‹ De l'enseignement à l'école et dans les classes élémentaires des lycées et collègesChapitre 20 sur 262 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

plement le lieu où Ton va acquérir quelques notions utiles pour la vie privée, c'est la source où l'on va puiser, avec les principes de la morale universelle, la connaissance de ses droits et de ses devoirs pour la vie publique ; c'est l'école cLu civisme et d u patriotisme.

Le rôle de l'instituteur a donc singulièrement grandi, comme aussi sa responsabilité. L'ancien maître d'école enseignait à lire, à écrire, à compter; aujourd'hui l'instituteur, sans négliger cette partie de sa tâche, doit avoir une ambition plus haute ; c'est de former à la patrie des défenseurs, et des citoyens à la République.

Ces enfants qu'il a aujourd'hui entre les mains ,seront tous un jour électeurs et soldats ; ils auront leur part d'influence sur l'avenir de la patrie ; il faut donc tremper leurs âmes, éclairer leurs esprits; il faut les initier à l'intelligence de leur temps, de la société dont ils seront les membres, des devoirs civiques qu'ils auront à remplir, des institutions qu'ils devront affermir ; il faut les animer d'un généreux patriotisme, c'est-à-dire leur apprendre non pas à haïr les peuples étrangers (laissons à d'autres ce triste et cruel enseignement), mais à aimer passionnément leur pays. Le vrai patriotisme est fait d'amour et non de haine ; il ne consiste- pas dans l'altération systématique des faits" les mieux établis de l'histoire, dans le dénigrement jaloux des grandeurs et des gloires étrangères ; non, il n'a pa3 . besoin de l'humiliation des autres* il s'inspire de la

justice, il s'allie à une noble émulation; voilà celui qui convient à la. France, et qu'on doit enseigner à la jeunesse française.

Sans doute ce double enseignement ne constitue pas une cbose absolument nouvelle, et ce serait une erreur de croire que l'instruction morale et civique va faire une apparition soudaine dans nos écoles. Beaucoup parmi nos maîtres donnent et donnaient depuis longtemps des leçons propres à former d'honnêtes gens et de bons citoyens.

Du reste, tout enseignement, même le plus humble et le plus étranger à la morale proprement dite, a pourtant une certaine vertu moralisatrice; et tout honnête homme, par sa seule fréquentation, communique aux autres et surtout aux" enfants,quelque chose de sa propre honnêteté. Mais ce qui était l'effet en quelque sorte involontaire de l'instruction elle-même et de la moralité des maîtres, d'une inspiration personnelle et par suite inégale, intermittente, doit devenir le résultat d'un effort commun et soutenu vers un but nettement défini, et d'une préoccupation générale et constante, en un mot, d'un enseignement. Quel en sera le caractère, quelle en sera la forme ?

Maintenant que l'instruction religieuse doit être rendue aux autorités auxquelles elle appartient, et que l'instituteur n'a plus à enseigner des matières de foi, son enseignement ne renferme que des vérités rationnelles, qu'il comprend lui-même et qu'il peut

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