C. Ulcérations fongueuses
Une ulcération fongueuse est ordinairement fongueuse dès son origine ; et , pour ma part , je n’ai jamais observé qu’elle fût le résultat de la transformation de simples érosions , ou même d’ulcérations bourgeonnées. Les ulcérations de cette sorte débutent habituellement dans l’intérieur même de la cavité du col , quelquefois au pourtour de son orifice, et puis, qar un développement excentrique, elles -peuvent envahir successivement toute la surface de l’organe (voir obs. 14). Leur fond, au lieu d’être déprimé ou situé au niveau des parties voisines restées saines, surplombe au contraire sur elles.
Il est constitué par des élevures irrégulières qui se pressent les unes contre les autres , et sont séparées par des sillons plus ou moins profonds n’affectant aucune disposition symétrique. Ces élevures ou fongosités, très-riches en vaisseaux sanguins, présentent ordinairement une teinte rouge sombre , livide , ou quelquefois rouge jaunâtre; elles saignent abondamment et avec une facilité extrême au ) moindre attouchement. Douées d’une certaine fermeté qui les rend j friables, elles se brisent plutôt que de se laisser déprimer lorsqu’on ii les presse suffisamment ; aussi le doigt promené à leur surface éprouvet-il une sensation analogue à celle que produirait une peau de eha- grin. Elles sont baignées par un liquide purulent jaune verdâtre et ï très-abondant (voir obs. 14). Le col sur lequel s’est développée une 8 semblable ulcération, est irrégulièrement tuméfié; son sommet, ordinairement plus volumineux que sa base, lui donne l’aspect d’un | champignon ( v. obs. 11 et 12). Le corps de l’utérus participe tou- I jours plus oumoins à 1 engorgement , et parfois on le trouve déme- • surément hypertrophié ( v. obs. 12). I
Un fait assez particulier , c’est qu’une telle affection ne se traduise |
le plus souvent au dehors par aucun symptôme général capable de fixer l'attention. Les malades maigrissent à Sa longue, éprouvent quelques douleurs et perdent quelques gouttes de sang pendant les rapports sexuels, et voilà tout. Ce qui le plus souvent les détermine à venir réclamer les secours du médecin , c’est l’écoulement blennorrhagique abondant qui les incommode et qui tache leur linge en jaune et en roux ; aussi ceo ulcérations peuvent-elles acquérir un développement et des dimensions tels que les autres en présentent rarement de semblables.
Lorsqu’on a affaire à une ulcération de cette nature, il ne faut pas hésiter à recourir de suite, soit au fer rouge, soit à un caustique énergique, comme par exemple le mélange solidifié de potasse et de chaux. M. Richet, qui a souvent eu l’occasion de les employer tous deux , s’est également bien trouvé dans ces cas de l’un et de l’autre, et ne sait encore auquel des deux il accorderait la préférence s’il lui fallait absolument opter. Je ferai cependant remarquer que lorsqu’on choisit le cautère actuel , il est extrêmement rare qu’on ne soit pas obligé de répéter l’application jusqu’à trois et quatre fois , tandis qu’avec le caustique Filhos , une seule application suffit dans la majorité des cas; aussi, pour ma part, je n’hésite pas à donner la préférence à ce dernier. Si l’on se contentait d’un agent dont l’action n’est que superficielle, comme le nitrate d’argent et le nitrate acide de mercure , le moindre des inconvénients serait de perdre beaucoup de temps sans aucun avantage pour la malade (v. obs. il et 13 ) , et , dans certains cas même , ce serait uu coup de fouet ne servant à rien autre chose qu’à donner une nouvelle activité au développement des fongosités (v. obs. 14). Chez les quatre malades dont je donne ci-après les observasions détaillées, la durée moyenne du traitement, à dater de la cautérisation au caustique Filhos, a été de quarante-trois jours. Lorsque l’application a été bien faite, il est rare qu’on soit obligé d’y revenir une seconde fois, a moins que l’ulcération ne soit pas trop étendue, comme l’observation 14 en
fournit un exemple. Chez la malade qui en fait I objet, le caustique fut appliqué deux fois , à six semaines d’intervalle.
XIe OBSERVATION.
Ulcération fongueuse avec engorgement du col et du corps de l’utérus ; inefficacité du nitrate d’argent. Guérison trente-huit jours après une seule cautérisation avec le caustique Filhos.
P... (Esther-Nathalie), âgée de vingt ans, tempérament nerveux, bonne constitution, entrée, le 29 mars 1851 , salle Saint- Alexis , n° 38. Réglée à douze aus, et depuis très-régulièrement; à dix-sept ans elle accoucha d'un enfant à terme. Sa grossesse et son accouchement furent très-heureux, elle ne commit aucune imprudence après ses couches ; pendant les trois jours qui précèdent et les trois autres qui suivent son écoulement menstruel, elle perd abondamment en blanc; elle n’a jamais eu de pertes de sang, et assure n’avoir jamais contracté ni vaginite ni chancre. Cette femme, ne souffrant en aucune façon, ne supposait pas qu’elle pût être malade, lorsque, se trouvant dans un hôtel garni au moment où la police y faisait une descente pour saisir des femmes de mœurs suspectes et soupçonnées malades, elle fut englobée avec les autres et expédiée à Lourcine. On constate au toucher que le col, doué d’une mobilité assez grande, présente beaucoup de consistance; lorsqu’on promène le doigt sur sa surface, on éprouve une sensation analogue à celle que fournirait une peau de chagrin. Spéculum : le col est volumineux; diamètre antéro-postérieur, 0m,040; diamètre transverse, 0m,035. Une ulcération fongueuse occupe la majeure partie de sa portion sousvaginale; le fond de cette ulcération est mamelonné et fongueux, les fongosités saignent facilement au moindre attouchement. Sous l’influence de la cautérisation au crayon de nitrate d’argent, pratiquée pendant tout le mois d'avril, les fongosités, loin de disparaître, ont semblé au contraire montrer plus d’activité dans leur accroissement. — Le 1er mai. On constate au toucher que le col de 1 utérus présente, dans sa portion sous-vaginale, une tuméfaction considérable, qui porte plutôt sur le sommet que sur la portion qui avoisine le corps de l’utérus, de telle sorte que le col représente un champignon, dont le chapeau serait tourné du côté de la vulve, et le pédicule du côté du corps de l'utérus; le corps de 1 utérus est considérablement développé, il touche l’angle sacro-vertébral. Le toucher par le rectum permet de constater ce développement du corps utérin, qui, du reste, se trouve dans sa direction normale. Spéculum : les fongosités sont plus développées qu’à l’époque de l’entrée de la malade; l’hystéromètre marque
0ra,070. Le caustique Filhos est appliqué au centre même de l’orifice, on le laisse deux minutes en place; la malade dit éprouver une légère douleur dans le ventre pendant la cautérisation, et après il s’écoule un peu de sang : le caustique a fusé sur la paroi latérale gauche du vagin. (Repos au lit.) — Le 13. Le soir du jour où la cautérisation fut pratiquée, la malade accusa quelques coliques dans le côté gauche; ces coliques ont été de courte durée, elles ont disparu pendant la nuit* et ne sont plus revenues. Il s’écoula un peu de sang par le vagin pendant trois jours ; les jours suivants, le flux de sang a été remplacé par un écoulement séreux jaunâtre qui persiste encore aujourd’hui, mais à un très-faible degré : elle garda le lit pendant huit jours. — - Le 16. L’ulcération, concentrée vers l’orifice, est parfaitement lisse; çà et là, surtout vers la circonférence, on aperçoit de petits îlots de cicatrice recouverts d’une pellicule blanche; si l’on entr’ouvre les deux lèvres du col, on voit sortir un liquide muqueux mélangé de sang; il existe une perte de substance arrondie et creusée en infundibulum. L’hystéromètre marque 0m,083. — Le 23. La cicatrisation continue à rétrécir la surface ulcérée. — Le 31. On accélère la cicatrisation en touchant légèrement avec le crayon les bourgeons de bonne nature qui ont remplacé les fongosités. — Le 6 juin. Diamètre antéro-postérieur du col, 0m,034 ; diamètre transverse, 0m, 036 ; l’hystéromètre marque 0m,063. Au toucher, l’utérus ne présente aucune déviation; son volume a beaucoup diminué depuis le commencement du traitement. — Le 8 , la malade sort parfaitement guérie.
XIIe OBSERVATION.
Ulcération fongueuse avec engorgement du col et du corps; une seule application du caustique Filhos ; phlegmasie consécutive du tissu cellulaire péri-utérin , terminée par résolution. Guérison, trente-cinq jours après la cautérisation.
P... (Rosalie), âgée de vingt ans, d’un tempérament nerveux, d’une constitution assez bonne, entrée, le 15 mai 1851 , salle Saint- Alexis, n° 16. Réglée pour la première fois à quatorze ans, la menstruation, chez elle, a toujours été peu régulière, elle fut une fois six mois sans voir; malgré cela, elle a toujours joui d’une santé générale assez bonne, elle n’eut jamais de pertes de sang. Au mois d’octobre de l’année dernière, elle accoucha à sept mois et demi de grossesse, huit jours après, elle put reprendre ses travaux. Depuis cette époque, ses règles ont été plus abondantes, et, dans l’intervalle, elle a constamment eu un écoulement blanc, mais en petite quantité. Elle ne paraît, du reste, avoir éprouvé aucun dérangement dans sa santé; elle ne souffre nulle part : le seul changement qui soit survenu dans sa constitution est un amaigrissement assez notable. Elle présente plusieurs
petits chancres à la vulve, et c'est cette seule affection qui l'a déterminée à entrer à l’hôpital. — Le 16. On constate au toucher que la portion sous-vaginale du col est allongée, et est disposée sous forme de champignon. Le tissu du col est mou vers le centre; mais, au pourtour, il offre la dureté ordinaire de l’engorgement; le corps de l'utérus, qui paraît être très- volumineux, est enfoncé dans le petit bassin en arrière, où il appuie sur le sacrum. Spéculum : le col présente un accroissement de volume qui porte plus spécialement sur l’extrémité des deux lèvres, de sorte que sa portion sous-vaginale représente un champignon, dont le pédicule s’insère sur l’utérus. Diamètre antéro - postérieur, 0m,035 ; diamètre transverse, id. Les deux lèvres, très-volumineuses, sont ulcérées, et présentent à leur sommet des fongosités d’un aspect rouge brun ; l’ulcération se prolonge dans l’intérieur du col. Le liquide qui s’écoule de l’utérus est muqueux, de couleur blanc jaunâtre, et bien évidemment mélangé de globules purulents. L’hystéromètre marque 0ni,080. (Application du caustique Filhos, dans l’intérieur même de la cavité du col, pendant deux minutes.) La malade ne manifeste aucune douleur pendant la cautérisation. Pendant les quatre jours qui suivirent, il ne se manifesta aucune douleur dans le ventre; écoulement de sang d’abord, puis de sérosité roussâtre, mais en petite quantité. — Le 20. On permet à la malade de se lever. — Le 31. L’hystéromètre marque 0m,065. Quelques bourgeons charnus de bonne nature sont réprimés avec le nitrate d’argent. — Les jours suivants, il se développe une congestion inflammatoire dans le tissu cellulaire qui se trouve entre l’utérus et le rectum ; à l’aide du toucher, on put constater une sorte d’empâtement ayant son siège dans ce point; douleurs intenses dans les régions hypogastrique et iliaque droite. — Le 1er juin. On applique un large vésicatoire sur l’hypogastre. — Le 2. 15 sangsues aux aines. — Le 6. Les règles surviennent, coulent abondamment, et procurent beaucoup de soulagement. — Le 13. Spéculum ; il n’y a plus trace d’ulcération, l'orifice du col est un peu rétréci; le tissu cicatriciel, en se rétractant, lui a donné un aspect froncé. Diamètre antéro-postérieur, 0m,025; diamètre transverse , 0m,030 ; l’hystéromètre marque 0m,066. — Le 20 juin, diamètre antéro-postérieur, 0m,022 ; diamètre trausverse, om,030; i’hystéromètre marque 0m,060. La malade, qui ne souffre plus en aucune façon, sort parfaitement guérie, et de son ulcération, et de ses accidents syphilitiques; car, pendant son séjour à l’hôpital, on lui a fait suivre un traitement mercuriel.
XIIIe OBSERVATION.
Ulcération fongueuse avec engorgement du corps et aniéfiexion de Putérus; cautérisations avec le nitrate d’argent pratiquées inutilement pendant deux mois, une seule application du caustique Filhos; congestion inflammatoire de l’utérus survenue consécutivement. Guérison quarante-sept jours après la cautérisation.
G... (Rosalie), âgée de vingt et un ans, tempérament lymphatique, constitution scrofuleuse, entrée, le 8 mars 1851 , salle Saint-Alexis, n° 30. Réglée à dix-sept ans, et depuis très-régulièrement; jamais de pertes de sang. A vingt ans, elle avorta au bout de quatre mois de grossesse; au mois d’octobre de l’année dernière, elle accoucha à terme d’un enfant faible, qui mourut dix-sept jours après. Le spéculum fait découvrir une ulcération fongueuse occupant les deux lèvres du col, et se prolongeant dans la cavité de cet organe. On employa sans succès la cautérisation avec le crayon de nitrate d’argent, répétée une fois par semaine jusque dans les premiers jours du mois de mai, c’est-à-dire pendant près de deux mois. — Le 2 mai. Toucher : on constate que le col de l’utérus est un peu dévié à gauche; le corps peut être apprécié dans toute son étendue à travers la paroi antérieure du vagin. Si eu même temps ou pratique la palpation abdominale, on trouve le fond de l’organe porté en arrière de la symphyse du pubis, de telle sorte que la main qui appuie sur la paroi abdominale parcourt facilement toute l’étendue de la face postérieure de l’utérus; on peut ainsi apprécier facilement le volume de l’organe, qui paraît doublé : il y a donc une antéflexion très-prononcée; cette exploration est douloureuse pour la malade. Spéculum: une ulcération fongueuse, saignaut avec facilité, occupe les deux lèvres, et se prolonge dans l’intérieur de la cavité du col ; elle présente un aspect blafard lorsqu’on l’a bien détergée. Le col est peu volumineux, 0m,025 pour tous ses diamètres. Le cathétérisme n’est possible qu’autant que le corps de l’organe a préalablement été réduit, ce qui se fait avec assez de facilité; l’hystéromètre marque Qm,075. Application du caustique Filhos dans la cavité du col, pendant deux minutes; la malade n’éprouve aucune douleur. — Le 13. Le jour même de la cautérisation, la malade perdit un peu de sang; le lendemain et les jours suivants, il n’y eut pas de lièvre; écoulement séro-purulent jaunâtre, qui persiste encore aujourd’hui. — Le 20. L’ulcération est cicatrisée partout, excepté sur la lèvre postérieure, au niveau de la commissure droite. À cet endroit, se trouvent de petits bourgeons charnus de bonne nature, que l’on réprime avec le crayon de nitrate d’argent. — Le 23. La malade accuse des douleurs accompagnées de pesanteur
1852. — Dubreuil. $
dans le bassin, premiers symptômes d’une congestion inflammatoire de l’utérus,, pour laquelle on fut obligé, les jours suivants, de pratiquer 2 saignées de 300 gr. chacune, et de recourir à une application de 15 sangsues sur la partie de l’abdomen correspondant à la région ovarique gauche, ouïes douleurs semblaient s etre concentrées. Ces douleurs persistèrent jusqu’au 10 juin, un vésicatoire les enleva sans retour. — Le 18. L’hystéromètre marque 0m,085; l’antédexion persiste, mais il n’y a plus trace d’ulcération sur le col. La malade, qui ne souffre plus, sort guérie un mois et demi après l’application du caustique.
■XIVe OBSERVATION.
Ulcération fongueuse avec engorgement du col et du corps, antéversion avec un léger degré d’obliquité latérale droite ; cautérisations avec le nitrate d’argent pratiquées inutilement pendant un mois, deux applications successives du caustique Filhos.
L... (Eugénie), âgée de vingt-trois ans, tempérament lymphatique et nerveux, bonne constitution, entrée, le 5 avril 1851 , salle Saint-Alexis, n° 18. Celte femme, réglée pour la première fois à dix-sept ans, fut chlorotique pendant les quatre années qui ont précédé la menstruation; celle-ci, d’abord très-irrégulière, ne s’établit définitivement que vers l’âge de dix-neuf ans. A vingt ans, perte de sang qui dura douze jours : cette perle survint à la suite d’une période menstruelle; la malade a toujours eu des fiueurs blanches abondantes. A vingt et un ans, elle accoucha à terme d’un enfant très-faible; à quelque temps de là, elle contracta la syphilis, et suivit un traitement mercuriel pendant deux mois. Depuis cette époque, un écoulement vaginal , tachant le linge en jaune clair, a toujours persisté. Elle dit n’avoir jamais éprouvé de douleurs soit dans les lombes, soit dans les régions hypogastrique et ovariques; c’est pour son écoulement seul qu’elle entre à l’hôpital. Toucher: le col est très-volumineux, il est fongueux, et d’une configuration très-irrégulière; il est dirigé en arrière et à gauche du côté du rectum, tandis que le fond de l’utérus est situé derrière la symphyse, un peu à droite. En pratiquant le palper abdominal conjointement avec le toucher vaginal, on peut saisir le corps de l’utérus, qui paraît sensiblement augmenté de volume. Spéculum : la lèvre postérieure, extrêmement volumineuse, est couverte de fongosités d’une coloration rouge jaunâtre, lesquelles saignent avec une très-grande facilité; la lèvre antérieure ne présente guère en volume que les deux tiers de la précédente, elle est également recouverte de fongosités. A sa base, et à gauche (le la ligne médiane, on trouve une fongosité isolée, qui diffère des autres par sa coloration blanche au centre, violacée à la circonférence; elle a le volume d’une
petite noisette. L’oriHce du col est perdu au milieu des végétations fongueuses, qui le dissimulent sans l'oblitérer ; il dorme issue à un écoulement abondant de muco-pus. Diamètres antéro-postérieur et transverse, 0m,040 ; hysléromètre , 0m,070. Cette ulcération fongueuse fut traitée inutilement par la cautérisation au nitrate d’argent, pendant un mois. — Au 1er mai, tous les caractères ci-dessus décrits persistaient, et étaient même plus prononcés. Le caustique Filhos, introduit dans la cavité du col, fut maintenu appliqué pendant deux minutes ; la malade ne parut éprouver aucune sensation; un écoulement de sang noirâtre, assez abondant, suivit la cautérisation. — Le 13. Le jour même de la cautérisation, des douleurs sourdes se sont fait sentir dans la région lombaire; ces douleurs ont persisté au même degré pendant huit jours. Pendant les deux premiers jours, écoulement de sang par le vagin, léger mouvement fébrile ; au flux sanguin, succéda un écoulement séro-purulent jaunâtre , qui persiste encore aujourd’hui. La malade a constamment gardé le lit pendant huit jours. — Le 31. La plupart des fongosités sont affaissées; mais plusieurs persistent encore avec un mauvais aspect, et saignent toujours facilement. Cautérisation avec le crayon de nitrate non-seulement de toute la surface du col, mais encore de toute la cavité de cet organe. — Le 6 juin. Nouvelle cautérisation superficielle avec le nitrate d’argent. —-Le 13. La malade perd un liquide jaune verdâtre et assez consistant; c’est un mélange de mucus altéré et de pus. Les deux cautérisations avec le nitrate d’argent n’ayant produit aucun résultat avantageux, on revient au caustique Filhos, que l’on promène sur le col et dans la cavité pendant une minute et demie ; après cette seconde application du caustique, la malade garda le lit huit jours, et tout se passa comme après la première. — Le 27. L’aspect fongueux et l’état saignant du col ont disparu ; on remarque plusieurs points de cicatrice disséminés çà et là. On introduit un tampon de ouate contenant 2 grammes de poudre de tannin, on le laisse en contact avec la surface ulcérée pendant vingt-quatre heures. — Le 30. Le cicatrice ne tardera pas à être complète; l’écoulement est presque entièrement tari. Diamètre antéro-postérieur, 0m,032; diamètre transverse, Om,G37 ; liystéromètre, 0ra,069. La malade, en très-bonne voie de guérison, demande sa sortie, qui lui est accordée.
Cette observation nous présente une ulcération fongueuse arrivée à ce que I on peut appeler l’apogée de son développement ; aussi le nitrate d’argent, employé contre elle pendant un mois, fut-il d une inefficacité complète, et c’est à peine si deux applications du caustique Filhos, pratiquées à six semaines d’intervalle, ont pu triompher d’elle.
D. Ulcérations suites de couches .
Tous les auteurs qui ont écrit sur les affections du col de la matrice signalent parmi les causes de l’ulcération de cet organe les grossesses antécédentes; mais aucun d’entre eux n’a fait ressortir les caractères particuliers qui lui sont propres en cette circonstance et permettent toujours de la distinguer, caractères cependant assez tranchés pour que dans leur ensemble le médecin puisse lire, au premier coup d’œil , le nom de la cause déterminante.
;g§ L’in terne qui m’a précédé dans le service de M. Richet, M. Coffin, a donné une large place dans sa thèse (1851) à l’ulcération du col considérée pendant Fétat de grossesse ; il est arrivé aux conclusions suivantes :
1° Qu’il existe chez les femmes enceintes à peu près toutes les formes d’ulcération du col que l’on trouve chez les femmes hors l’état de gestation ;
2° Que ces ulcérations ont, par suite de l’état de l’utérus, une grande tendance à devenir fongueuses ;
3° Que les ulcérations fongueuses ordinaires rendent l’avortement
4° Quand les ulcérations pénètrent dans le col et présentent les caractères des ulcères destructeurs de cet organe , l’avortement est
assuré.
Si le plus souvent les ulcérations dont je m’occupe en ce moment succèdent à l’accouchement , quelquefois aussi elles ne sont que la continuation des ulcérations dont s’est occupé M. Coffin ; mais alors on les trouve tellement modifiées par le fait seul de l’accouchement ou de l’avortement , qu’elles ont semblé à M. Richet devoir mériter un nom particulier.
Chez les femmes qui en sont atteintes , on trouve au toucher le col et le corps de l’utérus volumineux; le centre du col est mou, tandis que la périphérie a conservé une certaine consistance œdé-
ma (eu se ; l’orifice béant et irrégulier livre facilement entrée à tontela troisième phalange du doigt indicateur.
Le spéculum montre une ulcération qui présente habituellement l’étendue d’une pièce de 2 francs , occupe les deux lèvres et remonte dans la cavité du coi. La partie centrale, celle qui occupe la cavité, et que l’on ne peut apercevoir qu’en écartant suffisamment l’une de l’autre les valves de l’instrument, est recouverte de petites fongosités molles et saignant avec facilité ; tandis que la partie extérieure, celle qui frappe tout d'abord, est couverte d’éminences mamelonnées assez lisses à leur superficie , et séparées en autant de groupes par des fissures profondes affectant au pourtour de l’orifice une disposition régulière, laquelle donne au col un aspect rayonné et segmenté. La circulation veineuse de l’organe malade est entravée, comme l’indiquent la coloration rouge bleuâtre de la surface ulcérée, l’aspect violacé des parties voisines, et quelquefois la dilatation variqueuse des veines superficielles. Le cathétérisme de l’utérus se fait avec une facilité extrême , les deux cavités du col et du corps communiquant largement ensemble.
Si, après avoir constaté tout cela , on interroge ensuite la malade sur ses antécédents et sur les symptômes qu’elle a éprouvés, on peut être sûr à l’avance qu’elle répondra qu’elle est accouchée depuis un temps qui peut varier entre trois, six, neuf mois, et même plus; qu’elle n’a pu nourrir son enfant, faute de lait, ou parce que la sécrétion de ce liquide a promptement cessé chez elle , à mesure qu’un écoulement blennorrhagique devenait de plus en plus abondant; que depuis cette époque elle éprouve des douleurs gravatives dans le bassin, avec retentissement dans les parties circonvoisines ; que ses périodes menstruelles n’ont pas reparu , ou qu’elles sont très-irrégulières ; qu’elle a bon appétit, et cependant maigrit beaucoup et se fatigue facilement ; que son caractère a changé au point qu’elle s ennuie de tout et se contrarie pour le motif le plus futile.
Si, chez une telle malade, on cautérise l’ulcération soit avec le nitrate d’argent , soit avec le nitrate acide de mercure , il est rai e que
l’on arrive à quelque résultat satisfaisant. Après une seule application du caustique Filhos , au contraire , on voit la cicatrisation marcher rapidement ; et en même temps que Forifice du col se resserre, que les diamètres de cet organe diminuent , que le corps de l’utérus revient à son état normal , on voit aussi les symptômes généraux disparaître , la santé s’améliorer, et l’appétit ne plus rester stérile.
Ces ulcérations sont mixtes dans leur nature. Supposez un instant deux ulcérations de même dimension, dont l’une soit bougeonnée et l’autre fongueuse; superposez -les par la pensée, de manière qu’elles se pénètrent toutes deux sans cependant se confondre entièrement ; supposez enfin que la scène se passe sur un col déformé , déchiqueté par un accouchement plus ou moins récent , et vous aurez une ulcération semblable à celles qui font le sujet des trois observations suivantes. .
XVe OBSERVATION.
Ulcération, suites de couches; engorgement du col et du corps de l’utérus. Guérison, trente-huit jours après une seule application du caustique Filhos.
L... (Marie), âgée de trente-deux ans, d’un tempérament lymphatique et nerveux, d’une constitution scrofuleuse, entrée, le 3 mai 1851, salle Saint-Bruno,
n° 14. Réglée pour la première fois à dix-sept ans; dans son enfance, elle eut des
ulcères, probablement strumeux, aux deux jambes; ces plaies, dont les cicatrices sont encore apparentes, se fermèrent après l’apparition des règles, et ne se sont pas ouvertes depuis. Mariée à dix-huit ans, elle n’eut qu’un enfant, au bout de douze ans de mariage; l’accouchement fut très-long, mais naturel; les suites de couches furent très-heureuses; elle ne commit, dit-elle, aucune imprudence. Assez sujette à de légères indispositions, elle n’a jamais été atteinte de maladie grave. Il y a huit ans, c’est-à-dire six ans avant ses couches, elle dit avoir été saignée pour une inflammation de matrice; elle a remarqué que depuis sa couche, elle se fatigue plus facilement que par le passé ; elle éprouve des pesanteurs et des élancements dans le siège ; les grands bains la soulagent beaucoup.
Aujourd hui , 3 mai, elle se plaint surtout de douleurs gravatives et profondes, ayant leur siège dans la région lombo-sacrée ; ces douleurs se calment pendant 1 attitude assise. De temps à autre, elle éprouve des tiraillements d’estomac, son
appétit diminue de jour en jour; elle a, dit-elle, beaucoup maigri; flueurs blanches très-abondantes. Toucher : le segment inférieur de l’utérus est considérablement engorgé, et cet engorgement porte en même temps sur les deux lèvres ; la postérieure est comme déchiquetée; l’antérieure, au contraire, paraît assez lisse. Le col est entrouvert, et permet l’introduction du doigt jusqu’à la seconde phalange. Le corps de l’utérus paraît très-volumineux ; par la palpation abdominale pratiquée conjointement avec le toucher vaginal, on peut constater la présence de son fond au-dessus du pubis. Pendant cette exploration, la malade dit éprouver de la douleur dans le bas-ventre. Spéculum : le col, rouge et congestionné, présente à son sommet une ulcération qui occupe surtout la lèvre postérieure, sur laquelle on observe des fissures rayonnées qui la divisent en autant de segments : les côtes d’une orange dépouillée de son péricarpe peuvent donner une assez bonne idée de cette disposition. Par la lèvre antérieure, l’ulcération présente des enfoncements en forme de cupule, comme si des granulations avaient existé là autrefois et s’étaient ulcérées. Cette ulcération saigne peu, et se prolonge évidemment dans l’intérieur du col, ce que l’on constate en écartant Pune de l’autre les deux valves du spéculum. La pince hystéromètre donne 0m,040 pour tous les diamètres, et Pbystéromètre marque Ûm,08ô. — Le 7. Le caustique Filhos est introduit dans l’intérieur de la cavité, et maintenu appliqué pendant deux minutes ; la malade paraît éprouver une légère douleur. Le soir, saignée de 3 palettes. Le lendemain de la cautérisation , la malade éprouva quelques douleurs dans la région lombaire; les jours suivants, les douleurs devinrent erratiques, apparaissant tantôt dans le bas-ventre, tantôt dans Pune ou l’autre des régions iliaques. Les deux premiers jours , elle perdit un peu de sang par le vagin; les jours suivants, le flux de sang fut remplacé par un écoulement séreux rougeâtre. — Le 12. La malade, qui assure ne pas souffrir lorsqu’elle reste couchée, accuse des douleurs lorsqu’on palpe l’abdomen. (Un grand bain prolongé.) — Le 14. L’eschare tombe au moment où le spéculum est introduit; au-dessous on trouve une plaie d’un rouge vif, non saignante, à surface lisse, et baignée par un liquide purulent ; le col a subi une déperdition de substance qui lui donne l’aspect d’un entonnoir. — Le 16. La malade se plaint d’éprouver des douleurs plus vives dans le fondement et le bas-ventre; le toucher démontre que 1 utérus est très-volumineux, très-sensible à la pression, qu’il y a augmentation de chaleur dans le fond du vagin ; le pouls est fort, et donne 80 pulsations. (Une saignéé de 300 gr.) — Le 19. On permet à la malade de se lever. ■ — Le 21. Spéculum : l’ulcération n’existe plus à la surface, les fissures ont disparu , ainsi que les cupules ulcérées ; le tout est remplacé par un tissu de cicatrice légèrement rosé» Le col est creusé en infundibulum ; en écartant les lèvres, aussi loin que la v
peut plonger dans l’intérieur de l’organe, on ne rencontre plus l’aspect fongueux, mais seulement une surface unie, d’un beau rouge, et partout en voie de cicatrisation. Le corps de l’utérus a considérablement diminué de volume ; l’hysléroraètre marque 0m,060. On permet à la malade de quitter l’hôpital, mais après lui avoir fait promettre de revenir à la consultation. Elle revint en effet le 14 juin, et l’on constata une guérison définitive; l’utérus avait repris son volume ordinaire, la malade avait recouvré son appétit et une partie de son embonpoint.
XVIe OBSERVATION.
Ulcération, suite de couches avec, antéflexion. Guérison de l’ulcération , soixante-six jours
après une seule application du caustique Filhos.
G... (Marie), âgée de vingt-quatre ans, d’un tempérament lymphatique, d’une assez forte constitution, entrée, le 16 janvier 1851 , salle Saint-Alexis, lit n° 9. Sans maladie grave antérieure, réglée pour la première fois à seize ans; depuis cette époque, ses règles ont paru très-régulièrement, du moins jusqu’à l’àge de vingt-deux uns. A dix-huit ans, elle accoucha à terme d’un enfant bien portant, l’accouchement fut naturel; à vingt ans, second accouchement à terme. Elle commit l’imprudence de se lever au bout de deux jours, pour se livrer à ses travaux habituels; obligée bientôt de reprendre le lit, elle le garda pendant deux semaines, mais non continuellement. Quoique imparfaitement rétablie, la nécessité la contraignit à travailler; sa santé resta languissante pendant une année entière. A vingt-deux ans, après un retard de deux semaines, ses règles apparurent, et se transformèrent en une perte qui dura quinze jours ; cette perte l’affaiblit au point qu’elle ne pouvait se tenir debout. Elle fut traitée, à l’Hôtel-Dieu, par M. Louis. Il y a un an, à la suite de rapports sexuels prolongés, il se déclara un écoulement par le vagin, écoulement peu abondant, mais très-épais, et qui tachait son linge en jaune. Cet écoulement ne l’incommodait en aucune façon, aussi le négligea-t-elle presque complètement. Neuf mois après, elle accoucha pour la troisième fois ; son écoulement persista après ses couches , et comme elle éprouvait en même temps des douleurs dans la région lombo-sacrée, avec pesanteur dans la matrice, et une sorte de courbature générale, qu’elle se sentait souvent défaillir, elle se décida à entrer à l’hôpital de Lourcine. — Le 17. Toucher : on constate que le col de l’utérus est porté à gauche ; son tissu est assez ferme, si ce n’est au centre, où il présente un peu de ramollissement. Le corps de l’utérus, très-facile à apprécier à cause de la souplesse du ventre, paraît avoir doublé de volume; il est auléiléchi à un tel point, que le fond touche presque la symphyse pubienne.
Le doigt reconnaît facilement le sillon transversal qui sépare en avant le col du corps, il peut parcourir toute la face antérieure de l’organe; tandis que l’autre main, en déprimant la paroi abdominale, eu explore toute la face postérieure; l’antéflexion ne permet pas l'introduction de la sonde hystéromètre. Spéculum : le col de l’utérus ne présente pas un volume très-considérable , il est le siège d’une ulcération de la largeur d’une pièce de 2 francs, occupant les deux lèvres , avec cette distinction qu’à la lèvre antérieure l’ulcération est d’un rouge vif, à surface bourgeonnée; les bourgeons sont séparés par des sillons radiés, disposés symétriquement autour de l'orifice du col, à la mauière des rayons d’une roue; tandis qu’à la lèvre postérieure, la surface ulcérée est plane : la couleur rouge vif de l’ulcération contraste avec la teinte simplement rosée des parties saines. Lorsqu’on écarte les valves du spéculum, et qu’on entr’ouvre ainsi l’orifice du col , on observe que l’ulcération se prolonge aussi loin que la vue peut plonger dans l’intérieur de la cavité, et qu elle y présente quelques fongosités qui saignent au moindre attouchement. Diamètre antéro-postérieur, Üm,030 ; diamètre transverse, 0m, 033. L’application du caustique Filhôs est faite au centre du col, de manière à ce que le crayon pénètre de 1 centimètre et demi entre les lèvres; on prolonge le contact pendant deux minutes, la malade accuse quelques légères douleurs. Repos au lit. — Le 18, la douleur qui suivit la cautérisation disparut après trois heures. — Le 19. Apparition des règles; la malade ne les attendait que pour les premiers jours de février, elles durèrent cinq jours. — Le 24. Au toucher, on constate que le col est assez mou, et que son orifice permet l’introduction de la troisième phalange du doigt indicateur; au spéculum, on trouve l’orifice du col béant, son pourtour est déchiqueté, une auréole rougeâtre le couronne et tranche avec la pâleur des parties voisines; l’ulcération est cicatrisée dans toutes les parties accessibles à la vue, elle persiste encore dans l’intérieur du col. Diamètre antéro-postérieur, 0m,030 ; diamètre transverse, 0m,033. — Le 7 février, le col présente un aspect légèrement violacé, l’ulcération persiste encore dans la cavité, mais à un très-faible degré. — Le 24 mars, la malade sort guérie, soixante-six jours après l’application du caustique.
XVIIe OBSERVATION.
Ulcération, suite de couches, engorgement du corps de l’utérus. Guérison vingt-sept
jours après l’application du caustique Filhos.
N... (Claudine-Joséphine), âgée de vingt ans, couturière, d un tempérament nguin, d’une bonne constitution, entrée à l’hôpital, le 23 juin 1851, salle Saîni-
1852. — Dubreuil.
Alexis, lit n° 35. Cette il H e , sans maladie grave antérieure, fut réglée à douze ans, et depuis très-régulièremet jusqu’à l’âge de dix-neuf ans, époque où elle devint enceinte. Au mois de mars dernier, elle accoucha à terme d’un enfant bien portant ; elle ne commit aucune imprudence à la suite de ses couches, qui ne furent marquées par aucun incident extraordinaire; elle put reprendre son travail au bout de vingt jours. Mais, depuis ce moment, ses règles ne sont pas revenues, elle perd abondamment en blanc, éprouve dans le bas-ventre des douleurs qui ne lui permettent pas de faire une longue course, et dit avoir maigri beaucoup. — Le 4 juillet. Au toucher, on trouve le tissu du coi mou, son orifice entrouvert permet l’introduction de l’extrémité du doigt; les lèvres sont séparées sur le côté gauche par une fissure profonde; l’utérus n’est pas déplacé, mais il est volumineux. Le spéculum fait découvrir une ulcération à bords irréguliers, occupant les deux lèvres du col, et couverte de bourgeons charnus ; l’orifice du col parait obstrué par des fongosités, qui , provenant de l’intérieur de cet organe, se laissent facilement écarter, mais saignent au moindre attouchement ; la fissure, déjà signalée par le toucher, est envahie par l’ulcération; deux autres dépressions radiées, mais peu profondes, existent sur la lèvre antérieure. L’hystéromètre marque 0m,073. Le caustique Filhos est introduit dans la cavité du col jusqu’à une profondeur de 2 centimètres; pendant son application, qui dura une minute seulement, la malade ne manifesta aucune sensation pénible. (Injection t d’eau fraîche après la cautérisation.) — Le 9. La malade, qui est très-docile, a constamment gardé le lit depuis la cautérisation; pendant les trois jours qui l’ont t suivie, elle a éprouvé de petites coliques, qui ont complètement disparu aujour- n d’hui ; l’écoulement d’un liquide roussàtre a duré cinq jours ; maintenant elle neir souffre plus, a bon appétit, mange 4 portions, et ses règles, qui n’étaient pas u revenues depuis sa couche,* apparaissent pour la première fois. — Le 11. La ces- f sation de l’écoulement sanguin permet d’examiner la malade au spéculum : à laj place des fongosités du centre, on trouve une perte de substance qui donne aufc col l’aspect d’un cratère ; les bords de cette excavation sont tapissés par des! bourgeons charnus d’un très-bon aspect, le travail de cicatrisation n’a encoret commencé nulle part. — Le 18. Sur la lèvre antérieure, quelques bourgeons*' rouges et exubérants sont réprimés avec le crayon de nitrate d’argent, qu’on'i passe légèrement sur leur surface. — Le 25. À l’extérieur, la cicatrisation esli j achevée partout, même au niveau de la fissure profonde ; l’hystéromètre marqu€p Gm,057. — Le 1er août. La perte de substance qu’avait éprouvée le col est tout su fait comblée, la cicatrisation est achevée sur tous les points (vingt-septième jouit j depuis l’application). La malade fut retenue à l’hôpital pendant près d’un mohjri encore, afin que l’on pût s’assurer que la guérison était bien définitive; ellejr sortit le 23 août.