‹ De l'enseignement à l'école et dans les classes élémentaires des lycées et collègesChapitre 173 sur 262 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

cela il faut marquer les points d'attache. C'est encore par la comparaison que l'enfant arrivera à les déterminer. Il se bornera bien entendu aux affluents principaux, à ceux qui donnent leurs noms aux départements qu'ils arrosent. Comparant donc entre elles les distances qui séparent les confluents, il trouvera dans cette comparaison, pour sa main des indications suffisantes, et pour sa mémoire un secours précieux. S'il veut par exemple amorcer les affluents de la Seine, il remarquera que la distance entre le confluent de l'Aube à droite et celui de l'Yonne à gauche est à peu près la même que celle qui sépare le confluent de l'Yonne et celui de la Marne ; que la distance entre le confluent de la Marne et celui de l'Oise est presque moitié moindre, et enfin que la distance entre le confluent de l'Oise et celui de l'Eure est au contraire un peu plus grande ; il verra donc que le cours de la Seine, de son embouchure au confluent de l'Aube, se trouve partagé par les affluents en cinq parties, qu'il y en a quatre à peu près égales et que la plus petite, celle qui sépare la Marne de l'Oise, se trouve placée juste au milieu.

Si l'enfant a fait lui-même cette observation, il ne l'oubliera pas; ou, s'il l'oublie, un coup d'oeil sur la carte la lui rappellera bien vite ; et si on lui demande de placer les confluents, il les placera Bans hésiter. Pour déterminer ces sortes d'embranchements, il peut s'aider aussi des accidents que tous

les fleuves offrent dans leur cours ; ainsi il remarquera aisément que l'Aube s'amorce à l'endroit où la Seine tourne à Fouest-sud-ouest ; que l'Yonne se jette dans la Seine dans la partie la plus méridionale de son lit, et ainsi de suite. En comparant les affluents entre eux sous le rapport de la longueur, il voit que la Marne est le plus grand, l'Eure le plus petit, et que les trois autres ont à peu près la même longueur. De même la comparaison de ces mêmes affluents sous le rapport de la direction lui montre que l'Aube et l'Yonne coulent dans le même sens que la Seine ; que la Marne décrit au-dessus de la Seine un grand arc de cercle, se tenant toujoursàégale distance du fleuve ; et que dans la dernière partie de son cours elle coule, comme l'Oise aussi, parallèlement à la Seine, c'est-à-dire de l'est-nord-est, à l'ouest-sud-ouest; enfin que l'Eure fait avec la Seine un angle très aigu.

Je n'ai pas besoin de dire que, l'étude du relief du sol et du système des montagnes ayant dû précéder Pétude des cours d'eau, l'élève connaîtra déjà les monts du Morvan d'où descend l'Yonne ; le plateau de Langres, d'où coulent parallèlement la Seine, l'Aube et la Marne ; les Ardennes, où l'Oise prend sa source, et les collines du Perche qui donnent naissance à l'Eure ; il aura donc ainsi le point de départ et le point d'arrivée, la longueur relative des trajets, et la direction générale des cours, et pourra les tracer de mémoire et à main levée. Si

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