa voit apparaître devant l'ouverture du beo une flamme bleue ac, longue et étroite , qui eat la même que ae, dans la fig. 16; mais sa position relatiNC a changé : au lieu d'environner la ilamme, elle est maintenant concentrée dans son intérieur, où elle forme un petit cjliadre* Vers rextrémité antérieure de cette flamme bleue , eet le lieu de la plus haute température, de même que dans la flamme non activée par le chalumeau.

Mais tandis que dans celle-ci. ce lieu était une zone ou une circonférence de cercle^ il se réduit maintenant en un point incomparablement plus diaud, et capable de fondre ou de volatiliser des substances sur lesquelles la flamme livrée à eil^-même n'a qu'une action insensible* Cet énorme accroissement de température tient à ce que le chalumeau verse, sur un petit espace situe au milieu de la flamme, une masse condensée du même air qui auparavant ne touchait que sa surface, et s'étendait librement & tous ses points* Le changement opéré ici est en quelque sorte le même que si l'on avait tourné la flamme à renvers. D'autre part , la portion restante de la flamme brillante qui enyironne ici la flamme bleue y empêche la déperdition de la char leur produite.

Il faut une longue pratique pour reconnaître avec certitude le fMumnmm de chaleur» attendu que les

DL LUALlMEÂt. 31

diflerenta corps ont différents modes d'igniliou, tt que ÏQii est aisément trompé par la lumière qu'ils ômetteoU Pour atteindre CQmaximum il ne faut souffler ni trop fort ni trop doucement; dans le premier cas, la chaleur est enlevée aussitôt que produite par rioipétuositc du courant d*aip ; de plus, une partie de cet air s'échappe sans contribuer à la combustion; dans le second cas , il n'arrive pas assez d*air pour un temps donné. Une température très-haute est nécessaire, soit lorsqu'on veut éprouver la fusibilité des corps, soit lorsqu'on a à réduire certains oxides métalliques, qui perdent difficilement leur oxygène, tels que les oxîdes de fer ou d*étain. Mais les opérations pyrognostiques ne se bornent pas à obtenir la plus haute température possible, l'on a encore à produire d'autres phénomènes qui exigent une chaleur moins intense. Ces phénomènes sont l'oxidation et la réduetiou (pii s'eflectuent aisément Tune et l'autre, quoique diamétralement opposées.

Voxiilation a lieu lorsqu'on chauffe la matière d'essai devant la pointe extrême de la flamme, où toutes les parties combustibles sont bientôt saturées d*oxy gène; plus on Fécarte de la flamme , et mieux Toxidalion s^opère (pourvu que l'on puisse soutenir la température à un degré suffisant) ; une chaleur trop forte produit souvent le phénomène inverse I surtout lorsque la matière d'essai repose

9i DE L ËMl'LOl

Bnr du diarbon. L'oxidation est la plus active poa« sible au rouge naisBant. Il faut pour ce genre d'essai que le bec du cbalumeau ait une ouverture plua large que dans les autres cas*

Pour opérer la réduction, on se sert d'un bec fin qu'il ne faut pas engager trop avant dans la flamme de la lampe ; par ce moyen ^ on donne naissance à une flamme plus brillante , résultat d'une

comliLihtion imparfaite, dont les parties non encore consumées enlèvent Toxygène de la matière d'essai I que l'on peut considérer alors comme chaufllêe dans une espèce de gaz inflammable. Si dans cette opération elle se couvre de suie, c'est une preuve que le feu est trop fumeux , ce qui affaiblit considérablement Teifet de Tinsuiflation. L'on regardait autrefois la flamme bleue comme la flamme propre à la réduction des oxides; mais cette opinion est erronée ; c'est véritablement la partie brillante de la flamme qui produit la désoxidation; on la dirige sur la pièce d'essai , de manière à ce qu\;lle l'environne également de tous côtés et la mette à l'abri du contact de i'air.

Je le répète, c'est l'atmosphère combustible dans laquelle la matière d'essai est plongée, qui contribue le plus puissamment à sa réduction ; car celle qui est produite par le eharbon dans ses points

de contact avec Toxide , s'opère aussi bien dans la flamme extérieure que dans la flamme intérieure.

DU CHALUIIEAU.

Le puiiU le plus important dans les essais pyrognostiques est la faculté de produire à volooté l'oxidation et la réduction , et cette faculté s'acquiert promptement. L'oxidation est si facile que , pour apprendre à relTectuer, il sunil du précepte; mais la réduction exige plus de pratique et une certaii)e connaissance des divers modes de conflagration. Une manière très^avantageuse de s'exercer à faire un bon feu de réduction, est de fendre un petit grain d'étain , et de le porter jusqu'au rouge blanc sur du charbon , de telle sorte que sa surface conserve toujours l'éclat métallique: Tétai n a tant de disposition à s'oxider, qu'aussitôt que la flamme commence à se convertir en un feu d'oxidation , il se forme de l'oxide d'étain qui recouvre le métal d'une croûte infusible. On commence par opérer sur un très-petit grain d'élain , et l'on passe ensuite à des grains de plus en plus gros; plus la quantité d'étain que l'on peut ainsi maintenir à l'état métallique sous une haute température est considérable, et plus Ton est^expert en son art (1).

(1) si Yon jette sur une feuille de pnpier , dont les bonis sont retroussés , un senibla])lc grain d'étain mélalliquo in»

candcsccnt , ce grain se divise en phistcurs atitrrs qui sautillent çà et là sur le papier, et brûlent avec une lumière très-vive.

DJI L*BIIFLM

Page 1