CHAPITRE XVII
point de vue ; maintenant, par où commencer?
Ce qui nous frappe d'abord dans un objet grand ou petit,, c'est sa grandeur et sa petitesse mêmes, c'est-à-dire ses proportions et sa forme, qui se fondent en une seule et même sensation; c'est donc par là qu'il faut commencer; aussi bien, la description impliquant une revue analytique des parties, il est naturel de donner d'abord une idée de l'ensemble,, sauf à revenir sur cette ébauche rapide, pour en accuser les traits principaux. Toute description se compose donc ainsi d'une analyse comprise entre deux synthèses, dont la première est un aperçu et la dernière un résumé.
Chaque, pays a sa beauté ; les plus déshérités, ceux qui ne sont que des amas de glaces ou des étendues de sables, ceux-là ont encore une sorte de beauté imposante ou terrible ; si on se propose avant tout de rendre la sensation que donne et le sentiment qu'inspire l'aspect d'un pays, la description sera littéraire ou poétique; si au contraire on veut surtout instruire, elle sera géographique, scientifique.
Supposons que la nôtre soit de ce genre; l'enfant d'abord mesure le pays en largeur et en longueur, puis il en décrit la forme et, pour y réussir, il peut avoir recours à quelque comparaison ; presque tous les pays s'y prêtent ; les uns ont des formes presque régulières, et, malgré quelques accidents de détail et quelques caprices de contour, on peut, sans
trop de violence, les faire entrer dans quelque figure ou moule géométrique tels que le triangle, le carré, le pentagone, le cercle, etc. ; pour les autres, dont l'irrégularité trop accusée échappe aux prises du compas, on peut souvent trouver dans la nature, dans l'art ou l'industrie des formes correspondantes ou du moins ressemblantes. Après la forme, ce qui attire le regard, ce sont les montagnes, qui tantôt s'étendent autour d'un pays et lui forment une ceinture ou des remparts, tantôt le traversent en tous sens et le partagent en bassins. Dans chacun de ces bassins le regard suit de lui-même le cours du fleuve qui s'y déroule, qui reçoit, chemin faisant, les eaux de ses affluents et s'en va grossissant dégorger dans la mer. Voilà des divisions naturelles et ce qu'on pourrait appeler la charpente osseuse et le réseau artériel et veineux d'un pays. Voyons maintenant la chair et la peau, puis le vêtement, la parure. La chair, c'est la terre elle-même ; bien qu'on n'en voie pas le sein, il sera bon de le décrire ; car ce sont les trésors qu'il recèle, les mines de charbons et de métaux, qui créent, nourrissent et développent toutes les formes de l'industrie ; ce sont les éléments divers dont il se compose, qui en sortent et la couvrent ici de pâturages, là de moissons, plus loin de forêts. Il faut donc regarder dans le sol, puisque c'est le sol d'un pays qui explique les industries qui y vivent, les cultures qui y fleurissent et par suite le commerce qui y prospère. La teri*e tient la clef