‹ De l'enseignement à l'école et dans les classes élémentaires des lycées et collègesChapitre 209 sur 262 · CHAPITRE XXXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVI

pédagogique une classe modèle, pourvue du mobilier reconnu le meilleur, avec sa bibliothèque d'un côté, et de l'autre son musée scolaire; avec son compendium métrique, ses instruments d'arpentage, avec ses solides pour l'enseignement de la géométrie, ses modèles pour renseignement du dessin, avec ses murs ornés de cartes géographiques, de tableaux d'histoire naturelle, de tableaux d'histoire de France, enfin une classe munie de tout ce que les progrès de l'art et de la science ont mis au service de l'instruction primaire, une classe à faire envie aux maîtres et à charmer les enfants. Je voudrais que tous nos instituteurs, les débutants surtout, vinssent passer quelques heures dans cette classe ainsi préparée. Ils en remporteraient l'image gravée dans leur mémoire; elle serait comme un idéal toujours présent à leur pensée. Rentrés dans leur école, promenant autour d'eux leurs regards, ils verraient avec tristesse ce qui leur manque encore, ils rivaliseraient d'efforts pour meubler, pour orner leur école, et peu à peu, sous l'influence d'une émulation noble et féconde, on verrait toutes les classes se transformer et s'embellir, à l'image de la classe modèle.

Car il faut que l'instituteur se pénètre de ceci : l'École, c'est son bien, sa maison, c'est son temple ; il doit avoir à cœur de l'orner, de l'enrichir. J'ai trop vu de maîtres attendre avec une indifférence résignée, des agrandissements, des embellissements dési-

rables, voire de simples et urgentes-réparations. Les conseils généraux, les conseils municipaux ont sur les bras mille et mille affaires ; 1 instituteur, lui, n'en a qu'une, dont il doit s'occuper constamment, passionnément ; c'est son école. A lui de travailler, de s'ingénier, de s'empresser, de solliciter pour elle; car, s'il y a parfois de l'indiscrétion à demander et à faire demander pour soi-même, il es) toujours honorable de demander pour les autres, surtout pour cette grande famille, qui s'appelle l'École.

Cet ensemble de musées trouverait son complément naturel dans un cours fait au chef-lieu l'aide des projections lumineuses. Ce puissant auxiliaire, que l'enseignement supérieur a déjà mis à profit, pourrait aussi contribuer efficacement aux progrès de l'instruction élémentaire et primaire. Les enfants sont si avides d'images et de tout ce qui est spectacle et représentation ! Une séance de projections, c'est un plaisir en perspective; c'est un moyen d'émulation, c'est une lumière répandue sur l'enseignement tout entier ; car tout cet enseignement se prêle à la figuration. Non seulement on peut choisir çà et là les sujets les plus intéressants et en composer ce qu'on appelle des séances amusantes ; mais, avec du temps et de la persévérance, on peut, en serrant de près les programmes, en les suivant pas à pas, arriver à traduire et à doubler l'enseignement par une succession continue de tableaux fidèles.

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