CHAPITRE XVIII
De même Chateaubriand termine ainsi sa description d'une nuit dans les déserts du nouveau monde :
« La grandeur, l'étonnante mélancolie de ce tableau ne sauraient s'exprimer dans les langues humaines ; les plus belles nuits en Europe ne peuvent en donner une idée. En vain, dans nos champs cultivés, l'imagination cherche à s'étendre, elle rencontre de toutes parts les habitations des hommes ;. mais,. dans ces pays déserts, l'âme se plaît à. s'enfoncer dans un océan de forêts, à errer au bord des lacs» immenses, à planer sur le gouffre des cataractes, et, pour ainsi dire, à se trouver seule devant Dieu. »
Ainsi voilà donc la description achevée et marquée, par l'impression où elle se résume, <de ce cachet de l'unité nécessaire à toute composition littéraire.
Si l'homme y figure comme acteur, c'estr à-dire, si on l'y voit agir, lutter, souffrir, alors l'intérêt se déplace, etpasse du phénomène lui-même à l'homme qui est aux prises avec lui ; dans ce cas, sans cesser d'être en partie descriptive, la composition tourne au récit; car tout récit se compose d'une série d'actes ou d'actions.