‹ De l'enseignement à l'école et dans les classes élémentaires des lycées et collègesChapitre 16 sur 262 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

frayent, quand ces connaissances facilement acquises peuvent si largement accroître leur richesse et leur bonheur?

Est-il besoin de dire qu'en un temps où Ton s'efforce d'arracher l'agriculture à la routine, où les progrès accomplis chez les peuples étrangers viennent stimuler l'activité nationale, où le développement prodigieux des richesses industrielles et de la propriété mobilière doit provoquer un développement parallèle de nos richesses foncières, sous peine de rompre l'équilibre entre les detfx grands éléments de la prospérité publique, est- il besoin de dire que l'agriculture devait prendre place dans l'enseignement élémentaire? A qui enseignerait-on l'agriculture, sinon à ceux qui, pour la plupart, doivent un jour travailler la terre ? L'on ne se propose pas de pousser les futurs cultivateurs dans la voie des innovations chanceuses et d'exposer à la ruine de modestes patrimoines laborieusement conquis. Il s'agit de dégager peu à peu les esprits des préjugés et des habitudes routinières, de l'es rendre plus accessibles aux améliorations reconnues, de les initier non pas aux recherches et aux expériences de la science qui se fait, mais aux résultats certains de la science déjà faite. Ainsi compris, ainsi donné, cet enseignement doit préparer au pays des agriculteurs assez éclairés pour çenoncer^à des traditions stériles et pour éviter des expériences ruineuses.

Jusqu'à ce jour, on n'enseignait à l'école primaire

que la seule histoire de France, ou, pour parler plus exactement, qu'une partie de l'histoire de France. Car, comme on avait négligé de régler la marche et la distribution de cet enseignement, beaucoup d'instituteurs, peu pressés d'arriver aux derniers temps, ralentissaient le pas et atteignaient à grand'peine la date de 1789. Dans les nouveaux programmes, on a donné à l'histoire moderne la place d'honneur qui lui revient ; et comme l'histoire de France est étroitement liée à celle des autres peuples, comme elle est à peu près inintelligible à l'état d'isolement, on l'a replacée dans son jour et dans son milieu en prescrivant l'exposé des grands événements de l'histoire générale.

De plus, en dehors de l'histoire sainte, les enfants ne savaient rien du passé ; l'antiquité n'était pour eux qu'un mot vide de sens. On a pensé avec raison qu'il était bon de leur mettre sous les yeux un tableau sommaire mais complet de l'histoire de l'humanité, et qu'un peuple qui doit tant à l'antiquité grecque et romaine ne devait pas rester totalement étranger à l'histoire des nations les plus illustres du monde. Aujourd'hui presque tous les peuples de la terre ont noué entre eux des relations politiques et commerciales ; nos vaisseaux vont toucher à tous les rivages, nos explorateurs sillonnent le 'monde en tous sens, et s'ouvrent un chemin jusqu'au cœur des continents immenses; ne convenait-il pas d'étendre aussi le domaine de l'enseignement géographique et

Page 1