‹ De l'enseignement à l'école et dans les classes élémentaires des lycées et collègesChapitre 167 sur 262 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

limites et surtout des mers et des côtes, puisque sur ces côtes on retrouve le pied ou les dernières pentes ou ramifications des montagnes, et l'embouchure de tous les fleuves.

Je crois qu'il importe de retenir longtemps les enfants sur ces premières cartes, parce qu'elles sont comme le fondement des autres qui viennent successivement s'y appliquer et s'y superposer; parce qu'elles contiennent en germe l'explication de toutes les divisions que l'esprit local ou le génie centralisateur y ont introduites, comme les provinces et les départements; de toutes les œuvres accomplies par l'homme pour mettre en communication .tous les points d'un vaste territoire; de tous les travaux exécutés pour assurer la sécurité des frontières; de tous les efforts faits pour féconder le sol; de tous les grands centres créés par les industries diverses ; de tous les grands courants formés par l'activité commerciale; de telle sorte que, toutes les fois qu'une carte spéciale vient placer sous les yeux un nouvel aspect du pays, il faut toujours se reporter aux premières pour bien comprendre la nouvelle, et qu'à travers et sous celle-ci on doit toujours voir nettement le système des montagnes et le système des eaux.

.Une fois les montagnes, les fleuves et les rivières bien imprimés dans la mémoire, je passerais immédiatement à la carte politique, parce que presque tous les départements portent des noms de fleuves,

de rivières ou de montagnes, parce que celte carte se fait à l'aide des premières, qu'elle contribue à en graver le souvenir, qu'elle est d'une importance capitale, et qu'on en a besoin pour toutes les matières de l'en seignement géographique .

Mais, me dira-t-on, la place que vous donnez à la carte des départements constitue un anachronisme; les provinces en effet ont précédé les départements et, par conséquent, la carte qui représente cette division politique devrait avoir le pas sur l'autre; on pourrait répondre que ce serait corriger un anachronisme par un autre, car, avant d'être divisée en provinces, la France a été partagée de plusieurs autres manières. Je crois qu'il faut distinguer nettement et séparer dans renseignement la géographie proprement dite et la géographie historique. La première nous enseigne à connaître notre pays et le monde tel qu'ils sont à l'heure présente; l'autre, tels qu'ils ont été aux époques principales de l'histoire. Celle-ci, qui est une auxiliaire de l'histoire, doit, à mon*avis, la suivre; et c'est au maître, quand le moment est venu, de faire faire aux enfants la carte politique qui répond à l'époque dont il raconte l'histoire.

Les départements une fois tracés, il convient de les remplir, et la première chose à y mettre, ce sont les chefs-lieux, puis les sous-préfectures les plus importantes, celles qu'on aura à mentionner plus tard pour une raison ou pour une autre. Avec cette carte le maître peut exposer l'organisation politique

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