‹ De l'endocardite maligne pneumococciqueChapitre 11 sur 21 · NUE · texte numérisé non relu

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L'histoire de cette malade peut donc se résumer de la façon suivante : cliniquement on a fait le diagnostic de méningite suppurée que l’examen a révélée à pneumocoque. En réalité, l'intégrité de l’encéphale, l’absence de signes oculaires, de troubles basilaires, l'intensité des troubles sphinctériens nous montrent qu'il s’agit vraisemblablement d’une méningite purement spinale, ou plutôt d’une méningo-myélite.

En co-existence avec cette méningite, lautopsie nous a permis de déceler une endocardite végéto-ulcérante du type pneumococcique habituel,

Obs. N° 3 (PaLMER. The Medic. Clin. of North America, vol. IT, N° 4, 24 janvier 1919, pp. 987-993.)

G. H., 55 ans, entre à l’hôpital le 27 octobre 1917, pour pneumonie lobaire.

Au cœur : le choc de la pointe est à peine senti, clangor du 2° bruit.

Pouls régulier. T. A. normale.

L’hémoculture met en évidence le pneumocoque type I.

Un traitement au sérum antipneumococcique est institué.

Le 7 janvier, le malade apyrétique paraît guéri.

Le 8 janvier, reprise de la température.

Mort le 10 janvier.

Autopsie : pneumonie des lobes supérieurs droit et gauche ; petits infarctus de la rate ; endocardite aiguë végétante de la valvule mitrale. Le pneumocoque est retrouvé dans les végétations.

Obs. N° 4 (PALMER (d°)

Femme, négresse, 35 ans, entre à l’hôpital le 17 janvier 1918, pour pneumonie lobaire.

L’hémoculture met en évidence le pneumocoque type I.

Le 21 janvier, apparition d’un souffle systolique de la pointe qui fait soupçonner l’endocardite.

Mort quatre jours après.

Autopsie : endocardite aiguë végétante de la valvule mitrale à pneumocoques. Pas de méningite.

Obs. N° 5 (P. W. CLoucx. The Medic. Clin. of. North America, Vol. IT, 24 janvier 1919, n° 4, p. 1626.)

Homme, 20 ans, entre dans le service pour pneumonie lobaire aiguë au 5° jour.

Au cœur, souffles d'insuffisance mitrale et aortique.

Le pneumocoque est trouvé dans les crachats. L’hémoculture est négative.

Le 9° jour, la crise pneumonique apparaît. La température tombe à la normale, et y reste pendant 8 jours, au bout desquels elle remonte aux environs de 40°.

Le poumon est guéri ou presque.

L'hémoculture met en évidence du pneumocoque.

Au 12° jour de la recrudescence fébrile, apparition d’un infarctus pulmonaire.

Au 13° jour, d’un infarctus de la rate.

Au 15° jour, d’un infarctus rénal.

Au 21° jour, d’un infarctus de la rate.

Au 25° jour, embolie de l’artère poplitée droite.

Au 26° jour, hémiplégie gauche.

Mort le 27° jour.

Autopsie : Endocardite végétante à pneumocoques des valvules mitrale, aortique et tricuspide. Infarctus du myocarde, pulmonaire, du cerveau, de la rate et du rein droit. Pas de méningite.

Obs. N° 6 (Tapie et ROUQUET. Progrès Médical, N° 37, 11 septembre 1920, pp. 408-410.)

Homme de 47 ans, entre à l’hôpital le 5 mars 1920 pour oppression intense, fatigue, amaigrissement surtout marqués depuis 3 semaines.

Le malade, qui a toujours été d’une constitution plutôt délicate, prétend n’avoir jamais été malade.

A l’examen on trouve un sujet pâle, amaigri, en proie à une violente dyspnée, secoué par une toux quinteuse et sèche.

A l’examen des poumons, on trouve des râles fins au niveau des bases et par ailleurs quelques ronchus disséminés. Le foie déborde les fausses côtes et est douloureux à la pression. Au cœur on trouve un double souffle d'insuffisance aortique. On porte le diagnostic d’insuffisance cardiaque avec œdème pulmonaire.

Pendant une douzaine de jours le malade s’améliore.

Le 20 mars, la température monte à 38°8, puis reste normale du 24 au 27 mars, le 27 mars, elle s'élève à 39°4, l’anémie est intense et l’examen du sang montre 2.991.500 globules rouges, 9.000 globules blancs, 67 % de polynucléaires. On institue un traitement à l’électrargol.

Le 28 mars, l’hémoculture permet d’isoler à l’état de pureté du pnemocoque.

Le malade meurt brusquement le 1* avril.

A l’autopsie : le poumon droit présente une zone d’hé-

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patisation rouge de son lobe supérieur ; le cœur est globuleux, les valvules sigmoïdes aortiques présentent des lésions typiques d’endocardite végétante, qu’on retrouve également sur la grande valve de la mitrale.

Obs. N° 7 (H. M. Tomas et DWwWIiGHT O’HarA. Johns Hopkins Hosp. Bull., vol. XXXI, N° 357, novembre 1920, pp. 417-419.)

Homme, 45 ans, polisseur, entre à l'hôpital le 19 mai 1920 pour pneumonie lobaire inférieure droite.

L'examen des crachats et l’hémoculture pratiqués le 21 mai mettent en évidence du pneumocoque type I. On institue alors du sérum antipneumococcique.

Le 24 mai, chute de la température.

Le 25 mai, élévation de la température sans signes subjectifs ou objectifs, température qui persiste jusqu’au 14 juin, date de la mort.

A lautopsie : Pneumonie des lobes inférieurs droit et gauche. Infarctus du lobe supérieur gauche. Endocardite végétante de la valvule tricuspide. Foyer de méningite. Pas de lésions antérieures du cœur.

Obs. N° 8 (MM. MERKLEN et Wozr, Bull. et Mém. de la Soc. des Hôpitaux de Paris, IIX° série, tome XLVIIT, N° 17, 22 mai 1924, pp. 718-721) (Résumée).

Femme, 24 ans, enceinte au 9° mois, entre à lhôpital le 24 décembre 1928, pour broncho-pneumonie diffuse et confluente plus ancienne à droite qu’à gauche. Léger subictère. Rien au cœur.

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Le lendemain, la malade accouche normalement d’un enfant vivant.

Le 27 décembre, on constate une extension de l’infiltration pulmonaire dans tout le côté gauche, et à droite une condensation à la base. Température : 39°6 ; tension artérielle : 10,5-8 ; leucocytose : 22.000, avec polynucléose (92 %).

Le 30 décembre, état stationnaire ; la température oscille entre 39°8 et 40°. Une hémoculture permet de trouver du pneumocoque typique.

Le 4 janvier, la malade va beaucoup mieux : la température est tombée à la normale. Le cœur est d’aspect normal.

Le 8 janvier, nouvelle poussée fébrile (39°8) ; la malade restera à ce moment en pyrexie constante entre 38°2 et 40°1 jusqu’à sa mort.

Le 11 janvier, on entend pour la première fois un souffle présystolique avec accentuation du premier bruit.

Le 14 janvier, le rythme cardiaque s’est modifié : il existe un ronflement diastolique intense, presque râpeux, qui se termine en souffle présystolique. Dédoublement du deuxième bruit.

Le 19 janvier 1914, mort dans la soirée. L’auscultation cardiaque est restée jusqu’au bout telle qu’elle a été décrite. La température s’est maintenue autour de 40° avec des rémissions matinales allant jusqu’à 38°2.

Une nouvelle hémoculture a permis de retrouver le pneumocoque type II déjà mis en évidence.

A lautopsie : broncho-pneumonie diffuse confluente dans les lobes moyens et inférieurs droits.

Au cœur : pas de modification du péricarde ou du myocarde. La valvule mitrale est le siège de végétations récentes, mais est aussi indurée, sclérosée sur presque toute son étendue. Les autres valvules sont normales,

En résumé broncho-pneumonie bilatérale, diffuse et confluente avec septicémie pneumococcique; endocardite ulcéro-végétante aiguë de la valvule mitrale greffée sur une ancienne valvulite mitrale cicatrisée.

Obs. N° 9 (R. LUTEMBACHER, Paris Médical, N° 30, 23 juillet 1921, p. 85.)

Il s’agit d’un homme de 64 ans, entré dans le service pour une congestion pulmonaire avec un état général grave, et de la fièvre. Ce malade a eu de fréquentes bronchites et même plusieurs hémoptysies. Le début de la maladie actuelle date de 8 jours: annoncé par quelques frissons, des points de côté, de la fièvre. Au moment où il est observé,-la température oscille entre 38° et 39°; on trouve à la base droite un bloc de condensation pulmonaire avec respiration soufflante et des ràles souscrépitants, mais en outre le poumon gauche est sclérosé et l’on perçoit à ce niveau quelques râles humides. Le malade est cyanosé et l’on découvre au niveau de l’appendice xyphoïde un gros souffle systolique ; les battements du cœur sont réguliers. Cet homme a pu accomplir des travaux pénibles jusqu’à un âge avancé ; on ne peut donc admettre une lésion tricuspidienne organique ancienne.

La température, après s'être abaïssée à 37°, oscille entre 39° et 40°.

On pense à une endocardite infectieuse. Une hémoculture permet d'isoler des pneumocoques. Le malade meurt quelques jours après.

A l’autopsie : on découvre un bloc de pneumonie à la base droite. La valve interne de la tricuspide est recouverte de végétations fibrino-leucocytaires qui renferment

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en abondance du pneumocoque. Pas de lésion cardiaque ancienne.

Obs. N° 10 (CREYX, R. DAMaADE, Ch. MassiAs, Journal de Médecine de Bordeaux, N° 6, 25 mars 1922, p. 169.)

I s’agit d’un homme de 26 ans, manœuvre, qui a été atteint à l’âge de 12 ans de rhumatisme articulaire aigu avec endocardite.

Par la suite il eut d’assez fréquents retours offensifs de rhumatisme, mais n’eut jamais d’accidents d’insuffisance cardiaque. À 18 ans, il contracte la syphilis, mais n'est pas traité.

Le 18 octobre 1921, il entre à l'hôpital parce que depuis quelques mois il a des rhumes fréquents, de temps à autre quelques légères hémoptysies et qu'il a maigri de 14 kilogs. Il a de la fièvre le soir.

Le jour de son entrée, on constate, sur les membres inférieurs, du purpura qui est apparu depuis six jours, de l’œdème, un teint pâle, un visage bouffi ; le pouls est à 92, type Corrigan, la température à 37°5, la T. A. 17-6. Au cœur, souffle systolique d’insuffisance mitrale et d'insuffisance aortique. Pas de signes périphériques.

Le malade a une toux nocturne très pénible. L’expectoration assez abondante est hémoptoïque, renferme du pneumocoque mais pas de B. K. A la base gauche, foyer sub-mat avec râles sous-crépitants. Dans les urines (700 grammes par 24 heures), 0 gr. 60 d’albumine.

L'examen du sang montre polynucléose (85 %), hémoglobine (70 %).

La réaction de Bordet-Wassermann est positive.

Dans les jours qui suivent, l’état s'aggrave. Au pou-

RICHARD

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