CHAPITRE XXXVI
richesse témoignent de la vie qui règne autour de lui.
Maintenant à qui appartient le musée scolaire? Je n'hésite pas à répondre : à l'école. Je reconnais qu'il est pénible pour un maître, appelé à un nouveau poste, de quitter le musée auquel il a travaillé avec zèle, avec passion, pour lequel même il s'est imposé des sacrifices pécuniaires, surtout lorsqu'il doit perdre au change. Mais le musée n'est pas, ne doit pas être une œuvre absolument personnelle; les maîtres-adjoints y ont collaboré ; les enfants de l'école y ont apporté leur part; l'œuvre a dû être 'commune ; c'est pour l'école et non pas seulement pour eux, qu'élèves et maîtres ont travaillé. Je comprends que certains objets rares et précieux, qui ont été donnés à l'instituteur pour lui-même, et que celui-ci a prêtés au musée, sortent de l'école avec lui et le suivent dans sa nouvelle destination ; mais les col* lections, mais les objets qui ont été donnés au maître pour son enseignement et non pour son plaisir, en un mot le fonds du musée appartient à l'école ; c'est sa propriété, et une propriété sacrée.
Au-dessus des musées scolaires vient naturellement se placer le musée cantonal. Cette création, de date récente, est due à l'initiative de M. Groult, avocat à Lisieux. Déjà quarante-cinq musées cantonaux sont ouverts et d'autres vont s'ouvrir. Comme leur nom l'indique, ils sont destinés au canton, dont ils offrent en quelque sorte l'image;
utiles aux hommes faits, ils seront non moins utiles aux enfants. Comme ils sont placés à portée des écoles, ils pourront servir de but aux excursions scolaires. Ces musées se partagent en six ou sept sections : agricole, industrielle et commerciale, artistique, scientifique, maritime et fluyiatile, section d'hygiène et section de pédagogie. Pour donner une idée du caractère à la fois pratique et patriotique de ces créations, je ne puis mieux faire que de citer M. Groult lui-même.
« Nous entrons tout d'abord dans la Section agricole : nous y voyons des modèles de constructions, de machines, d'instruments et d'outils agricoles; des spécimens d'animaux domestiques, avec l'indication des principales races à élever dans le pays et des soins à leur donner; des spécimens d'arbres fruitiers, de plantes fourragères, de graines et de racines propres à la région, ainsi que les engrais qui leur conviennent ; des spécimens de drainages et d'irrigations, avec plans et statistiques ; des collections de sylviculture, d'agriculture et de pisciculture ; des cartes agricoles du canton, avec les statistiques s'y rattachant ; un tableau des débouchés agricoles du canton et de renseignements divers ; enfin, un tableau d'honneur faisant connaître les noms des cultivateurs du canton primés dans les concours annuels. »
« Nous voici dans la Section maritime et fluviatile. On y a exposé des modèles de barques, de phares,