URÈTHRE SAIN
La surface interne de l'urèthre, à l'état sain, est parfaitement lisse et polie ; l'endoscope ne permet pas d'y voir les lacunes de Morgagni ni les orifices des conduils excréteurs qui s'ouvrent à sa surface. On le comprendra facilement en se rappelant quelle attention il faut pour les trouver en pleine lumière sur un canal largement ouvert; heureusement, il ne serait important de découvrir ces orifices que s'ils devenaient le siège de quelque lésion qui, alors, les rendrait visibles. Il en est do même des orifices des canaux éjaculateurs. Je sais bien qu'on a dit les avoir vus à l'aide de l'endoscope ; mais je n'ai jamais eu ce bonheur, et je crains que l'observateur, dans ce cas, n'ait été victime de quelques illusions qu'il aurait peut-être évitées s'il les eût souvent cherchées dans ses dissections. Le verumonlanum lui-même n'est pas apparent; du moins, je n'ai pu le découvrir, et je pense que sou peu de consistance lui permet d'être effacé par la sonde.
En général, les auteurs qui parlent de la couleur de la muqueuse uréthrale la décrivent d'après le cadavre ; aussi leur paraît-elle d'un blanc grisâtre par place, brunâtre ou violacée ailleurs, surtout dans la portion bulbeuse et dans le gland, blanche enfin dans la portion prostatique. Ces colorations sont tout simplement des phénomènes cadavériques : le sang, obéissant à la pesanteur, s'amasse dans le tissu spongieux des parties les plus déclives, et bientôt vient teindre par im„ bibition les portions correspondantes de la muqueuse, tandis que celte membrane reste complètement pâle dans les points plus élevés que le sang a abandonnés.
URETITRE SAIN.
M. Sappey (1) a très-bien compris cette cause d'erreur : il a chassé le sang des veines par des injeclions d'eau, et a prouvé, de la sorte, que la muqueuse est d'un blanc uniforme dans toute son étendue. MM. Richet et Jarjavay la décrivent comme d'un blanc jaunâtre. Telle est, en effet, à peu près la coloration de cette membrane pendant la vie ; seulement, lorsque le sang circule dans ses vaisseaux, elle est moins pâle et, au blanc jaunâtre qui fait le fond de sa coloration, il se mêle une teinte rosée plus ou moins intense suivant les individus. Elle prend alors une couleur assez analogue à celle de la peau du visage. Cette comparaison est souvent venue d'ellemême à l'esprit des personnes à qui je montrais la surface interne de l'urèthre sain. Cette teinte est uniforme dans toute la longueur du canal jusque auprès du méat, où elle devient plus rouge.
On pense généralement que la muqueuse de l'urèthre forme des plis longitudinaux. Cela résulte des observations faites en fendant longitudinalement le canal, ou bien en le divisant par des sections transversales. Ce dernier procédé est évidemment le meilleur, car le premier, en fendant la muqueuse, peut lui permettre de se plisser tout autrement qu'à l'état sain. On a encore décrit des plis transversaux. Ces plis sont niés par M. Sappey, qui attribue leur description au désir exagéré de faire des découvertes. Nous ajouterons qu'on les a souvent admis pour expliquer l'obstacle qu'on rencontrait dans un urè-
(1) Sappey, Recherches sur la conformation extérieure et la structure de l'urèthre de l'homme, Paris, 1 864.