‹ De l'enseignement à l'école et dans les classes élémentaires des lycées et collègesChapitre 185 sur 262 · CHAPITRE XXXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIII

comme dans la table de Pythagore ou le système métrique, des cadres, un ensemble de combinaisons régulières, des nombres fondamentaux auxquels on peut toujours arriver ou revenir par des opérations simples et sûres. Là. tout est irrégularité, inégalité, surprise ; les grandes divisions par siècles qui en partagent l'immense étendue sont purement arithmétiques, arbitraires, et ne répondent que bien rarement aux divisions naturelles formées par la suite des événements et par l'enchaînement des effets et des causes. Aussi dans presque toutes les mémoires, les dates, à peu d'exceptions près, sont-elles mobiles et flottantes ; tantôt elles se rapprochent les unes des autres, tantôt elles s'éloignent, souvent elles disparaissent. Il faut donc s'ingénier à trouver des procédés qui les fixent, les maintiennent à leurs distances respectives, qui permettent de s'orienter, de se diriger sur ce vaste champ de l'histoire et de retrouver en leur lieu et place les hommes et les choses. Sans doute rien ne dispense d'un effort de mémoire; mais avec un peu d'art on peut rendre cet effort moins pénible et plus fécond.

Parmi ces procédés les uns. sont communs à tous ceux qui étudient l'histoire, les autres sont personnels, et ce ne sont pas les moins efficaces ; d'abord parce que nous appliquons mieux les procédés que nous avons trouvés nous-mêmes ; ensuite parce qu'ils répondent niieux au tour particulier et au caractère

propre de notre mémoire ; enfin parce qu'ils naissent le plus souvent de notre manière de comprendre et de sentir les choses et qu'ils ont, par suite, une racine dans nos impressions et nos souvenirs et contribuent pa,r là même à les rendre plus durables.

De même que pouf savoir la géographie d'un pays, de la France par exemple, il faut d'abord en apprendre les limites, puis les bassins et les départements, ainsi pour connaître l'histoire il faut d'abord apprendre la durée de cette histoire, celle des dynasties et des règnes ; comme chaque bassin comprend un groupe de départements, de même chaque dynastie comprend un certain nombre de règnes. Ainsi donc bien apprendre d'abord la durée de chaque dynastie dans les quatorze siècles et demi qui composent notre histoire à partir de Clodion (448-1885), et dans chacune des dynasties la durée de chaque règne, voilà la première étude à faire, c'est aussi la plus importante et la plus difficile ; la première, parce qu'elle nous offre les divisions principales de notre histoire ; la plus importante, parce que les autres dates viennent naturellement se placer dans chaque règne, comme les chefs-lieux et les sous-préfectures dans les départements ; la plus difficile, parce que ces règnes sont nombreux et d'étendue très diverse. C'est donc à les fixer dans la mémoire avec leur ordre de succession et leur durée relative qu'il faut à mon sens s'appliquer tout d'abord et de toutes ses forces.

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