‹ De l'emploi du Persulfate de Soude dans le Traitement du TétanosChapitre 6 sur 21 · ES H · texte numérisé non relu

ES H

210 à 220 centimètres cubes sous la peau et de 20 à 40 dans le rachis, obtiennent la guérison de trois tétanos graves. Achard, Clerc, présentent, en 1912, à la Société Médicale des Hôpitaux de Paris, deux cas de tétanos graves guéris par la sérothérapie à dose massive. MM. Courmont et Cordier publient une observation analogue. À côté, nous trouvons des cas malheureux où l'influence du sérum parait douteuse. Dans le cours de ces dernières années, quatre cas de tétanos ont été observés dans le service de M. Roque, ils ont été tous soumis à la même médication sérothérapique, un seul a guéri et il s’agissait d'un tétanos bénin, capable de guérir seul.

Ainsi, malgré les nombreuses observations de guérison de tétanos par le sérum, on ne peut pas dire qu'il ait une action curative certaine.

« Toutefois, dans certains cas de tétanos confirmé, l'emploi de ce sérum à doses massives, répétées fréquemment, a amené la guérison. » (Thèse de Tournier, Paris 1912). |

Il n’est guère possible actuellement de dire avec quelle méthode on obtient les meilleurs résultats. Les doses de sérum à injecter sont variables suivant les auteurs et il est difficile de donner la préférence aux uns plutôt qu ‘aux autres.

Il en est de même de-la voie d’ introduction, toutes ont été utilisées. On a introduit le sérum dans la circulation sanguine ou lymphatique, par des injections sous-cutanées ou intraveineuses (MM. Chattot et Gautier, après des expériences chez le lapin, ont proposé la voie carotidienne), dans le système ner-

veux, ou à son voisinageimmédiat, par des injections intracérébrales, intraventriculaires, lombaires, épidurale, endoneurale, paranerveuse périphérique.

Fréquemment, on a associé au sérum une série de corps dont le chloral fut certainement le plus employé. Les cas heureux publiés après l'application de cette méthode, paraissent plus nombreux que ceux constatés dans le traitement par le sérum seul.

2°) Méthode de Baccelli. — Elle consiste dans des injections sous-cutanées d’une solution d'acide phénique, substance qui, d’après’ Ascoli, favoriserait l’éclosion de l’antitoxine tout en étant l’antagoniste du poison tétanique dont elle ralentirait la formation.

Ce traitement fut employé surtout à l'étranger, en Italie particulièrement. Des statistiques nombreuses furent publiées dans ce pays et dans toutes, les résultats obtenus paraissent très brillants. Wood, dans les « Merch’s Archives » et Salvioli concluent que l’acide phénique administré par voie hypodermique est un antitoxique bien supporté, atténuant sensiblement les spasmes et les contractures et qu’il donne de meilleurs résultats que la sérothérapie.

Dans son rapport au congrès de chirurgie, Vallas réunit 80 cas traités par la méthode de Baccelli ; il note 72 succès et 8 morts, et émet l'hypothèse que le tétanos doit revêtir en Italie une forme clinique moins sévère que dans les autres contrées,

Poncet dit avoir obtenu de bons résultats par cette méthode.

Après des expériences sur des cobayes et des la-

pins, MM. J. Courmont et Doyon concluent que, malgré certaines légères survies, les injections souscutanées d'acide phénique n'étaient d'aucune efficacité dans le tétanos expérimental.

Dans sa thèse (Paris 1913), Rœhrich rapporte un très grand nombre de cas de tétanos traités par cette méthode et donne les conclusions suivantes : « En raison des résultats cliniques positifs obtenus chez l’homme, et en s'appuyant sur la dernière statistique de 298 cas de tétanos confirmé, traités par la méthode de Baccelli, où la mortalité atteint 21,47 °/,, il est certain qu'on esten droit, à l'heure actuelle, de faire usage des injections phéniquées dès les premières manifestations tétaniques ».

3°) Méthode de Blake. — Elle repose sur la propriété qu'a le sulfate de magnésie, injecté dans le canal rachidien, de supprimer le fonctionnement des nerfs périphériques pendant quelques heures.

L'injection intrarachidienne de sulfate de magnésie, dans le cas de tétanos, est toujours suivie d’une rémission manifeste des douleurs et des contractures, mais cet effet est de courte durée et les symptômes ne tardent pas à réapparaître. Il peut produire certains accidents surtout d'ordre respiratoire et urinaire, mais remarquons que ces accidents sont relativement rares et facilement curables.

Quoi qu’il en soit, le sulfate de magnésie ne peut pas être considéré comme un médicament curatif du tétanos, il est seulement un palliatif rapide et certain des symptômes critiques, contractures et convulsions.

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La mortalité dans les tétanos traités de cette manière est de 50 °/, daus la statistique de Fox (Thérapeutic Gazette, 1910).

4) Traitement par la paratoxine. — La paratoxine est de l'extrait petroléique de bile retiré des vésicules biliaires d'animaux jeunes récemment abattus. Son action thérapeutique semble due à la cholestérine dont elle renferme des quantités variant entre 50'et 63:2/;;

En 1908, Almagoiïa et Mendès, après des expériences sur des animaux, s’aperçoivent que la toxine se fixe particulièrement sur la lécithine et surtout sur la cholestérine de la substance nerveuse.

La même année, Vincent montre én vitro le pouvoir antitoxique des savons biliaires et de la cholestérine vis à vis de la toxine tétanique.

Almagoia et Mendès essayent les injections de cholestérine dans le traitement du tétanos humain, et obtiennent la guérison de deux malades atteints du tétanos grave, à allure menaçante, avec troubles respiratoires et accélération des battements cardiaques. |

Le Professeur Curtillet traite, au quatrième jour de son évolution, un tétanos aigu par des injections de paratoxine. Le malade guérit.

Ces auteurs admettent que la cholestérine neutralise d’une façon continue la toxine produite et permet ainsi à l'organisme de se débarrasser de la toxine déjà fixée sur les centres nerveux.

Carta-Mulas prétend que ces résultats heureux relèvent plutôt du caractère accidentel bénin de l’infection que de l'efficacité du traitement.

D’après lui, la cholestérine n'aurait qu'un pouvoir neutralisant limité vis à vis de la toxine tétanique.

Mais d’autres observations sont venues corroborer les dires des auteurs cités plus haut, en montrant l'action manifeste de la paratoxine sur l'infection tétanique.

»°) Traitements divers. — La liste serait bien longue si nous voulions les citer tous ; chacun d'eux possède à son actif, des résultats favorables, mais on peut dire qu'aucun n’est spécifique.

Jaboulay, après une longue expérimentation, a utilisé dans un cas, qui a guéri, le chlorhydrate de bétaïne en injections sous-cutanées.

Netter et Salomon ont guéri un malade par des injections intra-veineuses de collargol.

Szalardi a utilisé le formol en injections sous-cutanées contre le tétanos du nouveau-né.

+ Krokiewicz injecte une émulsion de substance cérébrale.

Babinski préconise le chlorhydrate de morphine.

Zlotowski traite ses tétaniques par le séjour prolongé dans l'air surchauffé et par la balnéation chaude.

Enfin, nous ne dirons qu'un mot du traitement ordinaire, presque classique, parle chloral. On l'administre à la dose de 6 à 12 grammes par jour, en injection ou en lavement ou même en injection intraveineuse, comme le préconisait Mayet qui prétendait obtenir de cette facon une action plus sensible du

médicament.

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