DES GRANULATIONS
d'une contagion qui avait pour agent le virus granuleux. Au fond, je retrouvais chez M. Thiry des idées semblables aux miennes, mais plus générales et appuyées sur des expériences directes, tandis que les miennes se fondaient surtout sur les observations cliniques que l'endoscope me permettait de faire.
Seulement, comme vous l'avez vu, mes premières observations m'avaient montré les granulations qui remontaient à une blennorrbagie ; il y a plus, je retrouvais cette* atîeclion à l'origine de toutes les uréthrites granuleuses ; et, lorsque j'avais suivi, à l'aide de l'endoscope, son évolution, j'avais vu, comme vous avez pu le voir vous-mêmes dans l'occasion, le développement des granulations à une certaine période de la maladie. Enfin dans mainte occa sion, à l'hôpital de Lourcine, sur des malades atteintes de blennorrbagie, les granulations du col se sont formées sous mes yeux ; vous avez pu voir plusieurs fois cette formation dans nos salles, et je vous ai fait remarquer que les affections non blennorrhagiques du col utérin n'y donnent pas lieu. De tout cela il est naturel de conclure que blennorrbagie ou plutôt blennorrhée et urétbrite granuleuse ne sont qu'une maladie. Cette maladie se transmet par un virus, car le virus n'est autre chose que le principe actif bypothétique du pus contagieux; on peut l'appeler virus granuleux, mais comme on dislingue les virus par la maladie qu'ils produisent et non par la lésion anatomi- ' que qui en résulte, j'aime mieux le nommer vii^us blen-^ norrhagique.
A l'état aigu, la contagion n'est douteuse pour personne ; mais il n'en est pas de même pour l'élat chronique. Mal-
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heureusement on ne regarde pas généralement la blennorrhée comme contagieuse, et il en résulte que le mal, quelque soit son siège, conjonctive, urèthre ou col utérin, se propage sans qu'on prenne contre lui les précautions nécessaires. Et pourtant cette conlagion est bien réelle, quoique moins infaillible que celle de la blennorrhagie aiguë. M. Thiry a montré que, si faible que soit la sécrétion des granulations conjonctivales, du moment qu'on peut ♦en recueillir on peut l'inoculer; et sans l'avoir démontré par des expériences, j'ai pu constater la transmission de l'affection granuleuse d'un sexe à l'autre sous la forme chronique. De l'homme à la femme, j'ai vu si souvent des granulations utérines répondre à l'uréthrite granuleuse, que cela ne me paraît pas douteux; de la femme à l'homme, il m'est arrivé plusieurs fois que des malades atteints d'écoulements blennorrhagiques me présentant les femmes avec qui ils s'étaient exposés et qui n'avaient qu'un peu de leucorrhée, je trouvais à l'aide du spéculum des métrites granuleuses parfaitement évidentes. Ainsi l'atrection granuleuse à l'état chronique est inoculable, et bien que cette inoculation soit fréquente, elle le serait sans doute bien plus encore si la sécrétion morbide n'était pas le plus souvent tellement faible, qu'on peut par moments n'en pas trouver le produit. On comprend qu'après que le canal, par exemple, aura été lavé par le passage de l'urine, il faudra souvent plusieurs heures pour que le liquide virulent y reparaisse et puisse s'inoculer.
L'affection chronique se transmet souvent à l'état chronique ; mais quelquefois aussi elle produit la blennorrhagie aiguë. Alors le plus souvent, sous l'influence de