‹ De l'enseignement à l'école et dans les classes élémentaires des lycées et collègesChapitre 171 sur 262 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

et c'est ce qu'on ne fait guère, même ailleurs qu'à l'école primaire.

Supposons que nous lui donnions à tracer le cours d'un fleuve, celui du Rhône par exemple et voyons comment nous pourrions le guider.

Dans notre étude sur la description nous avons dit qu'il faut d'abord embrasser d'un coup d'œil l'objet qu'on veut décrire, puis le décomposer ou le partager en ses parties essentielles. Pour dessiner, la méthode, est la même. L'enfant suivra donc deux ou trois fois d'un regard attentif le cours du Rhône depuis sa source jusqu'à son embouchure, en descendant le fleuve et en le remontant. Gela fait, le maître lui demandera, s'il ne lui semble pas que le cours du fleuve se. partage tout naturellement en plusieurs parties, et je me trompe fort, ou l'enfant répondra que le fleuve est comme arrêté ou brisé en deux points, arrêté au lac de Genève et brisé à Lyon ; ce qui fait comme trois fleuves ajoutés les uns aux autres, ou un fleuve en trois parties, la première qui va de la source au lac, la seconde du lac à Lyon, la* troisième de Lyon à la mer.

Si l'enfant cherche à se rendre compte de ce qui l'a guidé instinctivement dans ce partage du fleuve, il trouvera ou on l'amènera sans peine à trouver que c'est surtout le changement de direction ; en effet, dans la première partie de son cours, le Rhône coule à peu près de l'est à l'ouest; dans la seconde, du nord-est au sud-est, et dans la troisième, du nord au

sud. Cette remarque faite servira de règle à l'enfant pour l'étude des autres fleuves ou rivières ; en effet ces changements, tantôt brusques et complets de direction, tantôt plus lents et moins accusés, forment comme les articulations des fleuves.

L'enfant peut donc tracer d'abord à la règle trois lignes représentant la route que suivrait le fleuve dans ses trois étapes, s'il allait tout droit d'un point à un autre. Pour donner à ces lignes leur longueur, il emploiera le décimètre ou le compas. Gela fait, il compare ces lignes entre elles et voit que les deux premières ont à peu près la même longueur, et que la troisième est à elle seule un peu plus longue que

les deux autres. C'est là en effet une remarque importante à faire dans tout travail de reproduction ou de réduction ; il est impossible d'arriver à la ressemblance, si l'on n'a pas observé les proportions relatives des parties. Je n'ai pas besoin de dire que l'enfant prendra, chemin faisant, la longueur du lac, et qu'il le représentera sans peine sous la forme d un croissant allongé.

Voilà donc trois pas défaits, ou, pour mieux dire, trois petites opérations préliminaires et presque toujours nécessaires, quel que soit l'objet qu'on veut reproduire : décomposition du tout en parties, et comparaison de ces parties entre elles sous le rappo ft de la direction et de l'étendue.

Maintenant l'enfant va se mettre à dessiner successivement chacune des parties ; et pour cela »

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