‹ De l'enseignement à l'école et dans les classes élémentaires des lycées et collègesChapitre 182 sur 262 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

Cette méthode a pour premier avantage de rafraîchir continuellement le souvenir des connaissances acquises; l'étude ainsi entendue ressemble assez à un voyage qu'on ferait à plusieurs reprises, et chaque fois dans un but différent; une fois en géologue, une autre en botaniste, une autre en archéologue, puis en artiste, en moraliste, etc. ; dans chacun de ces voyages l'attention se porte, il est vrai, d'une manière particulière sur tel ou tel ordre de connaissances, mais, tout en observant l'objet de cette étude spéciale, on revoit à chaque fois le pays lui-même. Ainsi on peut descendre à plusieurs reprises le cours de l'histoire de France, pour y suivre le développement tantôt du pouvoir royal, tantôt de la noblesse, tantôt du peuple ; pour étudier soit les invasions que nous avons subies, soit les guerres de conquête que nous avons faites ; pour comparer entre eux les traités les plus glorieux ou les plus désastreux ; pour dégager de l'histoire générale celle de la religion et du clergé ; pour suivre à travers les siècles les progrès de l'agriculture, du commerce ou de l'industrie ; pour passer en revue les divers modes de la propriété et de l'impôt, les transformations de l'armement et des armées, les formes désorganisation de la justice et de l'enseignement, etc. Cette méthode a l'avantage de réunir en corps les connaissances du même genre, qui, disséminées dans l'histoire générale el ne reparaissant qu'à des intervalles inégaux, traversent la mémoire

sans y prendre raeine ; elle habitue l'esprit à envisager en toutes choses un commencement, un milieu et une fin et à lier entre elles les parties d'un même tout ; elle donne une idée plus nette et une sensation plus vive du progrès; elle fait toucher du doigt les difficultés que ce progrès rencontre dans la nature, dans les mœurs, dans les préjugés, dans les intérêts de caste, de classe, de dynastie ou dans les intérêts individuels; elle fait mieux voir la complication infinie de cette machine immense aux rouages sans nombre qu'on appelle une société, la dépendance de tous ces ressorts entre eux, la difficulté de remanier les uns sans affecter ou déranger les autres, et par suite elle contribue à donner de la modération dans les jugements et de la sagesse dans la conduite. * Et lorsqu'on a ainsi étcrdié une à une toutes les pièces de l'histoire et qu'on revient pour finir à l'histoire d'ensemble, comme on la comprend mieux, comme on saisit cette fois l'accord des parties entre elles, et la marche générale des choses ! Il n'est pas besoin pour cela d'entrer dans de bien longs détails et de rendre par là même ce travail impossible, et cettç méthode inapplicable ; en deux ou trois leçons et parfois en une on peut esquisser dans leurs traits principaux chacune de ces histoires partielles.

Indépendamment des études analytiques dont nous parlons, il y a encore un moyen efficace de fixer dans la mémoire les souvenirs toujours prêts à se débander et à fuir, et en même temps d'exercer

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