CHAPITRE PREMIER
de mettre nos jeunes écoliers à même de suivre en imagination lestas de leurs vaillants compatriotes et te pavillon des navires français?
Mais les auteurs de ce programme magistral ne se sont pas bornés à rendre l'école plus féconde par la richesse et la variété des enseignements ; ils se sont efforcés de la rendre plus attrayante, et, à côté des sciences nécessaires, ils ont placé les deux arts à la fois les plus agréables et les plus utiles, la musique et le dessin. Ces arts en effet ne servent pas seulement a rompre l'uniformité des études plus sévères ;' ils contribuent efficacement an développement des autres facultés, ils répondent à de véritables -besoins de notre nature, ils sont des auxiliaires dans l'exercice de mainte profession, un élément de perfectionnement intellectuel et moral, une initiation à une vie supérieure.
' L'homme est essentiellement imitateur et la main et la voix sont ses instruments d'imitation. Quelle merveilleuse ressource, dans la vie qu'une main exercée, qui, à l'aide d'un crayon, peut reproduire tour à tour les objets qui le charment et les inventions qui le frappent ! Et la musique, quelle source de plaisirs élevés, quelle défense contre l'ennui, quelle bonne et joyeuse compagne des travaux manuels ! •
L'enfant chante et dessine spontanément; il charbonne les murailles, il répète les refrains du foyer. Le chant fait la gaieté de la vie domestique ; il doit
être l'âme de la vie scolaire. Par lui, les sentiments patriotiques pénètrent dans les cçeurs et les font vibrer à l'unisson.
Voilà, dans leur ensemble, dans leur esprit et leur portée, les programmes du 27 juillet 1882. Il ne sont pas une pure et sèche nomenclature ; mais sur le but, l'objet et la méthode de chaque enseignement, vous y trouverez des indications précises, de sages conseils, des vues profondes. On n'y lit pas seulement les desseins d'une haute intelligence, on y sent une chaleur communicative, un souffle patriotique et puissant.
Et maintenant que le gouvernement de la République a fait son devoir, à nous de faire le nôtre. ** -
Ces programmes, il ne suffit pas de les lire et de les relire, il nous convient de les méditer, de nous pénétrer des obligations qu'ils imposent, de l'esprit qui les anime, des nobles sentiments qui y respirent. Je ne me dissimule pas, croyez-le bien, les difficultés que nous avons à vaincre, les obstacles que nous avons à surmonter. Il nous faudra enseigner bien des choses que nous ne pouvons guère savoir encore, et, toutmaîtresquenous sommes, redevenir écoliers. Que représente aujourd'hui le programme du brevet élémentaire? Moitié à peine du programme des écoles primaires. Assurément, cette disproportion entre la valeur du titre qui confère le droit d'enseigner et l'étendue des matières que comprend l'enseignement