‹ De l'enseignement à l'école et dans les classes élémentaires des lycées et collègesChapitre 177 sur 262 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

cipe et la pratique de la tolérance religieuse? Dans quelle mesure se sont développés les sentiments d'humanité et de solidarité entre les peuples et entre les particuliers? Que faisait-on autrefois pour soulager les misères publiques ou privées ? Quels sont aujourd'hui les services de l'assistance publique, ses ressources, ses formes diverses? Toutes nos institutions de prévoyance, caisses d'épargne, sociétés de secours mutuels, d'assurances, sont-elles anciennes ou récentes? Voyait-on, dans les siècles précédents, ces magnifiques élans de charité internationale, ces grandes et fructueuses souscriptions, qui prouvent que les malheurs d'un peuple trouvent un écho dans le coeur des autres peuples? Quels ont été les progrès de l'industrie, du commerce, de l'agriculture, des lettres, des arts? Comment les sciences expérimentales ont-elles, en moins d'un siècle, changé la face du monde?

Chemins de fer, bateaux à vapeur, télégraphes électriques, etc., toutes ces inventions étonnantes et fécondes, en combien de temps les a-t-on vues éclore? Quel a été dans le cours d'un siècle l'accroissement de la population, de la richesse publique, du bien-être, de l'aisance ? Entre quelles mains était autrefois la propriété ? Quel est aujourd'hui le nombre des propriétaires? Que faisait-on autrefois pour l'instruction du peuple, que fait-on, °u plutôt que ne fait-on pas maintenant ? Dans quel P a ys du monde l'enfant du peuple, s'il est intel-

ligent et laborieux, peut-il s'élever plus sûrement et plus vite au rang et aux fonctions où ses aptitudes rappellent?

Ces rapprochements, ces statistiques éloquentes jettent sur l'histoire le véritable jour sous lequel notre siècle, que plus tard on appellera le grand siècle, doit apparaître aux enfants de nos écoles primaires. Car, enfin, ces enfants sont ceux du peuple : c'est pour eux que tant de génies se sont épuisés en efforts inventifs ; que tant de martyrs ont sacrifié leur vie ; c'est eux qui recueillent le fruit de ces innombrables et glorieux sacrifices.

Ainsi compris, ainsi donné» l'enseignement de l'histoire doit engendrer dans leurs âmes ces sentiments de reconnaissance et de sage patriotisme, qui les préserveront par la suite des impatiences antipolitiques et des aberrations antisociales.

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