‹ De l'enseignement à l'école et dans les classes élémentaires des lycées et collègesChapitre 200 sur 262 · CHAPITRE XXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXV

liberté. C'est l'association qui a tiré le peuple de l'isolement du servage et l'a constitué en commune; c'est le courage qui lui a fait sa place dans les armées à coté de la noblesse; c'est la fermeté qui lui a ouvert les états généraux ; c'est la loyauté et la fidélité qui lui ont assuré l'appui du pouvoir royal; c'est l'intelligence qui l'a fait arriver aux hauts emplois et jusque dans les conseils de la royauté ; c'est l'activité, c'est l'initiative qui, par le commerce et l'industrie, l'ont conduit à l'indépendance. Et le moment venu, quand l'aristocratie se fut usée dans les plaisirs, quand la royauté se fut affaiblie par l'abus même de sa puissance, alors à |îde de ce peuple mûri, fortifié, ennobli, un grand jvement se lit, le trône tomba, la royauté dise avec elle, et le peuple régna. Mais :cès, ses divisions hâtèrent sa iur, et, pendant près d'un siècle re, par des épreuves nouvelles que la modération dans la lition de sa durée. Une tyrannie Ko répandit le sang français par ictime de sa propre ambi- L'étranger, l'ancienne royauté ; perdue par ses vengeances et Ht place a une royauté plus 1 son tour une résistance aveullégilimes et l'inintelligence

Le peuple redevenait le maître ; malheureusement, à peine était-il en possession de ses droits qu'aveuglé par l'éclat des souvenirs héroïques et le prestige d'un grand nom, il se donnait un nouveau maître. Il en fut du dernier comme des autres; mais, terrible et dernière leçon 1 en se perdant, il faillit perdre la patrie. C'est d'une épouvantable catastrophe qu'est sortie la troisième République; c'est sur les ruines sanglantes de la patrie mutilée que le peuple a pour la troisième fois ressaisi le pouvoir. Puissent ces enseignements redoublés et redoutables l'avoir enfin éclairé et assagi ! puisse-t-il affermir par sa sagesse un pouvoir si chèrement reconquis !

Voilà, esquissée à grands traits, la biographie du peuple, qui aujourd'hui n'est plus classe, mais nation. Elle se résume en deux mots ; après avoir péniblement, lentement, laborieusement conquis ces biens précieux qui font la dignité de la vie individuelle et nationale, la liberté et l'égalité, il les a deux fois perdus, la première par ses violences sanglantes, la seconde par ses entraînements irréfléchis; et chacune de ces fautes a compromis l'existence même de la nation.

Ainsi, dans la vie ordinaire, un moment de folie et d'égarement peut ruiner des fortunes qui sont le fruit d'un travail héréditaire.

Voilà l'histoire qu'il faut placer sous les yeux de ces enfants qui tiendront un jour entre leurs main*

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