‹ De l'enseignement à l'école et dans les classes élémentaires des lycées et collègesChapitre 172 sur 262 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

compare la ligne droite qu'il a tracée à la ligne sinueuse, qui sur la carte représente la partie correspondante du fleuve ; il note les écarts plus ou moins grands que fait le fleuve au-dessus ou au-dessous de la ligne droite et les déviations qu'il subit dans sa direction générale. Ainsi il remarque qu'avant d'arriver au lac, le Rhône, infléchi par une saillie des Alpes, fait un coude énorme ou un angle presque droit, un grand V; que dans la seconde partie de son cours, à mi-chemin entre le lac et Lyon, refoulé par la pointe méridionale du Jura, il forme, en la contournant, un angle à peu près égal au premier, mais un peu moins ouvert ; que dans la troisième partie, la chaîne des Cévennes, après lui avoir barré le passage à Test, le force à couler droit vers le sud jusqu'au confluent de l'Ardèche ; qu'un peu au-dessous il décrit une courbe à l'est, pour reprendre ensuite sa direction rectiligne jusqu'à l'endroit où, partagé en deux par l'amas du limon qu'il charrie, il va se jeter dans la mer par deux bouches en formant un delta. De même que, pour se rendre maître du fleuve entier, il avait commencé par le partager en trois, ainsi, examinant Tune après l'autre chacune de ces trois parties, comme un fleuve à part, et usant du même procédé, il les subdivise à l'aide des accidents que présente leur cours.

Après cette étude préliminaire, la main la plus inexpérimentée pourra tracer du fleuve une image reconnaissable ; il n'y a plus qu'à rappeler à l'enfant que, comme le fleuve va grossissant et s'élargissant

à mesure qu'il avance, le trait qui le représente devra suivre le crescendo du fleuve et prendre peu à peu plus de corps ; ce sera d'abord comme un fil qui insensiblement se changera en une ficelle, qui elle-même se transformera en cordon, et finira en corde.

On pourra ajouter que, comme les fleuves et les rivières rencontrent non seulement des montagnes et des chaînes de montagnes qui leur imposent leurs directions, mais qu'ils trouvent encore sur leur passage des obstacles.de tout genre, rochers, terres dures, arbres, etc., leur cours est ordinairement sinueux. Ce ne sont pas des flèches qui vont droit au bu t r mais de grands serpents qui tantôt s'allongent et tantôt se recourbent et se tordent; aussi dit-on communément d'un fleuve, d'une rivière, d'un ruisseau r qu'ils serpentent. L'enfant n'a donc pas à -se préoccuper du tracé des lignes, car l'incertitude même de sa main encore mal assurée est ici un gage de ressemblance. Enfin si le maître a bien voulu lui-même faire au tableau noir quelques études et tracés de ce genre, nul doute que l'enfant n'arrive assez vite à imiter convenablement non seulement la marche et l'allure des cours d'eau, mais toutes les formés et tous les signes dont l'ensemble et la combinaison composent une carte complète ; car la même méthode est applicable à toutes les parties de ce tout si complexe.

Le cours du fleuve une fois tracé, la première chose à faire est d'attacher les affluents, et pour

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