CHAPITRE XIX
du deuxième acte d'itthalie, c'est-à-dire l'interrogatoire de Joas. C'est évidemment J'enfant-roi qui formerait l'unité du tableau ; c'est sur lui que porte en effet l'intérêt, c'est sur lui que se dirigent tous les yeux, c'est autour de lui que se grouperont tous les autres personnages dans des attitudes différentes.
Athalie a vu en songe un enfant armé
* D'un homicide acier Que le traître en son sein a plongé tout entier.
Cet enfant vu en rêve, elle l'a retrouvé au temple et reconnu. Qui est cet enfant? elle veut le savoir et pour cela l'interroge. Si ses soupçons se confirment, c'en est fait de Joas. C'est donc sa vie qui est en jeu , et sa vie ne tient qu'à un mot, qu'à un fil.
L'enfant est au milieu du ta.bleau; son visage
respire la candeur et la sécurité, car il ignore le
danger qu'il court; ses traits ont aussi la- noblesse
qui révèle un enfant de sang royal. En face est la
reine qui plonge dans ses yeux limpides un regard
inquiet et perçant; derrière Joas et penchée sur lui
comme pour le défendre, se tient Josabeth, sa mère
adoptive, tremblante et s'efibrçant en vain de cacher
son effroi ; derrière Athalie, Abnèr, avec sa figure
loyale de vieux soldat, résolu à tenir sa promesse,
fût-ce au péril de ses jours. L'unité de ce tableau est
saisissante, puisque tous les regards sont fixés sur les
yeux de l'enfant royal, et que tous les personnages