‹ De l'enseignement à l'école et dans les classes élémentaires des lycées et collègesChapitre 184 sur 262 · CHRONOLOGIE · texte numérisé non relu

CHRONOLOGIE

SOMMAIRE. - Mobilité de l'histoire et fixité géographique. — De l'importance des dates. — De la difficulté de les retenir.

— Nécessité d'une méthode. — Efficacité des procédés personnels. — Du cadre général : les dynasties et les rognes.

— Procédés mnémotechniques. — De la comparaison des dynasties, des règnes et des assemblées sous le rapport de la durée. — Règnes égaux en durée : — Règne d'un an, de deux, de trois ans. — Règnes égaux et successifs. — Les extrêmes. — Deux règnes de 44 et deux de 43 ans chacun. — Rognes de 60 et de 72 ans. — Leur place. — De la comparaison entre eux des règnes d'une même dynastie. — Les Capétiens directs. — De la comparaison des dynasties entre elles sous le rapport du nombre des règnes. — Autres procédés ; la date promenée de siècle en siècle. — Les grands faits groupés autour d'une même date. — Exemples.

En histoire comme en géographie la difficulté de l'étude provient de la variété infinie des connaissances et de l'énorme entassement des matériaux qui composent ces sciences. Mais l'histoire est plus encombrée, plus fourmillante, plus regorgeante encore que la géographie. Dans ce champ sans limites et sans fond, on ne trouve pas la fixité géo-

graphique, où les choses sont enracinées dans le sol comme le3 montagnes, ou encaissées comme les eaux, ou fondées comme les villes, ou rivées comme les chemins de fer.

Les éléments de l'histoire ont de leur nature une sorte de mobilité fuyante qui les porte à se déranger sans cesse, à se mêler, à se Jbrouiller dans la mémoire. On ne fixe pas, on ne plante pas aussi solidement dans le temps que dans l'espace ; l'espace offre une sorte de surface immobile où tout demeure en place, tandis que le temps est toujours en mouvement, en fuite ; c'est un courant qui entraîne tout, qui passe aussi par la mémoire et emporte les souvenirs.

De même que dans les landes on plante des pins pour retenir les sables et les attacher au sol, ainsi en histoire il faut enfoncer les dates dans les événements pour les enraciner dans la mémoire.

Les dates sont aussi nécessaires à l'histoire que les bornes kilométriques le sont aux routes qu'elles mesurent, que les réverbères et les becs de gaz le sont aux rues qu'ils éclairent.

Mais il en est de la chronologie comme de bien des connaissances nécessaires, comme de la table de Pythagore par exemple ; elle ne s'apprend pas en un jour ni en une fois ; il faut du temps et des J efforts renouvelés. Sans parler de la chronologie universelle, la seule chronologie de l'histoire de France est vaste et compliquée. On n'y trouve pas

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