‹ De l'enseignement à l'école et dans les classes élémentaires des lycées et collègesChapitre 166 sur 262 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

sa pauvreté» ou sa richesse, sa décadence ou sa prospérité, sa gloire on son obscurité.

Le sujet de la leçon amène-t-il le maître en quelque lieu fameux, par exemple sur un champ de bataille, assurément il ne devra point passer sans réveiller des souvenirs tristes ou glorieux; mais qu'il se borne à rappeler, et qu'il ne s'engage pas dans quelque long récit ; il sortirait de la géographie et verserait dans l'histoire.

Rencontre-t-il sur son chemin quelque monument célèbre, comme le pont du Gard, il s'arrêtera un moment, mais non pour se mettre à décrire en touriste ou à disserter en archéologue ; quelques mots sur le but du monument, sur sa forme et son antiquité, et il poursuit son chemin.

Ainsi le maître doit se retenir et prendre garde de glisser dans les hors-d'œuvre ou les digressions ; la leçon doit être suivie, liée, composée, et non brisée, inégale, enflée par endroits.

Rien n'empêche de revenir une autre fois et dans un autre exercice sur les phénomènes physiques, sur les villes ou les monuments, dont on s'est éloigné à regret, de satisfaire une curiosité légitime, et de compléter l'enseignement géographique proprement dit par des lectures ou des dictées bien choisies et faites à propos.

Une carte complète d'un pays au premier aspect est un véritable fouillis où l'innombrable quantité des signes accumulés et entremêlés, la variété de ces

signes, points, ronds, lignes pleines, lignes pointillées, hachures, couleurs, produisent une sorte de fourmillement dans l'œil ou d'éblouissement; mais cette variété même est la preuve qu'une carte comprend plusieurs espèces ou systèmes d'indications différentes, ou en d'autres termes plusieurs cartes fondues ou combinées ensemble. De là l'idée de décomposer la carte complète en une série de cartes partielles, correspondant aux divers ordres de renseignements, de manière à remplacer la complexité par la simplicité, et le désordre apparent de la simultanéité par l'ordre de succession logique.

Cette décomposition de la carte générale en cartes spéciales n'est qu'une heureuse application de la méthode générale, qui consiste à faire dans toute étude succéder au premier coup d'œil nécessairement synthétique un examen attentif des parties l'une après l'autre.

Cette étude analytique peut, disons-nous, se faire et se poursuivre dans un ordre logique; en effet il est naturel d'étudier d'abord la terre ou le sol d'un, pays quelconque tel que la nature l'a livré à l'homme, c'est-à dire de commencer par la géographie physique, et dans celle-ci par la carte orographique, puisque ce sont les montagnes qui déterminent le cours des fleuves et des rivières, et qui expliquent aussi la formation des lacs; vient ensuite la carte hydrographique ; une troisième, qui serait le complément naturel des précédentes, serait celle des

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