COMPLICATIONS DE LA BLENNORRHÉE. — RÉTRÉCISSEMENTS
Complications de la blennorrhée. — Cystite. — Arthrite. — Conjonctivite ; granulations conjonctivales. — Orcliite ou épididymite ; elle peut simuler l'orchite tuberculeuse. — La blennorrhée est toujours due à la contagion. — La granulation est la lésion caractéristique de la blennorrhée. — Virus granuleux. — Identité de la maladie dans l'urèthre, à la conjonctive et au col utérin. — Contagion à l'état chronique. — L'ulcération granuleuse de l'utérus souvent confondue avec d'autres affections de l'organe. — Traitement de la blennorrhée.
— Injections irritantes. — Inoculation blennorrhagique. — Répétition de l'acte sexuel. — Le seul traitement est celui qui réussit dans les affections granuleuses. — Cautérisation directe au moyen de l'endoscope. — Quand doit-on cesser le traitement? — Ecoulement herpétique. — Traitement de l'herpès uréthral.
Rétrécissements de l'urèthre. — Ils présentent trois périodes. — Époque transitoire. — Les rétrécissements sont habituellement la suite de l'uréthrite granuleuse. — Rétrécissements blennorrhagiques sans granulations. — Guérison radicale des rétrécissements. — Terminaison de l'uréthrite granuleuse. — Autopsie d'un rétrécissement inodulaire. — Impuissance de la dilatation contre les rétrécissements.
— n faut les inciser. — Résumé des indications.
Messieurs,
Nous avons suivi la blennorrhée depuis son origine jusqu'au moment où la lésion qui l'entretient disparaît et fait place au rétrécissement confirmé. Avant de continuer l'histoire de cette affection dans cette dernière période, nous allons nous occuper des acidents qui peuvent compliquer les périodes précédentes.
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Les complications particulières à la bhînnorrhée sont la cystite, l'ophthalmie blennorrhagiqnc, l'arthrite et enfin l'orchite. Je dirai peu de choses des trois premières affections. La cystite est une complication fréquente de l'uréthrite granuleuse ; on sait qu'elle n'est pas rare dans le cours de la blennorrhagie, à l'époque surtout où cette affection approche de l'état chronique; mais on n'a pas aussi bien remarqué sa liaison avec la blennorrhée. Il arrive cependant souvent que l'inflammation qui accompagne les granulations uréthral(}s, s'étend, par continuité, à la muqueuse de la vessie. Vous avez vu souvent des malades en traitement pour des granulations être pris de cystite. Je pourrais vous rapporter plus d'un cas d'inflammation de la vessie qui reparaissaient à des intervalles plus ou moins longs et qu'on avait traités de diverses manières, sans pouvoir empêcher les récidives, jusqu'au moment où l'endoscope montra des granulations dans le^ bulbe ou dans la région prostatique ; et plusieurs fois la cystite a cessé de reparaître après la guérison des granulations; mais, pour cela, il ne faut pas que la maladie ait duré trop longtemps, car alors l'inflammation vésicale pourrait avoir pris des] racines trop profondes pour disparaître d'elle-même. Bien des prétendus catarrhes de vessie ne reconnaissent pas d'autres causes et ne passent pour catarrhes que parce qu'on méconnaît la blennorrhée qui les produit. Les vices herpétiques et arthritiques peuvent aussi donner lieu à des cystites qui récidivent comme celles dont nous venons de parler : l'étude attentive des circonstances qui accompagnent leui' développement peut bien donner des présomptions sur
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leur nature, nuiis lo diagnostic ne peut être solidement établi entre elles et celles qui nous occupent que par la constatation dans l'urèthre de la lésion caractéristique au moyen de l'endoscope.
Je vous ai parlé d'un cas d'arthrite du genou dont la cause est restée douteuse; mais le plus souvent il n'en est pas de même, et c'est un fait bien connu que l'existence des arthrites blennorrhagiques qui surviennent lorsque la blennorrhagie tend à devenir chronique ; l'uréthrite granuleuse une fois établie peut encore produire des arthrites dont la cause est difficile à découvrir, si on n'a pour la soupçonner que l'écoulement, souvent difficile à trouver.
Une autre affection dont les rapports avec les granulations de l'urèthre sont bien prouvés, ce sont les granulations conjonctivales ; ou, pour mieux dire, ces deux maladies n'en sont qu'une seule qui attaque des points difFérenls de l'organisme. Nous avons vu que les caractères de la lésion sont les mêmes de partet d'autre et, plus d'une fois des hommes versés dans l'étude de l'ophthalmologie à qui je montrais l'endoscope pour la première fois, ont reconnu, dans la profondeur de l'urèthre, la lésion qu'ils avaient l'habitude d'étudier sous les paupières. Nous avons en ce moment, dans la salle Saint-Pierre, plusieurs ophthalmies granuleuses, et vous pouvez constater que l'aspect de la conjonctive est dans cette affection exactement le même que celui de la nmqueuse uréthrale des malades qui viennent se faire traiter de leurs blennorrhées. Mais ce n'est pas assez de cette identité d'apparences : ces deux affections se reproduisent l'une l'autre. Vous savez tous que la contagion du pus blennorrhagique de l'urèthre