‹ De l'enseignement à l'école et dans les classes élémentaires des lycées et collègesChapitre 181 sur 262 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

politiques, ou religieuses ou sociales; les secondes sont ou des guerres de défense ou des guerres de conquête, et ces conquêtes sont ou voisines ou lointaines, ou continentales ou maritimes. Autres exemples : l'histoire littéraire, que de genres ne comporte-t-elle pas? et l'histoire artistique, c'est-àdire de l'architecture, de la sculpture, . de la peinture, de la gravure, de la musique, etc., que d'histoires particulières elle renferme en une seule et même histoire... !

Il est clair qu à l'école on ne peut et on ne doit pas pousser trop avant dans le détail de l'histoire, mais encore faut-il embrasser les divisions générales, et entrevoir au moins les subdivisions qu'elles contiennent. D'où vient que les maîtres recommencent tant de fois le cours et qu'il en est si peu qui le possèdent ? ne serait-ce point qu'ils l' étudient toujours de la même manière, toujours sur le même plan, et que cette étude, ainsi comprise, doit inévitablement engendrer sinon le dégoût, au moins l'indifférence ?

Ne serait-il pas à la fois plus rationnel et plus intéressant d'appliquer à l'étude de L'histoire la méthode adoptée pour celle de la géographie, c'est-à-dire de décomposer l'histoire générale en histoires spéciales, d'étudier chacune de ces histoires successivement et de placer cette étude analytique entre deux synthèses, la première rapide et sommaire, la seconde lente et complète?

De même qu'en géographie l'on commence par le

fondement, c'est-à-dire par le sol et la configuration du pays qu'on veut étudier, par l'étude du squelette, si je puis dire, que l'on munit ensuite de ses organes principaux, où l'on range successivement les systèmes de la circulation, de la respiration, de la locomotion, etc., qu'on garnit enfin de chair et qu'on recouvre d'une peau agréable à voir, ainsi, en histoire, il convient de commencer par la charpente, c'est-à-dire par l'étude sommaire des règnes, des dynasties et des siècles, qui forment comme un cadre fixe à grands compartiments, dans lequel viendront plus tard se ranger successivement les matériaux de tout genre.

Cette première étude à la fois narrative et chronologique a la même importance en histoire mie celle des cartes orographiques et hydrographiques en géographie ; aussi convient-il d'y insister jusqu'à ce que les élèves soient entièrement maîtres du plan général. C'est encore ce que l'on fait, mais c'est là qu'on s'arrête, c'est-à-dire à la première synthèse, et il faudrait arriver, à l'analyse. Une objection s'élève, objection inévitable et que rencontre toute innovation. — Où prendrons-nous le temps de faire les trente-six histoires que vous nous demandez? — Sur les six ou sept ans de la scolarité quatre ou cinq peuvent être données à l'étude du cadre, comme on la pratique aujourd'hui ; la dernière ou les deux dernières à l'étude successive des faces diverses de l'histoire ou autrement dit des histoires spéciales.

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