‹ De l'endoscope et de ses applications au diagnostic et au traitement des affections de l'urèthre et de la vessieChapitre 12 sur 27 · CONTAGION DE LA BLENNORRHÉE · texte numérisé non relu

CONTAGION DE LA BLENNORRHÉE

causes diverses, ou même par suite de l'excitation qui accompagne l'acte infectant, la maladie reprend le caractère aigu chez le malade et se transmet ainsi à l'individu sain. Mais ce retour de l'affection chronique à l'état aigu n'est pas nécessaire, et l'on voit la blennorrhée du sujet infectant produire la blennorrhagie sur le sujet infecté. J'en ai rencontré plusieurs exemples, je vous rapporterai seulement le suivant, parce que les circonstances étaient telles que le doute me paraît impossible sur la transmission du mal.

T...., âgé de vingt-huit ans, employé, après plusieurs blennorrhagies mal soignées, conservait un léger suintement habituel, d'un liquide muqueux transparent, accompagné d'une sensation de chatouillement dans le canal. Ces symptômes augmentaient lorsque le malade avait des rapports avec une femme. Après avoir fait plusieurs traitements, il prenait depuis deux jours la potion de Chopart lorsqu'il fut atteint d'une orchite et entra à l'hôpital, d'où il sortit bientôt, guéri de l'affection testiculaire, niais conservant sa blennorrhée. Quelques mois après, convaincu que son écoulement à peine visible n'était pas contagieux, il épousa une jeune personne fort bien élevée et qu'il aimait. Aussitôt après le mariage, on partit pour un petit voyage qui dura quinze jours, pendant lesquels les nouveaux mariés furent toujours seuls, sans connaissances, dans des hôtels de province. A leur retour, je fus appelé pour la femme, et je reconnus qu'elle avait une des blennorrhagies les plus aiguës que j'aie jamais vues. La vulve, l'urèlhre, le vagin, le col utérin étaient pris, et sur tous les points accessibles à la vue, il y avait de ces érosions

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superficielles si caractéristiques qui résultent de la chute de l'épilhélium sous l'influence de l'inflammation blennorrhagique. Le diagnostic était on ne peut plus évident. Quelques jours après, les granulations commençaient à se développer sur le col. Lorsque je vis le mari, il n'avait que la blennorrhée pour laquelle il m'avait déjà consulté autrefois, il m'assura n'avoir pas eu d'accidents aigus qui, d'ailleurs, n'auraient point eu le temps de se dissiper; mais, en l'examinant à l'endoscope, je lui trouvai, dans la portion bulbeuse, une uréthrite granuleuse étendue. Voici donc une blennorrhée qui, sans avoir repris le caractère aigu, avait communiqué une vraie blennorrhagie, ou, si vous l'aimez mieux, une uréthrite granuleuse chronique, dont la contagion avait produit sur la femme l'affection granuleuse à l'état aigu.

Si nous résumons tout ce que nous venons de dire sur l'étiologie de la blennorrhée, nous devrons conclure qu'elle est toujours le résultat de la contagion, soit qu'elle commence par l'état aigu ou par l'état chronique, soît que le virus provienne d'une blennorrhagie ou d'une blennorrhée. Si l'on a trouvé bien d'autres causes que la contagion, c'est qu'on a confondu des affections différentes dans lesquelles l'endoscope ne montre pas la granulation caractéristique. Nous avons déjà vu que, dans ces cas, l'écoulement est souvent entretenu par une cause herpétique ou arthritique. Mais l'erreur vient plus souvent, peut-être, de ce que le malade avait, sans s'en douter, de ces granulations qu'on pourrait appeler latentes et qu'une excitation a fait repasser à l'état aigu ; ainsi que s'expliquent , tout naturellement , les faits

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