AU
mon gauche évolue un énorme foyer d’hépatisation grise.
L’hémoculture faite le 23, répétée le 25, est négative.
La température oscille entre 37°8 et 39°.
Le 23 octobre, léger ictus suivi d’hémiplégie flasque.
Malgré les injections sous-cutanées d’électrargol, un abcès de fixation ; le pouls monte à 140, la respiration à 50 ; le malade meurt le 29 octobre.
A l’autopsie : le poumon gauche est presque tout entier à l’état d’hépatisation rouge.
Le foie pèse 1.700 grammes : type foie cardiaque.
La rate pèse 600 grammes.
Le cerveau droit présente un petit ramollissement récent, cortical rouge, au niveau de la frontale ascendante.
Le cœur pèse 800 grammes ; le cœur gauche est très hypertrophié. L’orifice mitral est recouvert de végétations anciennes, dures, petites, auxquelles étaient attachés d’énormes polypes fibrineux récents : en maints endroits la valvule était ulcérée sur la paroi interne de l'oreillette guche, endocardite pariétale récente avec petites végétations rosées, friables. Il y avait endocardite ancienne de l’orifice aortique avec insuffisance.
A la coupe, on trouve dans les végétations récentes de nombreux pneumocoques.
Obs. N° 11 (J. H. PoLrLocr, Irish journal of Medical Science, V° série, N° 13, mars 1923, pp. 18-19.)
J. H., homme 51 ans, entre à l’hôpital de Hardwicke pour poussée aiguë, fébrile, de bronchite chronique.
Aux poumons on trouve des signes physiques de bronchite aiguë et chronique.
La toux est persistante, quinteuse, ramenant une ex-
pectoration abondante ne renfermant pas de B. K., mais très riche en pneumocoques et autres microbes.
Le malade reste ainsi pendant 12 semaines, pendant lesquelles la température oscille très irrégulièrement.
Le cœur est normal.
Au cours de la 12° semaine, les oscillations de la température prennent une allure plus ample, le pouls devient rapide et inquiétant.
La mort survient au cours de la 13° semaine.
A l’autopsie on trouve :
Aux poumons : bronchite purulente à gauche, emphysème et œdème à droite.
Au cœur : à l’ouverture du péricarde on trouve à la base de l’aorte un abcès du diamètre d’un shilling dont le pus donne une culture pure de pneumocoques.
Les sigmoïdes aortiques et les valves de la mitrale sont le siège de végétations récentes dans lesquelles on retrouve au microscoque du pneumocoque. Pas de péricardite.
Le foie est atrophié ; les autres viscères sont normaux.
Obs. N° 12 (E. LENOBLE et M. LAHELLEC, Bull. et Mém. Soc. médicale des Hôpit. de Paris, 27 juillet 1923, V. 47, pp 1256-1259.)
S.. Théophile, 78 ans, entre à l’hôpital de Brest le 30 mars 1923, pour crises d’oppression, surtout après des fatigues, œdème vespéral des chevilles.
Dans ses antécédents on note plusieurs crises de rhumatisme articulaire aigu, en particulier à 22 ans.
A l’examen : homme vigoureux ; pouls régulier, 88 ; pas de température ; léger œdème des jambes ; aux pou-
ms
mons, respiration très diminuée ; cœur normal. Tension artérielle, 15-8,5 ; foie, rate, système nerveux, normaux. Ni sucre ni albumine dans les urines.
Le 9 avril, la température monte à 38°9 ; le malade tousse et crache. On constate de la matité à la base de lhémi-thorax droit avec râles crépitants à grosses bulles.
Le 15 avril, la température tombe à 36°6 pour remonter le lendemain et se maintenir entre 38° et 39° jusqu’à la mort qui survient brusquement le 27.
A l’autopsie : bronchite purulente droite ; poumon gauche emphysémateux.
La valvule tricuspide est le siège de végétations récentes dans lesquelles on met en évidence du pneumocoque.
Obs. N° 13 (EpwiIN A. Locke, The Boston Medical and Surgery Journal, V. 191, N° 20, 13 novembre 1924, pp. 913-919.)
Homme, 45 ans, sans passé pathologique. Alcoolique.
Le début de l’affection présente remonte à 3 jours. Lorsqu'on le voit pour la première fois le 19 mai 1920, on pose le diagnostic de pneumonie lobaire inférieure droite.
Le cœur régulier est normal.
Le 24 mai, alors que l’état du malade n’a pas varié, on fait une hémoculture qui met en évidence du pneumocoque type I.
Le 3 juin, la température reste élevée, le pouls est mauvais. Le malade est très dyspnéique, dyspnée qui contraste avec les signes de résolution trouvés au poumon. On institue un traitement par sérum antipneumococcique.
Le 9 juin, l’état du malade n’a fait qu’empirer et il meurt le 14 juin.
Des hémocultures répétées ont toujours montré la présence de pneumocoque type I.
Autopsie : Pneumonie du lobe inférieur droit. Infarctus du lobe supérieur droit. Epanchement pleural bilatéral. Végétations d’endocardite aiguë sur la valvule tricuspide. Foyer de méningite.
Gbs. N° 14 (Locke (Voir plus haut.)
Homme, 31 ans, entre à l’hôpital le 26 mars 1921 pour une affection dont le début remonte à 24 jours.
Le médecin traitant a fait alors le diagnostic de pneumonie lobaire inférieure droite. La crise s’est produite le 10° jour ; six jours plus tard, reprise de la température qui persiste depuis plus ou moins irrégulière.
L'examen physique nous fait penser à un empyème de la base droit, impression qui est confirmée par la ponction exploratrice qui ramène du pus.
Le cœur est normal.
Leucocytose : 30.000.
Le 28 mars, une hémoculture est faite qui met en évidence du pneumocoque type I.
Le 29, le malade est opéré sous anesthésie locale.
Le drainage se fait bien dans les jours qui suivent et cependant l’état général reste des plus mauvais.
Le 5 juin apparaît un souffle systolique de la pointe. Le drainage est toujours satisfaisant.
On institue alors un traitement par le sérum antipneumococcique.
Le 8 juin, le souffle qui n’a changé ni de siège ni de temps augmente nettement en intensité.
te
Le 10 juin, le malade meurt.
Autopsie : Pleurésie purulente droite bien drainée. Augmentation de volume du cœur. Végétations d’endocardite aiguë sur la valvule mitrale.
Nombreux infarctus suppurés du foie, des reins et de la rate,
Obs. N° 15 (LocKkE)
Homme, 35 ans, entre à l’hôpital le 3 avril 1921.
Le début de la maladie remonte à 21 jours. Le médecin qui l’a soigné alors a fait le diagnostic de pneumonie lobaire supérieure droite.
Au 7° jour se produit la crise à laquelle succède une période d’apyrexie de trois jours. Depuis, la température reste irrégulièrement élevée.
A l'examen : on se trouve en présence d’un malade dyspnéique et cyanosé.
Au poumon on note de l’emphysème et des râles de bronchite diffuse.
Le cœur est normal.
Une numération sanguine donne un chiffre de 15.000 globules blancs.
Le 8 avril, l’état du malade reste inchangé ; la température reste irrégulière ; le cœur est normal.
Une hémoculture met en évidence du pneumocoque type I.
Le 20 avril, l’état général du malade s’est aggravé, l’hémoculture montre toujours du pneumocoque.
Le 23 avril, apparition d’un infarctus pulmonaire.
Le malade, qui a toujours été traité par le sérum antipneumococcique, meurt.
Autopsie : Bronchite purulente, emphysème pulmo-
nire, Végétations de l’endocardite aiguë sur la valvule tricuspide. Infarctus pulmonaire. Embolie de l’œil gauche, abcès miliaires du rein,
Obs. N° 16 (LOCKE)
Homme de 34 ans, sans passé pathologique, entre à l’hôpital le 29 avril 1921.
Le début de la maladie actuelle remonte à 8 jours. A l’examen on fait le diagnostic de pneumonie du lobe moyen droit.
Le cœur est normal.
Une numération sanguine donne : hémoglobine, 75 %, globules blancs 46.000, globules rouges 2.500.000.
L’hémoculture montre du pneumocoque type I.
Le 17 mai, la température reste élevée ; un ictère apparaît. Depuis 2 jours on note au cœur un souffle systolique de la pointe. On pense alors à la possibilité d’une endocardite pneumococcique.
Le 6 juin, l’état général s'aggrave ; le malade est très anémié. Le souffle systolique persiste ; de plus, on note l'apparition d’un souffle diastolique. Un examen du sang donne 19.600 leucocytes.
Le 9 juin, le malade meurt.
Autopsie : Pneumonie des lobes moyen et supérieur droits. Végétations d’endocardite aiguë, renfermant du pneumocoque, au niveau de la valvule aortique.
Obs. N° 17 (LUTEMBACHER et F. BERTILLON, Archives des maladies du cœur, 1925, p. 145.)
Une femme de 64 ans fait une pneumonie typique du sommet droit. La température tombe à 37° le 10° jour.
La guérison semblait assurée lorsque, 10 jours plus tard, la température s'élève à nouveau. Au quatrième jour de cette nouvelle pyrexie on découvre, à l’auscultation du cœur, un double souffle aortique : la malade succombe trois jours après.
A l’autopsie : les lésions pulmonaires sont en voie de résolution ; on trouve dans le péricarde 25 grammes d’un pus bien lié mélangé à de Ia sérosité. Les valvules mitrales et aortiques sont partiellement détruites par un processus ulcéro-végétant.
On découvre en outre sur la partie initiale intrapéricardique de l’aorte trois petits nodules gros comme un grain de blé : ce sont trois micro-abcès formés dans la paroi aortique ; ils renferment du pus jaunâtre qui montre une culture pure de pneumocoques. Un quatrième petit abcès s’est rompu dans le péricarde : c’est ce qui explique la présence de pus dans la séreuse dont les feuillets ne présentent pas de réaction inflammatoire.
La formation de ces micro-abcès de la paroi aortique, qui siègent dans le mésentère, résulte d’embolies microbiennes des vasa-vasorum de l’adventice,
Obs. N° 18 (FUNK, The Medic. Clin. of North America, vol. X, n° 1, juillet 1926, pp. 75-84.)
W. P., homme de 65 ans, entre à l'hôpital le 20 janvier 1926.
Malade depuis 11 jours.
On fait le diagnostic de pneumonie lobaire.
Les bruits du cœur sont normaux, un peu affaiblis. Pouls 108, régulier, bien frappé.
L'examen du sang montre 17.500 leucocytes par mms.
Fa (ee
L’hémoculture met en évidence le pneumocoque type I.
Le malade meurt de septicémie 17 jours après son admission.
Autopsie : Pneumonie en voie de résolution au lobe supérieur gauche. Endocardite végétante aortique et pulmonaire.
Obs. N° 19 (GOLDSTEIN HYMAN et GOLDSTEIN ZUCKERMANN, International Clinics, V. II, sept. 1927, pp. 155-209.)
E. R., homme de 28 ans, entre à l’hôpital le 4 mai 1922 pour pneumonie lobaire gauche, avec signes de méningite.
Une ponction lombaire montre du pneumocoque IV et un grand nombre de polynucléaires dans le liquide céphalo-rachidien.
Mort le même jour.
Autopsie : Endocardite aiguë végétante de la valvule tricuspide : la culture des végétations met en évidence du pneumocoque type IV. Méningo-encéphalite aiguë. Pneumonie lobaire gauche.
Obs. N° 20 (MÊMES AUTEURS)
Alice M... femme, 37 ans, entre à l’hôpital le 28 avril 1926 pour pneumonie lobaire droite, avec signes méningés. L’hémoculture montre du pneumocoque type IV.
À l’autopsie : Poumons : pneumonie lobaire droite.
Cœur : endocardite aiguë végétante de la valvule tricuspide.
Cerveau : méningite purulente.
Obs. N° 21 (MÊMES AUTEURS)
Homme, 28 ans, malade depuis deux semaines, entre à l'hôpital le 4 mai 1922, pour pneumonie gauche, avec signes méningés.
L’hémoculture met en évidence du pneumocoque type IV.
A l’autopsie : Poumons : pneumonie de la base gauche en régression ;
Cœur : endocardite aiguë végétante de la valvule tricuspide ;
Cerveau : méningo-encéphalite aigué.
Obs. N° 22 (MÊMES AUTEURS)
Will. W..., nègre, 21 ans, entre à l’hôpital le 20 avril 1926, malade depuis 4 semaines, présentant des signes méningés : rigidité de la nuque, exagération des réflexes, paralysie faciale, Kernig.
Une ponction lombaire montre : 85 % de polynucléaires, 5 % de lymphocites, 10 % de cellules endothéliales, dans le liquide céphalo-rachidien.
L'hémoculture met en évidence du pneumocoque type IV.
Mort le 22 avril.
Autopsie : Endocardite végétante aiguë de la valvule mitrale avec dilatation du ventricule gauche. Congestion et œdème des poumons. Méningo-encéphalite.
Obs. N° 23 (MÊMES AUTEURS) Emilie B.…., 53 ans, blanche, entre le 2 avril 1923 à
l'hôpital de Boston pour pneumonie lobaire inférieure gauche, avec signes de méningite.
On met en évidence par l’hémoculture et dans le liquide céphalo-rachidien du pneumocoque type IV.
Morte 24 heures après.
Autopsie : Pneumonie gauche massive. Endocardite aiguë de la valvule mitrale superposée à une lésion valvulaire chronique. Méningite purulente aiguë.
Obs. N° 24 (MÊMES AUTEURS)
Alexander G.…, nègre, 39 ans, entre à l’hôpital le 17 octobre 1925, pour pneumonie lobaire inférieure droite.
Mort le 16 novembre 1925.
A l’autopsie : Pneumonie du lobe inférieur droit en régression ;
Au cœur : végétations aiguës de la partie antérieure de la valvule mitrale.
Pas de méningite.
Obs. N° 25 (MÊMES AUTEURS)
Femme de 53 ans, malade depuis 8 à 10 semaines, entre à l’hôpital le 2 avril 1923 pour pneumonie gauche, vec signes méningés.
On met en évidence par hémoculture et dans le liquide céphalo-rachidien du pneumocoque du groupe IV.
Ea malade meurt le 13 avril 1928.
A l’autopsie : Aux poumons : pneumonie massive gauche. Endocardite aiguë végétante de la valvule mitrale. Méningo-encéphalite.
Obs. N° 26 (MÊMES AUTEURS)
David F..., 35 ans. Entre à l’hôpital le 7 mars 1926, malade depuis 18 jours.
On fait le diagnostic clinique de méningite avec pneumonie bilatérale des sommets.
On trouve, par hémoculture et dans le liquide céphalorachidien du pneumocoque type IV.
Mort le lendemain 8 mars 1926.
A l’autopsie : Aux poumons : bronchopneumonie. Au cœur : endocardite végétante ulcéreuse des valvules aortique et tricuspide. Méningite purulente,
Obs. N° 27 (MM. A. NETTER et M. SALANIER, Bull. et Memoires de la Société Médic. des Hôp. de Paris, n° 6, 23 février 1928, pp. 275-279.)
Le 1° septembre 1915 entre dans le service de M Netter un enfant de 7 ans, Maurice S.., pour une fièvre dont le début remonte à un mois.
En dehors d’une rate augmentée de volume, l’exploration physique montre un souffle systolique rude siégeant à la pointe avec frémissement.
On porte le diagnostic d’endocardite infectieuse, probablement d’origine pneumococcique, l’enfant ayant séjourné dans le service deux ans plus tôt pour une pneumonie.
L'hémoculture pratiquée à plusieurs reprises resta négative.
La température montait le 3 au soir à 38°8, le 4 à 39°8 et 39°9 et le 6 octobre apparaissent des signes méningés. La ponction lombaire ramenait un liquide louche dans lequel on met en évidence du pneumocoque. La méningite guérit.