‹ De l'emploi du Persulfate de Soude dans le Traitement du TétanosChapitre 5 sur 21 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Les traitements employés.

Le traitement du tétanos devra produire la destruction du microbe, la neutralisation de la toxine et l’atténuation ou la disparition des phénomènes qui traduisent l’intoxication, surtout des contractures douloureuses.

A) Traitement préventif.

Il serait superflu de parler ici des soins antiseptiques et aseptiques qui doivent être donnés à toute plaie et particulièrement aux plaies contuses et souillées par la terre. Nous signalerons cependant l'utilité de la méthode préconisée par Calmette et qui consiste à saupoudrer les plaies supposées tétanigènes avec du sérum sec.

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Nous n'insisterons pas non plus sur la nécessité de la sérothérapie préventive. À mesure que des faits nouveaux s'accumulent, elle apparaît de plus en plus utile.

Il serait trop long de citer tous les travaux et toutes les statistiques publiés sur ce sujet. Nous dirons seulement avec M. Jacob, que le tétanos a disparu des armées en campagne depuis que l'on fait des injections préventives.

Dans l'expédition de Madagascar en 1895, il n'y avait pas de sérum antitétanique ; or il y eut six cas de tétanos suraïgu dans sa formation sanitaire. Dans l’expédition du Sud-Oranais de 1908, il y avait du sérum antitétanique ; on fit des injections préven-. tives et on n'observa pas un seul cas de tétanos. M. Toubert, pendant son séjour au Maroc en 1911, fit systématiquement à tous ses blessés des injections préventives, il n’eût aucun cas de tétanos parmi ses malades.

Il faudrait donc chez tout blessé, après avoir aseptisé soigneusement les plaies, faire automatiquement une injection de sérum antitétanique quil serait bon de renouveler tous les dix jours jusqu'à complète cicatrisation de la plaie.

On concoit aisément toutes les difficultés qu'on rencontre lorsqu'on veut mettre en œuvre une telle thérapeutique. Le tétanos pénètre souvent dans l’organisme par des plaies qui pourront passer inapercues du malade, ou qui, du moins, seront trop insignifiantes pour le conduire chez un médecin. Celui-ci ne verra donc que les blessés importants, c’est-à-dire l’infime minorité des gens susceptibles d’êtreinfectés.

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Aussi, malgré les effets de la sérothérapie préventive, étant donné l'impossibilité de son application dans tous les cas, les efforts se sont portés à . recherche d’un traitement euratif.

B) Traitement curatii.

Il est bien difficile de connaître les résultats obtenus par les diverses méthodes dans le traitement curatif du tétanos.

Le tétanos est, en effet, une maladie qui se présente sous les formes les plus diverses. Certains cas de tétanos guérissent spontanément ; dans les autres, la guérison ne paraît pouvoir s'obtenir que grâce au traitement. Le pronostic de l'affection est souvent impossible à faire au début de l'atteinte, et bien que la longue incubation, l'apparition tardive des contractures, la faible élévation de température, soient dans beaucoup de cas l'indice d’un tétanos chronique à évolution spontanée favorable, on doit toujours faire des réserves, car la maladie peut, à un moment donné, sous des influences qu’on ignore, se transformer en une forme grave. 1

On devra donc toujours être un peu méfiant à la lecture des guérisons obtenues et ne pas oublier que « sur 100 tétaniques, il en guérit au moins 30 spontanément ». (Poncet. Lyon Médical, 1904 pe 910)

1) Sérothérapie curative. — Lorsqu'on connût l’action de la toxine tétanique, on eût immédiatement

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l’idée de lui opposer une antitoxine, un sérum antitétanique.

En 1890, Behring et Kitasato, à la suite de leurs expériences sur le tétanos, arrivent aux conclusions suivantes : le sang d’un animal réfractaire au tétanos injecté à un animal neuf,le rend réfractaire au tétanos ; injecté à un animal tétanique, il le guérit.

A la suite de nombreux travaux de 1891 à 1894, Tizzoni et Cattani, Roux et Vaillard concluent à l'inefficacité de la sérothérapie curative dans les cas de tétanos aigu ou grave.

La question semble résolue lorsque Behring et Knorr, en 1896, obtiennent une nouvelle toxine « capable de guérir le tétanos confirmé chez les hommes et chez le cheval ».

En 1897, Nocard, après une série d’expériences sur le cheval, publie ses résultats à l’Académie de médecine : l’antitoxine est un agent très infidèle dans la thérapeutique curative du tétanos, mais il est cependant rationnel de l’employer.

En clinique, la sérothérapie curative fut employée presque partout. Beaucoup de guérisons furent publiées, mais les cas malheureux étaient aussi nombreux.

La statistique de Huber sur les cas de tétanos traités à la clinique de Zurich de 1891 à 1911, nous montre que chez les malades traités par le sérum, ia mortalité a atteint 81 °/,, alors que chez ceux traités par les vieilles méthodes, on n’avait compté que 60 °/, de mortalité.

Dans son rapport au Congrès de Chirurgie en 1902,

M. Vallas a donné la statistique des cas de tétanos traités par le sérum et publiés.

Sur un total de 508 cas, 217 sont morts, ce qui représente une mortalité de 42,7 °,. Or, avant l’emploi du sérum, la mortalité était évaluée à 70 °/,, aussi cet auteur conclut-il « que la sérothérapie a abaissé d’une facon générale le chiffre de la mortalité et qu’elle constitue encore en ce moment notre ressource la plus précieuse ».

En 1907, à la Société de Chirurgie, Rieffel fait les déclarations suivantes : « La sérothérapie curative, comme le proclament la plupart d’entre nous, est abso- . lument nulle ; elle n’a de curative quele nom. D’après les quelques cas que j'ai observés, d’après mes lectures, d’après les conversations que j'ai eues avec M. le D' Martin, de l’Institut Pasteur, tout, dans cette question de tétanos humain, est à reprendre, tant au point de vue expérimental que clinique. Dans quelques livres de pathologie, on vante les effets du traitement par l’antitoxine,. Il est bon que les praticiens sachent qu'ils n'ont rien à espérer des injections, quelle que soit d’ailleurs leur provenance (Pasteur, Behring, Tizzoni). Cette opinion est générale, non seulement chez nous, mais aussi à l'étranger ».

M. Vaillard, en 1908, dans une communication à l’Académie de Médecine, conseille l'emploi de la sérothérapie curative qui, dit-il, a abaissé la mortalité de la maladie.

L'usage de cette thérapeutique s’est répandu de plus en plus. Massalongo guérit 5 malades sur 8 ; Cassaët et Rasquine, avec des doses de sérum de

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