‹ De l'Enophtalmos TraumatiqueChapitre 10 sur 20 · OBSERVATION XXIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXIII

Panas, Traité des maladies des yeux, tome IT, page 401

Chute sur le sourcil. — Tumeur veineuse. — Strabisme., — Enophtalmie et exophtalmie alternantes.

A l’âge de 18 ans, chute sur la région sourcilière gauche suivie d’un léger goître. Il y a dix ans, apparition d’une tumeur veineuse grosse comme une noisette à l’angle supero-interne de l'orbite gauche, toutes les fois que la malade se penche en avant ou fait un effort. Cinq ans plus tard, dans le cours d’une grippe, ecchymose palpébrale du même côté avec léger strabisme interne concomitant de l’œil droit.

Jamais de battements ni de souffle.

Un an après, enorbitis que la maïade essaye de dissimuler en se serrant le cou avec un ruban; mais bientôt, par suite de l’exagération de l’enophtalmie, cet artifice devient insuffisant.

Jusqu’alors, la vue est restée normale et l'affection n'a déterminée aucune douleur, sauf dans l'attitude penchée qui s'accompagne de forte exophtalmie.

OBSERVATION XXIV Van Duyse et Bribesia, Arch. d'Opht., 1895

Heurt contre une solive. — Enophtalmie et exnophtalmie alternantes. — Diplopie.

Désirée R.., 29 ans, houilleur à Trazegnies (Hainaut), ayant terminé sa Journée au fond de la bure, le 28 septembre 1894, marchait rapidement dans une galerie peu

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éclairée, lorsque sa face vint heurter du côté droit une solive saillante. C’est la région circum-orbitaire qui paraît avoir porté; une forte ecchymose des paupières ayant été la suite de la contusion.

Le sujet a continué sa route plus ou moins hébêté. «Il n’était plus le même » Il ne paraît pas que f’æœdème palpébral eut été tel que l’œil fut entièrement fermé. Le « blanc de l'œil a été injecté. » 11 y a eu des douleurs sourdes la nuit, pendant près de deux mois, surtout vers le front. C’est tout ce qu’on peut tirer de cet homme d'intelligence médiocre.

D’après une note qui nous a été fournie par le confrère qui lui a donné des soins antérieurement, le sujet est atteint de tuberculose au premier degré.

Désiré R.. a un motif bien singulier à faire valoir pour expliquer son incapacité absolue de travail. lepuis quelque temps, depuis la mi-novembre, chaque fois qu’il se baisse, chaque fois qu'il fait un effort « l’œil lui sort de la tête» ; il n’y voit plus, et d’assez vives douleurs s’irradient au pourtour de l'orbite.

Nous constatons ce qui suit:

11 n’existe aucune cicatrice visible au pourtour de l'orbite.

Il n’y a pas de plaie.

Ce qui nous frappe à première vue, c’est l’'enfoncement de la paupière supérieure entre le rebord de l'orbite et le globe oculaire, comme si une certaine quantité de tissu adipeux avait disparu à ce niveau. On peut en dire autant de la paupière inférieure. L’œil dans la station debout ou assise ne présente d'autre anomalie qu’un léger enfoncement, ce qui, joint à la position profonde du voile palpébial supérieur, communique à la face un certain degré d’asymétrie. Une mensuration approximative de la saillie des deux yeux, en admettant la symétrie des canthus osseux externes de l'orbite fournit avec la double règle de Lanelolt :

O. G. — saillie 12 millimètres. O. D. — saillie 8 millimètres.

Il y aurait donc un écart de quatre millimètres entre les deux yeux, l’œil droit serait rentré de quatre millimètres. Il y

a, en d’autres termes, énophtalmie à droite, et vu la contusion, point de départ des iroubles observés, énophtalmos traumatique.

Il n'existe pas de vaisseaux variqueux au pourtour de l'orbite ni dans les paupières. Les fentes palpébrales sont semblables. L'examen ophtalmoscopique ne montre aucune anomalie.

Aucune gêne dans le fonctionnement des muscles oculaires à noter, seulement dans le regard en haut le nystagmus si fréquent chez les ouvriers des mines.

Que notre malade vienne à faire un effort quelconque en soulevant un poids, en soufflant dans la main fermée, qu’il se baisse pendant un temps très court, moins d’une minute par exemple, et aussitôt les deux paupières droites s’écartent en se bombant, l’œil glisse lentement, progressivement en avant. Il est repoussé en avant en bas et en dehors, et au summum de la procidence, la pupille droite se dilate brusquement. L’exophtalmie est moins forte que dans la position inclinée en avant et en bas de la tête. |

La compression de la jugulaire droite détermine déjà la saillie de l’œil droit. Elle se prononce davantage quand on fait la compression des deux côtés.

Bref, le phénomène se produit chaque fois que la tension intra-vasculaire vient à augmenter dans le système veineux de la tête.

La vision est abolie, lorsque la projection de j’œil se fait à un degré notable. I] y a toujours, et dans toutes les positions, diplopie au début de l’exophtalmie.

L'ophtalmoscope ne nous a montré pendant l’exophtalmie, aucune modification vasculaire dans et au pourtour de la papille.

À la palpation on ne perçoit aucune tumeur rétrobulbaire,

Le stéthoscope ne révèle aucun bruit de souffle au pourtour de l'orbite. Aucune vibration, aucune pulsation ne se commu nique à la main appliquée sur la région oculaire.

Le malade ne perçoit aucun souffle systolique, aucun susurrement dans la tête,

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Notons l'absence de varices en des régions quelconques du corps.

Le summum de la procidence oculaire est atteint dans l'effort, la respiration étant retenue, au bout de 30 secondes en moyenne. [l faut quelques secondes de plus pour que l'effort venant à cesser, l’œil reprenne sa place normale.

Pendant l’exophtalmie, on repousse très facilement l’œil au fond de l'orbite, l’affaissement des tissus propulsés en avant avec l’œil est rapide, immédiat.

Lorsque le malade est couché sur le dos, l’œil ne rentre pas davantage dans l’orbite. Il fait, au contraire, une légère saillie et la pupille est déviée en bas et un peu en dehors. Il y a diplopie avec écart des images en hauteur.

Dans Ja position couchée sur le côté, plus spécialëment sur Je côté droit, les deux paupières bombent à droite, le globe faisant une plus forte saillie que tantôt. I] y a toujours diplopie, on la constate encore quand le malade se couche sur le ventre.

La diplopie persiste une fraction de minute lorsque la position verticale est reprise. Dans la station assise en comprimant la jugulaire droite, on détermine de face une diplopie homonyme aux images superposées. L’écartement de ces images augmente à mesure que la projection de l’œil s’accentue par une compression plus énergique de la jugulaire droite en s'adressant simultanément à la jugulaire gauche.

OBSERVATION XXV Oliver, Philadelphie, Oph. Record, Janv. 1897

Coup de navette, — Acuité visuelle diminuée. — Mobilité diminuée. — Mouvements cloniques et fibrillaires de l’aile du nez.

Un tisserand, âgé de 47 ans fut amené le 13 juillet 1892 à la clinique de Wills Eye Hospital.

Il raconte qu’il s’est donné il y a cinq semaines un cou avec sa navette sur l’œil gauche. On l’a traité pour l’inflammation

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de son œil et de la tuméfaction des parties voisines. Mais mainwenant il se plaint d’une diminution de l’acuité visuelle de son œil gauche. Celui-ci s’est enfoncé dans l’orbite et le sommet de la cornée est sur un plan postérieur de 4 à 5 millimètres à celui de l’autre.

A —- à gauche.

Les paupières sont fermées de ce côté et la fente est plus étroite de 3 millimètres. Le muscle droit supérieur gauche est complètement paralysé de sorte que le bord supérieur de la cornée est reste plus bas de 2""1[2 que celui de l’autre cornée.

La recherche de la diplopie montre qu'il existe une légère parésie du muscle oblique inférieur gauche.

Pendant cet examen, on remarque à plusieürs reprises que lorsque le malade fixe un objet rapproché, il se produit des mouvements cloniques les deux ailes du nez, mais plus fortement du côté gauche. Ilexiste en même temps des mouvements fibrillaires de l’orbiculaire des paupières et quand l’orbiculaire se contracte fortement, les mouvements cloniques du nez disparaissent pour faire place à une contraction.

On ne peut sentir à la palpation de fracture du crâne.

OBSERVATION XXVI Neulen, Inaug. Diss., Greifswald 1897

Coup. — Perte de connaissance. — Acuité visuelle diminuée. — Ptosis, — Anévrysme artériel de la macula.

Wilhelm Gentz, garçon de 16 ans, reçoit un coup en 18096 en conduisant la charrue. Il perdit connaissance et ne sortit de cet état que 24 heures après, sans aucun souvenir de ce qui s'était passé,

Le coup avait porté sur l’œil et les paupières gauches.

D'après le médecin qui le soigna à ce moment, le maxillaire n’était pas blessé, mais seulement la peau qui le recouvre.

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Pendant la première semaine après l'accident, toute la moiüié gauche de la face fut si gonflée, qu’il ne pouvait ouvrirles paupières.

Après la disparition de cet œdème, le patient trouva que l’acuité visuelle de son œil gauche était diminuée,

Il ne pouvait plus compter les doigts qu’à une très faible distance. Son œil droit était bon.

La blessure mit assez longtemps à se cicatiiser, elle suppura quelque temps et on dut faire plusieurs incisins.

Status præœsens. — À l'inspection on voit une cicatrice longue de quatre centimètres &t demi, parallèle au bord inférieur de la paupière, et distante de celui-ci de 3 centimètres. A sa terminaison du côté temporal, on remarque une fistule où le stylet peut pénétrer à quelques centimètres de profondeur et atteindre l’os. Une autre cicatrice plus large se trouve du côté nasal et sous le canthus interne ; elle forme un repli de peau convexe en haut.

La peau des paupières est plus pigmentée que celle du visage. L’os paraît absolument normal sur le rebord orbitaire supéro-externe; il est considérablement épaissi au bord inférieur et principalement du côté externe.

Ptosis. — Fente palpébrale de 4"" à gauche, 10 à droite.

Enophtalmie de 3 millimètres.

Quand les paupières sont ouvertes, l’œil est éloigné du canthus externe de 3 à 4 millimètres.

Les mouvements ne sont pas modifiés, l’œil est normal.

Pupille droite un peu plus large. Milieux clairs.

Un examen ophtalmoscopique montre que la papille est un peu pâle dans sa moitié temporale et voilée du côté du nez. Les artères paraissent normales ; les veines sontun peu dilatées et sinueuses. |

Au-dessus de la papille, concentriquement à elle et à une distance égale à son diamètre, on voit un anévrysmeartériel au milieu duquel $e trouve un point pigmenté ; il est large comme le quart de la papille, mais il n’y a pas d’hémorrhagie à son pourtour.

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De

Au point correspondant à la macula, on trouve uhe partie très blanche et très grande ayant la forme d’une amande dont le grand axe irait de bas en haut et de dedans en dehors. En son milieu, pas de pigmerntation, mais un peu à sa partie supérieure mince et jaunâtre.

On trouve encore du côté temporal, un second anévrysme circulaire comme le premier.

Le patient fut renvoyé le 7 novembre après qu’on eut ouvert la fistule le 3 octobre et relevé la paupière supérieure dè 5 millimètres le 6 octobre.

La fistule s’est fermée depuis et la fente palpébrale mesure 6 à 7 millimètres pour une ouverture ordinaire.

OBSERVATION XXVII Brüner, Ophtalmic Record, Septembre 1897

Chute sur le nez. — Diplopie. — Piosis. — Acuité visuelle diminuée. ,

C.W.R..., âgé de 33 ans, en tombant se cassa le nez et le côté externe de l'orbite droit ; on dut même extraire une partie de l'os malaire. Il y eut un œdème assez fort des paupières et de toute la moitié droite de la face qui subsista quelque temps.

Après dégonflement des tissus, le patient entr'ouvrant l’œil, s'aperçut qu’il voyait double. Pour éviter cette diplopie, il est obligé de rejeter la tête en arrière.

La paupière supérieure est abaissée, mais ce ptosis est mécanique eta pour cause, l’enfoncement du globe dans l'orbite.

L’œil est manifestement dévié en bas, il se meut libremen, dans toutes les directions excepté en haut.

On: V=+ OC VEEN

Les pupilles sont égales et réagissent bien à la lumière et à l'accomodation.

Quand les yeux sont fermés, l’œil droitest plus enfoncé dans l'orbite de 2 à 3 millimètres,

Huit mois plus tard la diplopie était moindre, mais l'aspect général du malade était le même.

OBSERVATION XXVIII hoberts, Arch. für Augenheïlkunde, 1897, Bd 34, p. 258

Coup de pied de cheval. - Délire. — Mort au bout de cina jours. — Autopsie.

À la suite d’un coup de pied de cheval, un homme de 45 ans ne remarqua qu’une blessure peu conséquente du bord orbitaire supérieur gauche. Un mois plus tard surviennent des troubles psychiques, du délire, l'œil s’enfonce dans l'orbite, la pupille dilatée ne réagit plus.

À l’ophtalmoscope on constate une légère névrite.

Pensant à une méningite, ou peut-être à un abcès cérébral on réouvrtit la plaie et on réséqua une partie de l’os fracturé et du plafond de l'orbite ainsi que quelques petites esquilles adhérentes à la dure-mère.

Le malade mourut le cinquième jour.

À l’autopsie on trouve de la méningite au niveau du lobe frontal et des adhérences de la dure-mère avec l'os.

OBSERVATION XXIX Maklakow, jun. Clin. Opht., 1897, n° 18.

- Coup. — Vision diminuée. — Luxation du cristallin. — Mobilité diminuée. -- Champ visuel légèrement rétréci.

Le 3 mars de l’année 1897 se rendit à la clinique ophtalmologique de Moscou, ur nommé M..., âgé de 67 ans. Îl y a huit mois, il reçut un coup dans la région orbitaire droite qui lui coupa la paupière inférieure. Cetraumatisme ayant provoqué une légère hémorihagie du nez et du larynx, ne produisit pas de grande douleur et le malade ne perdit pas connaissance.

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