‹ De l'enfant a l'adolescentChapitre 14 sur 18 · A. SOINS MORAUX · texte numérisé non relu

A. SOINS MORAUX

Par soins moraux, nous entendons les rapports à établir entre les enfants, les maîtres et l'entourage. Il faut que les maîtres observent le plus grand respect à l'égard des jeunes personnalités : dans l'âme de l'enfant sont cachées de grandes valeurs ; c'est dans l'esprit de ces jeunes garçons et de ces jeunes filles que réside tout notre espoir de progrès pour l'avenir. En outre, c'est eux qui seront les juges du présent.

C'est dans le secret de Vadolescent que se trouve la vocation intime de l'homme.

Si un progrès social se réaHse au cours des générations, le développement de ces enfants, devenus adultes à leur tour, sera supérieur à celui de leurs maîtres actuels.

On peut, en chaque adolescent, retrouver le symbole de Jésus se sentant Hé à un Père qui lui fait oubher ses parents terrestres, et

étonnant les sages et les vieillards par sa science. N'oublions toutefois pas que « Jésus suivit ses parents dans l'obéissance et travailla, soumis, se préparant à sa mission future. »

Ce respect pour les jeunes êtres est essentiel. On ne doit jamais traiter les adolescents comme des enfants : ils ont dépassé ce stade, et mieux vaut les traiter comme si leur valeur était supérieure à celle qu'ils ont réellement, que de minimiser leurs mérites et de risquer de blesser le sentiment qu'ils ont de leur dignité.

Il faut laisser à la jeunesse assez de liberté pour qu'elle puisse agir selon une initiative individuelle. Ménageons-lui donc des moyens en lui laissant la liberté de créer. Mais, pour que l'action individuelle soit à la fois libre et fertile, elle doit être réduite à certaines limites, et soumise à certaines règles qui constituent une direction nécessaire. Ces limites et ces règles doivent être observées par l'institution entière : on ne doit pas donner aux adolescents l'impression qu'ils sont inconscients, incapables de se discipliner eux-mêmes.

Ces règles, tout comme le matériel des plus jeunes enfants, doivent être « nécessaires et suffisantes » pour maintenir l'ordre et assurer le progrès. L'organisation doit être conçue de telle sorte que les adolescents ne se sentent, par la suite, dépaysés nulle part, et qu'ils

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puissent s'adapter dans n'importe quel milieu.

Cette adaptation se manifestera alors par une « collaboration )), source d'une harmonie sociale qui accélère le progrès individuel.

Le milieu doit faciliter « le libre choix ». Mais il faut éviter que l'enfant perde son temps et ses énergies en suivant des préférences vagues et incertaines.

C'est de l'ensemble de ces dispositions que surgira, non seulement la discipline, mais encore la preuve que cette discipline est un aspect de la liberté individuelle, un facteur essentiel du succès dans la vie.

Il est indispensable de veiller à l'ordre dans lequel se succèdent les occupations au long du jour, et de bien choisir le moment des changements. C'est à dire qu'il faut se servir des occasions qui s'offrent et qui concourent à une organisation.

On doit aussi, à côté des occupations actives, faire sa part au besoin de solitude et de calme : ce sont deux nécessités chez l'adolescent.

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