‹ De l'enseignement à l'école et dans les classes élémentaires des lycées et collègesChapitre 193 sur 262 · CHAPITRE XXXI V · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI V

Quand l'enfant a été habitué de bonne heure à réfléchir sur de qu'une détermination peut engendrer de biens ou de maux, sur ce qu'un acte de la volonté peut contenir de conséquences heureuses ou désastreuses, immédiates ou lointaines ; quand il a assisté en esprit à ces longues hésitations, à ces agitations de la conscience qui précèdent des décisions comme le masacre de la Saint-Barthélémy ou la révocation de l'édit de Nantes,il est peu disposé à faire bon marché du libre arbitre et de la responsabilité.

C'est aussi une excellente chose d'exercer les enfants à bien distinguer les siècles les uns des autres et cela* non seulement à l'aide des chiffres et des nombres qui ne font que glisser sur tant de mémoires, mais en donnant à chaque siècle son caractère, sa couleur et en quelque sorte sa physionomie. Les siècles sont comme les jours, ils se suivent et ne se ressemblent pas; il arrive même qu'entre deux siècles qui se suivent, il y a un contraste frappant, comme entre le seizième et le dix-septième siècle. Ce sont ces différences qu'il faut marquer, ces oppositions qu'il faut 'mettre en lumière, ces traits caractéristiques qu'il faut accuser, pour que chaque siècle prenne corps et vie, qu'il se personnifie, s'individualise pour ainsi dire, et qu'à son nom se réveille aussitôt dans la mémoire le souvenir des principaux événements qui forment son histoire, comme au nom d'une personne con

nue, on se rappelle aussitôt ses vertus ou ses vices, ses belles actions ou ses crimes. Lé maître fera donc bien de considérer chaque siècle, comme chaque règne, dans son ensemble ; de l'embrasser d'un regard, à distance, et de rassembler ensuite et disposer, comme dans une esquisse, les traits originaux qui lui font une physionomie. De même aussi qu'au nom de chaque prince on peut ajouter et l'on ajoute parfois un ou plusieurs surnoms qui en indiquent la qualité dominante ou le défaut principal, ainsi peuton joindre au nom de chaque siècle quelques mots caractéristiques, quelque complément expressif, qui, à la longue, s'attache au nom et, frappant l'imagination, donne le branle à la mémoire.

C'est chose faite pour certains siècles ; celui de la Renaissance, celui de Louis XIV; pourquoi ne le ferait-on pas pour les autres? Dans l'histoire de France on peut, par exemple, appeler :

Le cinquième siècle, le siècle de Clovis ou des invasions barbares ;

Le sixième, le siècle des partages ou des fils et petits-fils de Clovis ;

Le septième, le siècle des rois fainéants ou des maires du palais ;

Le huitième, le siècle de Charles Martel et de Charlemagne ;

Le neuvième, le siècle de la décadence carlovingienne ;

Le dixième, le siècle des quatre grands Capétiens;

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