‹ De l'enseignement à l'école et dans les classes élémentaires des lycées et collègesChapitre 208 sur 262 · CHAPITRE XXXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVI

de bouées, d'engins dépêche, des spécimens de poissons, de coquillages, de plantes, de sables et de tangues ; des cartes et des tableaux donnant tous les renseignements relatifs à la pêche de la région enfin, un tableau d'honneur indiquant les innovations utiles aux pêcheurs du canton, les

bons exemples et les actes de courage donnés par quelques-uns d'entre eux, etc., etc. (1). »

Au-dessus du musée cantonal, nous voudrions voir se fonder au chef-lieu du département, pour les maîtres et par conséquent au profit des élèves, des musées pédagogiques. Le type en est créé à Paris; il faut espérer qu'il se reproduira dans les départements.

Le musée pédagogique est une des formes les plus saisissantes et les plus fécondes de l'enseir: gnement par l'aspect : c'est la leçon muette et pourtant éloquente, c'est l'école des maîtres, c'est l'école de l'école. Une seule visite attentive au musée ic ; pédagogique est un enseignement instantané, qui pénètre de vive force par les yeux dans l'esprit, i>- qui le frappe et l'éclairé irrésistiblement. En voyant * rangés méthodiquement les uns près des autres :;■ tous les instruments auxiliaires d'un même art, d'une même science, l'instituteur, par une comf paraîson prompte et presque involontaire, a bien

1. Extrait d'une lecture faite au Congrès de l'association française pour l'avancement des sciences tenu à Grenoble le r" 13 août 1835.

vite classé les objets d'après leur valeur. A la lumière de cette évidence qui saisit à la fois les yeux et les sens, le doute se dissipe, la vraie supériorité éclate et s'impose, l'observateur est forcé de se rendre. Une sorte d'ébranlement intellectuel, une révélation soudaine se produit en lui. Il entrevoit tout le parti qu'il pourra tirer d'un instrument nouveau, il se félicite de l'avoir rencontré, il s'étonne de ne pas l'avoir imaginé lui-même; pas de préjugé qui tienne, pas de routine qui résiste ; il se sent obligé de renoncer à ses propres méthodes pour en adopter de meilleures ; il se retire, parfois un peu confus, mais éclairé, mais convaincu, cédant à l'immédiat et salutaire ascendant du progrès.

Cette leçon, que donne le musée, est de toutes la plus efficace et la plus douce; elle ne coûte rien à l'amour-propre, elle n'engendre pas ces entêtements invincibles, triste effet des discussions où les vanités sont aux prises, et où l'on s'obstine à

avoir tort, pour ne pas donner raison à l'adversaire. Ici, ce sont les choses elles-mêmes qui parlent, qui instruisent, qui convertissent ; l'amour-propre est à couvert, et Ton ne fait pas difficulté de s'avouer vaincu en l'absence du vainqueur.

Quel progrès n'obtiendrait-on pas, en soumettant ainsi successivement au jugement des instituteurs, toutes les formes, tous les procédés, tous les instruments auxiliaires de l'enseignement ! Je voudrais, entre autres choses, voir installée dans le musée

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