‹ De l'empoisonnement par la nicotine et le tabacChapitre 8 sur 18 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Si le poison a pénétré en nature dans les voies digestives, et ([u’on suppose qu’il y soit encore contenu, on devra d’abord ebereber à l’en expulser le plus rapidement possible. Dans ce but, on titillera la luette; on emploiera les vomitifs, les lavements et les purgatifs les plus énergi({ues; on retirera, à l’aide de pompes, la substance toxique qui pourrait rester encore dans l’estomac ou le gros intestin.

On administrera ensuite un agent inolfcnsif qui, en se combinant avec la nicotine non expulsée, s’opposera à sa solubilité ou tout au moins retardera son absorption : l’iodurc de potassium ioduré, les astringents tanniques et certains acides, acide acétique, citrique, etc., qui forment des sels de nicotine peu ditTusibles. On pourra môme, avec la pompe gastrique et le clyso, opérer des lavages avec des solutions ou des infusions du ces divers antidotes.

Puis on agira, comme on le fait d’emblée dans les cas où l’empoisonnement se produit par la voie pulmonaire ou par la peau. On donnera des toniques, des stimulants et particulièrement les cordiaux, les spiritueux, le café; en même temps, s’il en est besoin, tous les excitants mécaniques ou jihysico-cbimiques seront mis en œuvre : frictions rudes sur tout le corps avec de la flanelle, imbibée d'un liquide excitant, tlagellation, acupuncture, électrisation, ustion, etc., etc.

Les antidotes les meilleurs, suivant M. Gublcr, sont les alcooliques et le café. Gu dernier, dit le savant professeur, agit môme de deux façons ; dynamiquement et chimiquement par

le tannin qu’il renferme et qui précipite la nicotine à l’état insoluble, le thé et les astringents tanniques, café vert, écorce de chêne, quinquina, noix de galle, etc., se comportent de même et sont les contre-poisons du tabac.

Quant aux alcooliques, d’après M. Rabuteau, ils seraient très-utiles, non-seulement à cause de leur action stimulante qui combat les efl'ets dépressifs du tabac, mais encore parce qu’ils sont diurétiques et éliminent par la voie rénale, le poison qui aurait pénétré dans le sang. Dans les expériences de Van

raag, les animaux empoisonnés par la nicotine ne mouraient pas, lorsqu’ils urinaient beaucoup.

Ajoutons encore avec M. Rabuteau, qu’après avoir conjuré le danger, on prescrira des boissons ou des applications émollientes pour modTier l’irritation locale, et nous aurons indiqué tout ce qui est relatif au traitement de cette redoutable intoxication.

Dans l’empoisonnement par le tabac, la quantité de nicotine absorbée en un temps donné, est trop minime pour qu’on puisse l’isoler ou même en constater directement la présence dans les organes (Tardieu).

Le médecin et l’expert devront, pour reconnaître rempoisonnement, examiner les symptômes médicaux, et les portions de plante rendues par les vomissements ou trouvées dans l’estomac (Tardieu).

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